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L'Europe est soulagée par la victoire de Mark Rutte. Le résultat de l'extrême droite était particulièrement attendu, avant d'autres élections majeures en France puis en Allemagne cette année. Congratulations to my friend markrutte for his clear victory yesterday night. Laten we samen bouwen aan een sterk #Europa! pic.twitter.com/euckESZkoo- Jean-Claude Juncker (JunckerEU) 16 mars 2017 Antonio Tajani, président du Parlement européen, veut en tirer les leçons : 'Vous avez vu aux Pays-Bas ils n'ont pas gagné. Pourquoi ? Parce que le Premier ministre a donné des réponses concrètes aux citoyens, il faut travailler pour répondre aux citoyens. Il faut regarder les intérêts des citoyens.' En Allemagne où le parti populiste Alternative pour l'Allemagne gagne du terrain, et pourrait entrer au Bundestag dans six mois à l'issue des législatives, Angela Merkel est soulagée : 'Les Pays-Bas sont notre partenaire, ami, voisin. Je suis très contente de la forte participation qui a conduit à ce résultat pro-européen. C'est un très bon jour pour la démocratie.' Le président français François Hollande a évoqué 'une nette victoire contre l'extrémisme'. Avec en tête bien sûr la présidentielle le mois prochain, et la montée du Front national. Le parti d'extrême droite de Marine Le Pen a salué ce succès. Pays-Bas : le frontiste Nicolas Bay loue le "succès" de Geert Wilders aux législatives https://t.co/Qyqi8ST3Ne pic.twitter.com/QFo7wcmLaf- Libération (@libe) 16 mars 2017 Reste à savoir si le scénario néerlandais se répètera en France.
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C'est un sentiment de soulagement qui traverse les gouvernements européens confrontés à la montée des nationalismes. Le Premier ministre libéral néerlandais Mark Rutte a remporté les élections législatives et repousse ainsi le défi représenté par l'islamophobe et europhobe Geert Wilders. Après le Brexit et la victoire de Donald Trump aux Etats-Unis, Mark Rutte estime que les Pays-Bas ont dit 'stop au populisme de mauvais aloi'. Toutefois le parti de Geert Wilders a tout de même progressé à l'issue de cette campagne. Comment l'Europe doit-elle analyser ce vote alors que des élections se profilent en France et en Allemagne? Damon Embling a interrogé notre envoyé spécial à La Haye, James Franey Damon Embling : " Comment interpréter ce scrutin?" James Franey : " Beaucoup de personnes sont soulagées en Europe par le fait que Geert Wilders ne soit pas arrivé en tête. Mais il faut faire preuve de prudence car il a progressé et sa ligne politique a attiré plus d'un million de votes. On parle d'un Etat membre fondateur où les propositions d'interdiction du Coran et de la fermeture des mosquées se sont révélées très populaires auprès de secteurs clefs de l'électorat. Mais je pense qu'il est encore trop tôt pour évoquer la fin d'un effet domino comme l'a évoqué ces derniers jours Mark Rutte. Il faut maintenant attendre. " Dicter la campagne Damon Embling : " Geert Wilders n'a pas eu la victoire retentissante qu'il espérait, mais il a tout de même progressé. A partir de maintenant dans quelle direction vont se diriger les Pays-Bas? " James Franey : " La vraie victoire de Geert Wilders est d'avoir dicté la campagne ces dernières semaines et ces derniers mois. Le Premier ministre, Mark Rutte, s'est montré à droite sur les questions d'immigration et les relations avec la Turquie. Geert Wilders a vraiment mené les thèmes de campagne depuis le début. Alors où vont les Pays-Bas maintenant? Il faut attendre de voir la couleur de la prochaine coalition. Rien n'est certain et cela pourrait prendre encore plusieurs semaines. Il y a des rumeurs d'une coalition vers la gauche avec le parti écologiste, emmené par Jesse Klaver. Les discussions vont se dérouler pendant les prochaines semaines. Il faut maintenant attendre. " Signal symbolique Damon Embling : " Louise Hoon, vous suivez la politique européenne et l'euroscepticisme à la VUB, l'Université libre de Bruxelles. Quel message les électeurs néerlandais envoient-ils au reste de l'Europe à l'issue de ces élections? " Louise Hoon : " D'une perspective européenne, c'est interprété très clairement comme un non au populisme et donc qu'une nouvelle pièce du domino ne tombera pas. C'est un signal fort vers l'Allemagne et la France et je pense que cela marche. Symboliquement c'est un grand signal. Mais d'un autre côté il faut regarder cette issue selon la perspective du système électoral néerlandais où il y a une très forte part de proportionnelle et donc une campagne entre deux candidats ne peut pas se produire. Je veux dire qu'il n'y a pas de grand vainqueur et de grand perdant avec ce système. Ce n'est pas un système comme en France où cela se termine par une campagne entre deux candidats. Donc ces résultats doivent être interprétés selon cette perspective. " Damon Embling : " Les yeux sont maintenant tournés vers les élections françaises et allemandes. Qu'est-ce que ces résultats néerlandais représentent pour les formations populistes en France et en Allemagne ? " Louise Hoon : " Je pense qu'il faut faire très attention. Comme je l'ai dit c'est aussi un effet du système électoral néerlandais. Et je pense que si cela s'était terminé par une campagne entre Wilders et Rutte, l'issue aurait pu être complètement différente. Je pense aussi que ces élections ont montré que les thèmes de l'identité, de l'immigration, de l'intégration européenne, ont été au coeur de la campagne pour tous les partis. Même pour les partis progressistes et tolérants. Les Verts ont fortement progressé alors que le Parti travailliste qui a un profil centré sur les anciennes questions, comme les questions économiques, a pratiquement disparu aux Pays-Bas. Je pense que c'est une indication pour les prochaines campagnes et je pense qu'elles seront centrées sur l'immigration, la crise des réfugiés et l'Europe. Cela veut dire que les candidats populistes comme Marine Le Pen ou Alternative für Deutschland, dont c'est le coeur du discours politique, vont avoir des positions fortes lors des ces campagnes. "
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Après les élections aux Pays-Bas, quel est le sentiment, quelles sont les attentes ? Notre correspondant James Franey a interviewé Wiert Duk, journaliste politique pour le quotidien Algemeen Dagblad. Wiert Duk, journaliste au Algemeen Dagblad 'Ce n'était pas une bataille entre Geert Wilders et Mark Rutte, mais nous sommes dans un pays de coalition où les partis doivent nouer des alliances pour gouverner, et c'est exactement ce qu'il va se passer désormais. Même si le parti de Wilders avait terminé en tête, Wilders, lui, aurait été écarté du gouvernement. Ensuite, il y a quelque chose que les Néerlandais, ceux qui n'ont pas voté pour Wilders, ont voulu exprimer, c'est qu'il est possible de stopper la révolte populiste en Europe. Car,après le Brexit et Donald Trump, beaucoup de gens pensaient que les Pays-Bas allaient être le troisième domino à tomber sous l'effet du mouvement populiste. Or, ce mouvement a été stoppé en Hollande. A voir maintenant, si ce sera le cas aussi en France et en Allemagne. C'est autre chose.' James Franey, euronews : Que va faire Geert Wilders désormais ? Wiert Duk, journaliste au Algemeen Dagblad 'Il y a un avenir pour lui mais probablement dans l'opposition. Sa campagne électorale a été désastreuse, il a été invisible. Il aurait pu arracher la victoire, mais il n'y est pas parvenu. Donc il doit se poser la question : a-t-il vraiment envie de gouverner ? Visiblement, il aime influencer le débat depuis la ligne de touche, et il pourrait le faire pendant longtemps. Et c'est vrai qu'il a influencé le débat car les partis traditionnels comme les chrétiens-démocrates, mais aussi les libéraux du VVD, ont adopté des positions plus dures, plus fermes que d'habitude sur des thèmes comme l'immigration et l'islam. Donc oui, Wilders a une influence, mais je pense qu'il est condamné à rester sur la touche pour les prochaines années.' James Franey, euronews : Comment expliquer cette division de la gauche aux Pays-Bas. Les sociaux-démocrates du Parti du travail ont été complètement balayés, et on assiste à l'ascension de 'Groenlinks', la gauche verte. Wiert Duk, journaliste au Algemeen Dagblad 'Les sociaux-démocrates en Europe sont en crise depuis un certain temps. Et en Hollande, ils sont arrivés à l'apogée de cette crise. Il y a deux scénarios possibles pour eux : soit, ils font leur retour dans quelques années, soit ils seront remplacés par ce mouvement de la Gauche verte composé de jeunes qui ont désormais en Jesse Klaver un leader très puissant et charismatique, qui a fait une excellente campagne. James Franey, euronews : Peut-on assister à la montée ''d'un nouveau mouvement populiste, mais à gauche ? Wiert Duk, journaliste au Algemeen Dagblad 'Jesse Klaver n'est pas populiste bien sûr, mais on dirait un populiste anti-populiste. Il utilise les méthodes et le style des populistes et cela lui a plutôt réussi. Donc oui, je crois qu'à gauche, les jeunes ont besoin d'une personnalité comme Jasse Klaver. Il pourrait jouer un rôle majeur.
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'Merci la Hollande ', peut-on lire sur les pancartes. Devant le parlement néerlandais à La Haye, ces citoyens qui manifestent sont soulagés. L'extrême-droite n'a pas bouleversé le paysage politique, le raz-de-marée Wilders n'a pas eu lieu. Les journaux néerlandais célèbrent la victoire (ou la non-défaite) du Premier ministre libéral Mark Rutte aux législatives d'hier. #PaysBas pic.twitter.com/7pfG9Vb10k- VoxEurop (@VoxEuropFR) March 16, 2017 La joie en revanche se lit sur le visage du Premier ministre Mark Rutte, lorsqu'il retrouve son équipe au lendemain d'une nuit de fête. Le parti libéral obtient 33 sièges. Mark Rutte s'est proposé pour mener les négociations pour former la coalition, elles ont commencé, et pourraient durer des mois : 'Je suis fier, mais on a une grande responsabilité, dit Mark Rutte, tout sourire. Notre parti est en tête, mais avec le moins de sièges de l'histoire. Mais notre parti en tête en 2010, avait moins de députés encore, alors on a l'expérience.' Champagne malgré tout pour le Parti de la liberté de Geert Wilders. Avec 20 sièges, le score du député controversé est bien loin derrière les 36 sièges crédités dans les sondages, mais aussi derrière son record de 24 sièges en 2010 : 'Quand nous avons lancé le parti il y a 12 ans, remarque Geert Wilders, nous n'imaginions pas que nous pourrions devenir la seconde formation des Pays-Bas. Laisser derrière tous les partis à l'exception du parti libéral, avec un demi-million de voix, c'est une grande victoire.' Le parti du Premier ministre doit s'allier au moins avec trois autres formations pour former une coalition. S'il exclut catégoriquement Geert Wilders, Mark Rutte pourrait choisir les chrétiens-démocrates du CDA et les progressistes de D66. Les écologistes qui ont triplé leur score pourraient être la troisième option. La position ferme de Mark Rutte face à la Turquie pourrait lui avoir apporté des voix. #PaysBas "Rutte et le fasciste Wilders, c'est la même mentalité", selon la Turquie https://t.co/pVFwEyqYLs pic.twitter.com/rKY9rC7EC4- Le Soir (@lesoir) March 16, 2017
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Le coude-à-coude attendu entre Mark Rutte et Geert Wilders ne s'est pas produit. Quels ont été les enjeux de ces élections considérées comme un baromètre des scrutins à venir en France et en Allemagne sur fond de montée du populisme ? L'analyste Matthijs Rooduijn répond aux questions de notre envoyé spécial James Franey. 'Le grand vainqueur de ce scrutin est le conservateur libéral Mark Rutte. Ce qui l'a énormément aidé, c'est qu'il a incorporé du nationalisme d'extrême droite de Geert Wilders dans son discours. Il y a aussi, bien sûr, le clash avec la Turquie qui l'a sans doute aidé parce que ça lui a permis de se poser en leader fort. Un autre gagnant serait le parti écologiste de gauche, qui a quadruplé son nombre de sièges. Ce parti envoi un message opposé à celui de Geert Wilders. Il est pro-Europe, il veut aider les réfugiés, il est pro-immigration, c'est exactement le contraire. Les grands perdants sont les sociaux-démocrates qui ont gouverné ces quatre dernières années. Il semblerait que les électeurs ne soient pas satisfaits du résultat. Le parti a enregistré le pire de ses scores aujourd'hui. Mark Rutte, le Premier ministre, a dit vouloir stopper l'effet domino populiste, y est-il arrivé interroge notre journaliste ? Il a dit qu'il voulait stopper l'effet domino qui consisterait en un printemps patriotique en Europe, après 2016, année du Brexit et de la victoire de Donald Trump. Reste à savoir si 2017 sera l'année du patriotisme en Europe continentale. Aux Pays-Bas, premières législatives de l'Union, Geert Wilders n'a pas obtenu la victoire qu'on lui prédisait il y a quelques semaines. Mais il a influencé de nombreux autres partis qui sont devenus plus nationalistes. Au final, il y a plus de nationalisme dans la société néerlandaise. Ce pourrait être une bonne nouvelle pour Marine Le Pen.
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La question de l'identité, des valeurs néerlandaises, a été au coeur de la campagne électorale aux Pays-Bas. Euronews s'est rendu à Schilderswijk, un quartier de La Haye, l'un des plus multiculturels du pays. 85 % de la population y est issue de l'immigration. Beaucoup d'habitants du quartier sont les enfants des fameux 'travailleurs invités,' qui ont afflué de Turquie, du Maroc, d'Indonésie, du Suriname lors du boom économique d'après-guerre. Ceux que nous avons rencontrés n'acceptent plus la rhétorique anti-immigration de Geert Wilders, qui a été en tête des sondages pendant des mois. C'est le cas de ce commerçant : 'Nous avons besoin d'un parti qui rassemble et non qui divise. Aujourd'hui, les gens sont réduits à des étiquettes, des groupes : ils sont Musulmans, Néerlandais, Surinamais. Il sont jaunes, noirs, marrons. Nous vivons tous dans ce pays. Nous pouvons nous battre les uns contre les autres mais, au final, nous devons travailler ensemble. S'il n'y a pas un parti qui défend ces valeurs, eh bien, j'ai peu d'espoir de voir un jour une belle nation.' Ce commerçant turco-néerlandais redoute les conséquences d'une victoire de l'extrême-droite : 'Imaginez que Wilders remporte l'élection. Tous les Corans sont interdits, toutes les mosquées fermées. Je suis citoyen néerlandais. Il veut m'expulser du pays si je fais quelque chose de mal, ce que je ne ferai pas. Mais il veut m'expulser. Pourquoi ? J'ai un passeport néerlandais. On ne va pas m'expulser, je vis ici. Ce qu'il propose n'est pas applicable. Il ne fait que parler et tweeter de choses qui font que les gens se regardent ensuite différemment. Soyons tout simplement gentils les uns envers les autres.' Dans le quartier, les musulmans se sentent stigmatisés. Cette Surinamaise dénonce à son tour la rhétorique anti-islam de Geert Wilders : 'Il ne faut pas mettre tout le monde dans le même sac. Il y a des gens qui font de bonnes choses, qui font de leur mieux. Ce qu'il dit sur les musulmans, je n'aime pas ça. Il ne peut pas dire ça. Un appel à la tolérance et au respect de la diversité. C'est aussi le message que lance cet homme, originaire du Maroc. 'Je pense qu'il est bon de vivre ensemble, de continuer à vivre ensemble. On vit ici depuis 50 ans. Mon fils et mes petits enfants ont grandi ici et ils sont habitués à vivre ici. D'un coup, quelqu'un arrive et dit qu'on doit partir. Nous sommes juste des personnes. Et nous faisons de bonnes choses aux Pays-Bas. Tout cela est injuste. Nous venons tous d'Adam et Eve, nous sommes tous humains.
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Les Néerlandais se rendent nombreux dans les bureaux de vote. Avant 14h, un tiers des électeurs avait déjà voté, pour une journée de législatives cruciale, pas seulement pour cette nation mais aussi pour l'Europe. L'Union européenne entre dans une zone de turbulences avec les élections générales aux Pays-Bas de ce mercredi https://t.co/DUbYKpW6vn- l'Opinion (@lopinion_fr) 15 mars 2017 Après le Brexit et la victoire de Donald Trump, les yeux sont tournés vers ce pays, baromètre du populisme et de l'extrême droite sur le continent, représentés par le PVV de Geert Wilders. 'C'est une journée très intéressante, remarque Geert Wilders, il y a beaucoup de choses en jeu et j'espère que nous allons gagner, mais que l'on gagne ou pas, on aura marqué cette élection. Il y a du soleil, alors j'espère que beaucoup de gens iront voter, c'est la chose la plus importante pour la démocratie et j'espère que ça marchera pour mon parti mais attendons de voir.' Qui est Geert Wilders ? Son portrait par lauremandeville https://t.co/eThCd3vxJ7 #Netherlands pic.twitter.com/RtGZ7eEefQ- Figaro Inter (Figaro_Inter) 15 mars 2017 Geert Wilders et son Parti pour la Liberté est au coude à coude avec le parti libéral-démocrate du Premier ministre. Mais si Geert Wilders l'emporte, faute d'alliés, il ne pourra pas former un gouvernement de coalition. 'Un grande démocratie comme les Pays-Bas a une chance de renverser ce jeu de dominos du populisme, déclarait Mark Rutte au moment de voter, mais il y a un risque que nous nous reveillions jeudi matin en voyant Geert Wilders à la tête du parti le plus fort.' Une victoire de l'extrême-droite sera un signe encourageant pour son allié du Front national français, à quarante jours du premier tour de la présidentielle en France. Élections #Pays_Bas Plus réalistes que les Français, les Néerlandais ? : là-bas, c'est une poubelle qui fait office d'urne... pic.twitter.com/MnWae1Fdm1- Contribuables (@contribuables) 15 mars 2017
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Hier encore, un grand nombre d'électeurs se disait indécis pour ce scrutin marqué par d'importantes tensions avec la Turquie. Un scrutin d'autant plus crucial qu'il pourrait donner le ton pour les autres élections à venir en France et en Allemagne.... Après avoir fait la course en tête, le populiste Geert Wilders semble avoir perdu de son élan. Il a affronté hier soir les autres candidats lors d'un débat tendu 'L'année dernière, il y a eu toutes ces attaques en Allemagne et en Europe. [...] Ce n'est pas seulement le djihad qui est dangereux, c'est l'islam en tant que tel. Plus on regarde ailleurs, plus l'islam s'assurera que les Pays-Bas n'existent plus en tant que monde occidental libre. Et l'on ne devrait jamais laisser ça arriver'. Un peu plus tôt dans la journée, le chef du gouvernement sortant, le libéral Mark Rutte faisait campagne à La Haye en s'opposant fermement à la sortie de l'Union européenne 'Pas de Nexit. Je veux garder ce pays en sécurité, stable et prospère. Cela signifie être membre d'organisations internationales, comme l'OTAN et l'Union européenne qui fournissent de nombreux emplois dans le commerce. Un million et demi d'emplois sont directement liés au marché unique.' Quel que soit le vainqueur, aucun des 28 candidats ne devrait obtenir de majorité absolue. La formation d'une coalition pourrait prendre plusieurs semaines.
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Le Premier ministre néerlandais Mark Rutte et son rival anti-système Geert Wilders se sont livrés à un duel télévisé plus que musclé ce lundi. Le libéral et le populiste débattaient de l'avenir des Pays-Bas à moins de 48h des élections législatives et après qu'une crise diplomatique a éclaté ce week-end entre La Haye et Ankara. Les deux hommes se sont notamment opposés de façon virulente sur la façon d'enrayer l'immigration. 'Vous voulez le Nexit. Vous voulez que les Pays-Bas sortent de l'Europe. Vous savez que cela coûterait un million et demi d'emplois, ce qui signifierait le chaos pour les Pays-Bas, comme c'est le cas actuellement en Grande-Bretagne à cause du Brexit. Ne faites pas ça. J'espère sincèrement que vous ne deviendrez pas le plus grand parti du pays et que vous ne formerez pas de cabinet. Je m'y opposerai. Ce serait la pire des nouvelles pour les Pays-Bas actuellement', a dit le Premier ministre néerlandais Mark Rutte. 'Le Nexit est la meilleure chose qui peut nous arriver. Nous redeviendrions les patrons de notre pays. Nous aurions une nouvelle fois les clefs de notre propre porte d'entrée. Combien de personnes trouveraient-elles fâcheux de ne pas avoir les clés de leurs maisons afin de décider qui elles laissent entrer ou pas. Et nous avons demandé à une agence très sérieuse, qui a même remporté des prix, de calculer tout ça Monsieur Rutte. Et qu'en est-il ressorti ? Notre économie se développerait, notre pouvoir d'achat augmenterait tout comme le nombre d'emplois', a répondu Geert Wilders, le leader néerlandais du Parti pour la Liberté (PVV). Geert Wilders a promis, s'il devenait Premier ministre, de fermer les frontières aux immigrants musulmans, d'interdire la vente du Coran et de fermer les mosquées, dans un pays où environ 5 % de la population est musulmane. Son rival est lui déterminé à faire en sorte que les Pays-Bas soient le premier pays à mettre un terme au 'mauvais populisme'. Ce débat télévisé considéré comme déterminant, devrait influencer les 60 % d'électeurs encore indécis.
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À deux jours du scrutin, le candidat anti-islam du Parti de la Liberté arrive en seconde position des sondages avec 13 % des intentions de vote. Il promet, s'il est élu, de fermer les frontières aux musulmans, d'interdire la vente du Coran et de fermer les mosquées. En tête des sondages, avec 16 % des intentions de vote, le Premier ministre sortant, Mark Rutte, met en garde contre une possible victoire de son adversaire populiste. Le libéral brigue pour sa part un troisième mandat. Le chef de file du parti social-libéral D66, Alexander Pechtold, pourrait lui faire de l'ombre. Lors du débat télévisé du 26 février dernier, c'est lui que les Néerlandais ont jugé le plus convaincant. Enfin le jeune leader écologiste Jesse Klaver pourrait lui aussi peser dans les urnes. D'origine marocaine, cet homme politique de trente ans est considéré par les analystes comme l'antithèse de Geert Wilders. Avec 28 candidats en lice, les résultats de l'élection de mercredi devraient être morcelés. La formation d'une coalition gouvernementale pourrait prendre plusieurs mois.
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Ankara répond avec vigueur au gouvernement néerlandais qui a refoulé en 24 heures deux ministres turcs sur son sol. Le président Recep Tayyip Erdogan s'est même fait menaçant. 'Si vous sacrifiez les relations turco-néerlandaises pour vos élections de mercredi, vous en paierez le prix' a-t-il lancé devant ses partisans. Le parti populiste anti-islam de Geert Wilders fait partie des favoris de ces élections législatives. 'Je n'ai pas besoin de dire son nom. Il y a un raciste dans ce pays. Regardez, l'Europe verse dans le racisme.' 'Une campagne pour un référendum étrangers' Les tensions entre les deux pays étaient vives depuis plusieurs jours en raison du projet de visite du ministre des affaires étrangères. La Haye a expliqué qu'elle se refuse à cautionner une campagne pour un référendum étranger, en l'occurrence en Turquie. 'Nous sommes dans une mauvaise situation avec la Turquie en ce moment, reconnaît le chef du gouvernement néerlandais Mark Rutte. Nous avons demandé au ministre de ne pas venir en raison des tensions auxquelles nous nous attendions à Rotterdam et parce que nous ne sommes pas à l'aise avec l'idée même de cette visite, une visite qu'un ministre turc rend au peuple néerlandais pour parler d'un référendum turc. En malgré tout, ils sont venus.' Finalement, le chef de la diplomatie turque Mevlut Cavusoglu a pu atterrir samedi soir à Metz, dans l'est de la France. Il a participé ce dimanche à un meeting pour le parti AKP du président Erdogan.
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Un nouveau ministre turc a été refoulé des Pays-Bas samedi soir. Cette fois-ci, il s'agit de la ministre de la famille, empêchée par la police de rentrer dans le consulat turc à Rotterdam. Le consul n'a pas été non plus autorisé à sortir du bâtiment pour la rencontrer. Elle était arrivée par la route de Düsseldorf. Elle déplore l'attitude 'lamentable' dit-elle, des autorités néerlandaises. 'Nous avons été traités de manière inhumaine et irrespectueuse., a-t-elle déploré. Aux Pays-Bas, un pays libre et démocratique, nous avons connu une nuit amère. Notre chargé d'ambassade a été retenu en détention. Cinq personnes, mes propres gardes de sécurité et mes chargés d'affaires, ont été placés en garde à vue. Nous avons été conduits au commissariat à la frontière allemande.' La Haye avait fait savoir à plusieurs reprises à la ministre qu'elle n'était pas la bienvenue aux Pays-Bas. Les brigades canines sont intervenues samedi soir contre des manifestants turcs qui tentaient de pénétrer dans le consulat à Rotterdam.
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En Turquie, la colère contre les Pays-Bas ne retombe pas. Les accès à l'ambassade néerlandaise à Ankara et au consulat du royaume à Istanbul ont été bloqués. Officiellement, ces décisions ont été prises 'pour des raisons de sécurité' mais elles ressemblent fort à des mesures de rétorsion. Le ministère turc des affaires étrangères a fait savoir qu'il ne souhaite pas voir l'ambassadeur néerlandais, actuellement hors du pays, revenir en Turquie. Samedi soir à Istanbul, un millier de personnes environ étaient rassemblées devant le consulat des Pays-Bas, scandant des slogans en soutien au président Erdogan. Le drapeau néerlandais de l'édifice a été arraché par des manifestants. The latest What's going on?! https://t.co/ELTb8BFeB8 Thanks to _mp_d Philippedecamps #belga #turquie- Aurore Bukassa (@Delices) March 12, 2017 Le Premier ministre Binali Yildirim a prévenu : la Turquie répondra de manière conséquente à La Haye dont le comportement est qualifié d''inacceptable'. Le président Erdogan veut renforcer ses pouvoirs par un référendum. Il mise beaucoup sur la diaspora turque en Europe et notamment aux Pays-Bas.
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Les relations entre les Pays-Bas et la Turquie se sont aggravées samedi, après les attaques, vives, proférées par le président turc Erdogan, qualifiant de 'fasciste' le gouvernement néerlandais. Celui-ci a interdit au ministre turc des Affaires étrangères, Mevlut Cavusoglu, de participer à un meeting de soutien au président Erdogan, à l'approche du référendum du 16 avril, qui doit lui accorder de très larges pouvoirs. Intervenant samedi matin dans un meeting de son parti AKP à Istanbul, le président turc avait tenu des propos très durs à l'égard du gouvernement néerlandais. 'Nous allons sans le moindre doute décider de sanctions contre les Pays-Bas, et ce, après le référendum, avait-il déclaré. Ils sont tellement lâches. Il y a des traces de nazisme chez eux, ce sont des fascistes.' 'Ces remarques sont folles, a commenté le Premier ministre néerlandais, Mark Rutte. Même si je comprends sa colère, c'est disproportionné. Nous allons tout faire pour conserver avec la Turquie d'aussi bonnes relations que possible. Nous avons des liens étroits avec elle depuis des centaines d'années, et nous souhaitons que cela continue. Mais bien sûr, aujourd'hui, ce n'est pas un bon jour pour les relations entre nos deux pays.' L'Allemagne, la Suisse et l'Autriche ont également interdit de tels rassemblements. A chaque fois, en considérant qu'ils représentaient des risques pour l'ordre public.'
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Mark Rutte a 50 ans, il est né à La Haye, il est le chef du 'Parti populaire pour la liberté et la démocratie', le VVD, depuis 2006, et Premier ministre des Pays-Bas depuis le 14 octobre 2010. Issu du monde de l'entreprise, plus précisément des ressources humaines, il commence sa carrière politique dans les années 90. En 2002, il est nommé secrétaire d'État à l'Emploi et à la Sécurité sociale, et en 2004 secrétaire d'État à la Formation professionnelle et à l'Enseignement supérieur. C'est donc en 2010 qu'il remporte pour la première fois les législatives au moment ou l'économie du pays est dominée par les effets de l'austérité budgétaire. A l'époque, il n'exclut pas de former une coalition avec le parti d'extrême droite de Geert Wilders : ''Nous n'excluons aucun parti, aucun parti du tout. En même temps, il y a une énorme différence entre mon parti, le parti du Travail et le parti de la LIberté...' Mais une fois chargé de former le gouvernement par la Reine Beatrix, Mark Rutte dont le parti n'a pas eu les rênes du pays depuis 1948, se voit contraint de former une alliance minoritaire de centre-droit entre le VVD et les chrétiens-démocrates du CDA, appuyée par le Parti pour la liberté (PVV) de Wilders. Il n'a alors qu'un siège d'avance sur les travaillistes, et quand le PVV de Wilders lui retire son soutien en avril 2012 en raison de leur différend sur la réduction du déficit public, il démissionne et des élections anticipées sont organisées. Vainqueur de justesse du scrutin en septembre, il se voit à nouveau confier la tâche de former un gouvernement. De difficiles négociations s'engagent et Mark Rutte n'a d'autres choix que de s'allier avec ses éternels adversaires sociaux-démocrates du Parti du travail pour diriger le pays. La devise du nouveau cabinet est alors de 'construire des ponts'. A la tête du pays depuis, ce gouvernement peut se targuer d'avoir un bon bilan économique et c'est là-dessus qu'il s'appuie. Cependant, l'impact des mesures de rigueur a été important sur les classes populaires et moyennes, comme partout en Europe. La crise des réfugiés et la montée de l'euroscepticisme sont difficiles à gérer pour ce pro-européen qui se présente comme le candidat de la normalité. Mi-janvier, il a promis de ne pas former de coalition avec le chef du parti de l'extrême-droite Geert Wilders. Mais face à ce parti xénophobe qui le talonne, il semble avoir perdu ses repères et emprunte au populiste son propre langage, durcit le ton. Récemment, dans une lettre ouverte à tous les Néerlandais, il a évoqué le 'malaise grandissant' des 'gens de bonne volonté' à l'égard des étrangers qui 'refusent de s'adapter'. Et il a invité 'les personnes qui refusent de s'adapter, critiquent nos habitudes et rejettent nos valeurs' à agir normalement ou à partir', légitimant ainsi le discours de Wilders. Ik kies voor optimisme! pic.twitter.com/xJtaFCSzzD- Mark Rutte (@markrutte) 25 février 2017 Nul procent, Geert. NUL procent. Het. Gaat. Niet. Gebeuren. pic.twitter.com/ZC6Xb5peTu- Mark Rutte (@markrutte) 12 février 2017
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La chancelière allemande Angela Merkel est accompagnée des Premiers ministres britannique David Cameron, néerlandais Mark Rutte et suédois Fredrik Reinfeldt sur le lac Harpsund en Suède.
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Lors d'un mini-sommet européen à Harpsund en Suède, en compagnie du Premier ministre Premier ministre Fredrik Reinfeldt, en présence du Néerlandais Mark Rutte et de David Cameron, la Chancelière allemande Angela Merkel a redit qui avait son soutien dans la course à la direction de l'exécutif européen. Angela Merkel : 'Nous avons tous dit que ces décisions sur les personnes n'étaient pas au coeur de nos discussions ici mais que nous voulions poursuivre ce que nous avons fait jusqu'à présent, discuter du contenu, de ce qui est important pour les citoyens. Mais je répète que pour moi Jean-Claude Juncker est le candidat au poste de président de la Commission'. Le chef du gouvernement britannique n'a pas caché de son côté le fait qu'il n'était pas favorable à un tel choix, mais il a surtout brandi à nouveau l'épée de Damoclès du référendum britannique : 'La décision de rester ou non en Europe sera prise par la population britannique lors d'un référendum fin 2017. Il est évident que l'approche qui sera celle de l'Union d'ici-là sera très importante. Si elle peut faire des réformes, montrer de l'ouverture, de la compétitivité, de la flexibilité, moins d'interférence, cela aiderait beaucoup'. Les chefs d'État et de gouvernements européens doivent se mettre d'accord sur une proposition de nom lors d'un sommet européen à Bruxelles fin juin, puis le Parlement européen doit procéder à l'élection en juillet.
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