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Un an jour pour jour après le bain de sang à Kiev, des milliers d'Ukrainiens ont rendu hommage hier sur la place Maïdan aux dizaines de manifestants tués par la police, sous l'ère du président Viktor Ianoukovitch. Un président qui sera destitué deux jours plus tard. L'actuel chef de l'État, Petro Porochenko a accusé hier la Russie d'avoir préparé avec Ianoukovitch cette tuerie. Les services de sécurité ukrainiens possèdent des preuves attestant que l'un des conseillers les plus influents du président russe Vladimir Poutine, Vladislav Sourkov, avait déployé des 'groupes de snipers' pendant les manifestations, a affirmé Porochenko à des proches des manifestants morts, selon un communiqué publié par ces services. Les enquêteurs possèdent des enregistrements de conversations entre l'ancien président ukrainien, Viktor Ianoukovitch, et des haut responsables russes dans lesquels ils évoquent 'les préparatifs de cette fusillade', est-il précisé dans le communiqué. Moscou a immédiatement qualifié les propos du président ukrainien de 'délire complet', selon un communiqué du ministère russe des Affaires étrangères. Minute de silence, dépôt de fleurs, hymne national, recueillement devant les photos de ces victimes considérés comme des héros de la révolution : toute la journée, les Ukrainiens sont venus saluer leur mémoire 'Nous étions ici il y a un an, racontait une Ukrainienne.J'ai gardé les douilles que nous avons trouvées ici après les tirs. Tous ces gens sont nos enfants'. 'Nous voulons rendre hommage à ces gens qui ont réveillé les Ukrainiens qui sommeillaient en nous', ajoutait une autre. La colère est également présente alors que seuls deux policiers ont été arrêtés et attendent actuellement leur procès pour leur responsabilité dans ces tueries. 'Je suis énervé. (...) Je ne peux pas m'empêcher de pleurer parce que personne n'est traduit en justice'. Des projecteurs spéciaux ont été placés là ou les manifestants ont été tués. Les faisceaux de lumière atteignent le ciel, symbolisant les âmes des protestataires de Maidan, qui ont donné leurs vies pour l'Ukraine.
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Une cérémonie du souvenir était organisée ce vendredi à Kiev sur la place de l'Indépendance. Il y a un an, ici à Maïdan, la police anti-émeute ouvrait le feu sur les manifestants faisant 106 morts. Ce bain de sang allait marquer un tournant dans le soulèvement populaire. Le 22 février, le président Viktor Ianoukovitch prenait la fuite, laissant la place à un gouvernement pro-occidental. Mais un an plus tard, l'euphorie de la révolution ukrainienne semble bien loin ! L'est du pays est en proie depuis des mois à des combats meurtriers. Pour autant, le président Petro Porochenko, qui s'est exprimé ce vendredi sur la place de l'indépendance, s'est voulu optimiste. 'L'année 2015 sera décisive dans la mise en oeuvre des changements fondamentaux, dans la construction d'un nouveau pays, a-t-il déclaré. Je suis sûr que l'Ukraine va vivre dans la paix, qu'elle va se développer et se rapprocher un peu plus de l'Europe'. Reste que depuis un an, la souveraineté de l'Ukraine est mise à mal. La Crimée a fait sécession et a été rattachée à la Russie. Et dans la région du Donbass, les groupes séparatistes pro-russes gagnent chaque jour du terrain. A la liste des 106 martyrs de Maïdan, s'ajoute désormais celle des victimes de cette guerre dans l'est. Plus de 5600 morts depuis le mois d'avril... Les efforts engagés ces derniers mois pour trouver une solution pacifique à la crise peinent à aboutir. De quoi donner à ces cérémonies du souvenir, à Maïdan, un goût un peu amer.
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Intervention de Petro Porochenko sur l'accord arraché à Minsk à l'issue du sommet européen de Bruxelles. Le président ukrainien a estimé que sa mise en oeuvre en vue d'un cessez-le-feu ne sera 'pas facile'. 'Ces négociations ont été très difficiles, et nous ne nous attendons pas à une mise en oeuvre facile du processus. L'Ukraine a toujours été très responsable dans la mise en oeuvre de l'accord de Minsk contrairement à l'autre partie. C'est aussi pourquoi je suis arrivé à Bruxelles pour coordonner notre prochaine étape avec les partenaires de l'Union européenne. L'UE a de nouveau démontré, comme d'habitude, un véritable partenariat avec l'Ukraine, et je tiens à remercier le Président Tusk et tous les dirigeants des États membres pour ce soutien. M. Porochenko s'exprimait au coté de Donald Tusk, le président du Conseil européen, après avoir présenté les résultats de la réunion de Minsk devant les chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE à Bruxelles.
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Des partisans de la République auto-proclamée de Donetsk se sont retrouvés pour une manifestation de soutien aux séparatistes ce jeudi. Si à Kiev, on a du mal à faire confiance à Vladimir Poutine, à Donetsk c'est Porochenko qui suscite la défiance : 'Je viens de Gorlovka, j'aimerais que vous sachiez ce qu'ils nous ont fait là-bas, s'exclame Tatiana, membre du Conseil populaire de la 'République de Donetsk'. C'est un vrai enfer, même si il y a eu plusieurs cessez-le-feu, ils essaient toujours de rayer cette ville de la carte. Je ne peux juste pas croire Porochenko, c'est le genre de type à qui on ne peut pas faire confiance'. 'On verra si il y aura un cessez-le-feu ou pas, déclare une habitante de Donetsk.Malheureusement les expériences passées montrent bien, et vous avez pu le voir, le genre de cessez-le-feu qu'on a pu avoir avant'. Et alors même que se déroulaient les pourparlers à Minsk entre Russes et Ukrainiens, de nouveaux bombardements ont frappé Donetsk... Au moins seize personnes, dont deux soldats ukrainiens, ont péri ces dernières heures dans les combats dans l'est de l'Ukraine.
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La situation politique dans l'est de l'Ukraine était au centre du conseil des ministres de ce mercredi à Kiev. Elle l'a été aussi à Minsk, dans la capitale du Bélarus, où se sont retrouvés des représentants de Kiev, de Moscou, des séparatistes pro-russes de l'est de l'Ukraine et de l'OSCE, l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe. 'Il est important de remplir les conditions des accords de Minsk, a déclaré le Premier ministre ukrainien Arseni Iatseniouk. Mais les contacts en eux-mêmes ne sont pas importants. Ce qui compte, ce sont les décisions. Elles devraient permettre l'accès à l'aide humanitaire dans l'est du pays, appliquer le protocole de Minsk, libérer le sol ukrainien et petit à petit nous stabiliserons la situation du pays.' Le protocole de Minsk a été signé en septembre. Les discussions portent notamment sur l'échange de prisonniers de guerre et l'obtention d'un statut spécial pour les régions séparatistes.
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Dix ans après la Révolution orange et un an tout juste après celle de Maïdan, force est de constater que les révolutions ukrainiennes ont eu de larges répercussions. Il y a d'abord eu l'annexion de la Crimée par la Russie puis un conflit qui a fait plus de 4 000 morts dans l'est du pays, et qui dure toujours. L'élection ensuite d'un nouveau président et gouvernement de coalition. De nombreux changements donc, et encore beaucoup de mécontentements. Un mal-être des Ukrainiens qui selon un activiste, spécialiste des médias, que nous avons rencontré, grandit de jour en jour faisant planer le spectre d'un nouveau soulèvement populaire. 'Un troisième Maïdan est possible et je pense que c'est une hypothèse que la population et le gouvernement doivent avoir à l'esprit. Je souhaite que les politiciens se rendent compte que les gens ne sont pas satisfaits. Le mécontentement peut enfler et le prochain Maïdan risque de ne pas être d'emblée pacifique, car il y a beaucoup d'armes dehors. J'espère qu'ils verront comme une sorte de garantie, de prudence, de mettre enfin en place des réformes et que les changements commencent dans ce pays', explique Taras Shevchenko. Maïdan, la place de l'Indépendance, au coeur de Kiev. C'est là que se sont déroulés la Révolution orange de 2004 et les événements de l'hiver dernier. Maïdan a été le théâtre de violents affrontements il y a un an. Des heurts entre protestataires et forces de l'ordre ont fait plus de 80 morts. Certains de ceux qui militaient à Maïdan sont depuis entrés en politique. Pour eux, le combat n'est pas terminé. Parmi eux, le journaliste Mustafa Nayyem, aujourd'hui député de la Rada. 'Je ne dirais pas que Maïdan est l'accomplissement de quelque chose et que c'est terminé. Tout ce qui se passe aujourd'hui en Ukraine est plutôt le de la guerre que de Maïdan. Les gens doivent continuer à appuyer le gouvernement et se tenir informés de ce qui se passe. Mais aussi garder à l'esprit que nous avons maintenant des représentants de Maïdan dans le nouveau parlement et que c'est une façon de faire pression sur n'importe quel type d'initiatives lancées toutes ces dernières années', dit-il. Les Ukrainiens veulent du changement. Et c'est déjà ce qu'ils demandaient en 2004 lors de la Révolution orange. Ioulia Tymoshenko, figure de cette révolution, avoue que les politiciens arrivés au pouvoir après la Révolution orange n'ont pas répondu aux attentes du peuple mais ont donné l'impulsion du deuxième Maïdan. 'La première révolution - que nous appelons 'Révolution Orange' a été dynamisée par les politiciens. La deuxième révolution, ce sont les gens eux-mêmes qui l'ont faite. Parce qu'ils ne veulent plus vivre dans une 'zone grise'. Ils se sont révoltés en faveur de leur choix européen. Je suis certaine que nous aurions pu faire plus après la Révolution orange. Mais je ne doute pas qu'elle a ouvert la voie à la lutte finale pour la liberté', analyse Ioulia Tymoshenko, ancien Premier ministre ukrainien. Dernière bataille en date pour l'Ukraine, les élections anticipées d'octobre dernier. Avec une victoire des partis pro-occidentaux désormais largement majoritaires. Reste que la guerre a eu des conséquences directes sur ce scrutin. Environ 5 millions d'électeurs, sur 36 millions au total, n'ont pas pu voter en Crimée, ni dans les zones contrôlées par les séparatistes dans l'Est.
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À Kiev, des milliers de personnes ont manifesté ce mardi devant le Parlement. Nombre d'entre elles brandissaient des drapeaux du parti nationaliste Svoboda. Et le portrait du très controversé Stepan Bandera - qualifié de héros ukrainien par les uns, et de collaborateur des Nazis par les autres - était clairement affiché. Des protestataires ont lancé des pavés et des pétards sur le siège du Parlement, touchant plusieurs policiers. Le Parlement n'a pas voté un projet de loi visant à reconnaître les membres de l'Armée insurrectionnelle ukrainienne de Stepan Bandera comme des combattants pour l'indépendance ukrainienne lors de la Seconde Guerre mondiale. Le vote n'a même pas été mis à l'ordre du jour après sept tentatives du président du Parlement, selon des médias ukrainiens. Le parti Svoboda, qui avait auparavant organisé une réunion pour exhorter les députés à voter en faveur du projet de loi, a assuré que ses adhérents n'avaient aucun lien avec les violences près du Parlement. Avec AFP et AP
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Des affrontements ont éclaté devant le palais présidentiel alors que plusieurs centaines de personnes étaient rassemblées. Certains ont tenté de forcer le cordon de sécurité de la garde nationale. La plupart sont des proches de soldats et de civils arrêtés par les rebelles dans l'Est du pays. 'Nous demandons au président de nous écouter, nous exigeons une enquête et nous demandons à l'armée d'agir concrètement et à ne pas se contenter de belles paroles', affirme ce protestataire. Dans l'accord de cessez-le-feu conclu le 5 septembre dernier à Minsk entre Kiev et les séparatistes pro-russes, il y a une disposition appelant à la libération des otages. Selon les rebelles, 1340 personnes ont retrouvé la liberté et 400 doivent encore être relâchées. Les proches des otages exigent leur libération immédiate et estiment pour leur part que 600 personnes sont toujours retenues dans l'Est de l'Ukraine.
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'Tous au front ' crient des manifestants rassemblés devant le ministère de la Défense à Kiev. 500 personnes ont exigé l'envoi de matériel militaire aux soldats ukrainiens. Ils se battent contre les rebelles séparatistes pro-russes dans l'est du pays. 'Nous ne pouvons pas rester sans rien faire et laisser mourir les forces gouvernementales qui sont encerclées par les séparatistes. Je resterai ici jusqu'à ce que j'entende le commandant du bataillon du Donbass dire qu'il a reçu des armes lourdes.' explique une manifestante. Ces personnes demandent que les armes comme les renforts humains soient envoyés le plus rapidement possible étant donné l'escalade du conflit.
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Les militaires des forces de Kiev ont repris le contrôle du village de Novosvitlivka, point stratégique sur la route entre le bastion insurgé de Louhansk et la frontière russe. Ils coupent ainsi l'itinéraire qu'est censé emprunter le convoi humanitaire envoyé par Moscou. Les soldats loyalistes progressent aussi face aux séparatistes pro-russes de Donetsk où ils ont lancé leur 'phase finale de reconquête'. Plus de 74 personnes y ont perdu la vie ces trois derniers jours lors d'intenses combats. Une avancée qui intervient sur fond de démission en bloc des chefs insurgés. Le 'ministre de la Défense' et principal leader séparatiste, le Russe Igor Strelkov a quitté ses fonctions quelques heures seulement après Valery Bolotov. Ce dernier chef des séparatistes pro-russes de la région de Louhansk avait annoncé son départ provisoire après avoir selon lui été blessé. Le Parlement ukrainien a par ailleurs définitivement adopté un projet de loi permettant d'imposer des sanctions aux entreprises et aux citoyens russe accusés de soutenir l'insurrection séparatiste dans l'est du pays. 'S'il y a une menace pour la sécurité nationale de l'Etat ukrainien, le chef de l'Etat par l'intermédiaire du conseil national de sécurité et de défense ont le droit d'imposer certaines sanctions de même nature qui sont imposées par nos partenaires occidentaux, les pays de l'UE, les États-Unis, et les pays du G7', précise Arseni Iatseniouk. Le gouvernement ukrainien a d'ores et déjà dressé une liste de 172 personnalités et de 65 entreprises russes, dont le géant gazier Gazprom, soupçonnées de 'financer le terrorisme'.
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Dans le centre de Kiev Maidan a renoué avec les fumées noires. La place qui a été le symbole de la révolution est toujours occupée par un village de tentes occupés par des irréductibles qui entendent vouloir contrôler le gouvernement. Un gouvernement qui veut tourner la page... seulement voilà... 'Regardez de ce côté, explique Ivan Bilan qui occupe toujours la place, mes anciens camarades faisaient partie de la 700ème division de Maidan, maintenant ce sont des volontaires du 1er bataillon de Kiev. Des policiers qui m'ont trahi. Avant on dormait ensemble, on mangeait ensemble.' Pour les forces gouvernementales les occupants de Maidan ne sont pas tous animés par des idéaux politiques... Sergei, special forces police battalion: 'Nous sommes en train de procéder à un petit nettoyage sanitaire, nuance Sergei des forces spéciale de la police. Nous devons enlever tous les déchets. Ne doivent rester sur cette place que ceux qui se battent vraiment pour un idéal politique.' La permanence du village de tente sur la place est une source de protestation de la part des habitants de Kiev pour qui leurs occupants ne sont plus désormais que des sans abris ou des délinquants...
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'J'habite à cinq cents mètres du Maïdan'. C'est par ces mots que l'écrivain ukrainien de langue russe, Andreï Kourkov entame son récit des évènements révolutionnaires qui ont eu lieu à Kiev de novembre à avril dernier. Un témoignage publié sous le titre : 'Le Journal de Maïdan'. Connu pour son best-seller 'Le Pingouin', Andreï Kourkov a été nommé chevalier de la Légion d'honneur cette année. De passage en France pour la promotion de son livre, l'auteur a confié à euronews, ses réflexions sur l'identité ukrainienne. Maria Ieshchenko, euronews : 'Vos livres ont été traduits en plus de trente langues. Vous voyagez beaucoup, donnez des conférences et communiquez avec vos lecteurs. Quel malentendu sur l'Ukraine aimeriez-vous dissiper auprès des Européens ?' Andreï Kourkov, auteur du 'Journal de Maïdan' : 'Tout d'abord, un vieux cliché - d'ailleurs, toujours repris par des journalistes étrangers - sur le fait que l'Ukraine soit divisée en deux : l'Est pro-russe et l'Ouest pro-européen. Quand je rencontre les étudiants des universités ukrainiennes, je ne vois pas de grandes différences entre les jeunes de Donetsk et les jeunes de Lviv. Ils se ressemblent tous dans leurs aspirations qui d'ailleurs, sont davantage liées à l'Europe plutôt qu'à la Russie, ils se préoccupent des questions de succès, de carrière. En même temps, bien évidemment, la majorité des gens en Ukraine est née à l'époque de l'Union soviétique. Bien qu'il soit difficile de changer leur mentalité, il est très important de trouver un socle commun avec eux.' euronews : 'Dans votre livre 'Le Journal de Maïdan', vous comparez l'Ukraine à un enfant malade dont le lit est entouré d''adultes inquiets' comme les pays européens et les États-Unis. Si l'adhésion de l'Ukraine à l'Union européenne se fait avec ce statut d'enfant malade, le pays risque de ne jamais se débarrasser de cette image et de passer des années à payer pour l'aide qu'il aura reçue ?' Andreï Kourkov : 'Je ne pense pas que l'Ukraine risque de devenir membre de l'UE en tant qu'enfant malade. Il faudra d'abord que le pays se guérisse lui-même d'une manière ou d'une autre. De plus, d'autres enfants malades ne vont pas tarder à apparaître et à avoir besoin que l'Europe les soigne. L'Ukraine de son côté peut porter dans l'espace socioculturel européen, le concept revisité de l'importance de chaque nation au sein de l'Europe. Si aujourd'hui, l'Ukraine se rapproche des pays de l'UE, c'est justement grâce au rétablissement de sa dignité en tant que nation. L'Europe ne peut pas ignorer cela.' euronews : 'Dans la trilogie 'Géographie d'un coup de feu isolé' sur laquelle vous avez travaillé pendant neuf ans, vous explorez le phénomène de l'homme soviétique (Homo sovieticus) et de la mentalité soviétique. De quoi s'agit-il exactement ?' Andreï Kourkov : 'La mentalité soviétique, c'est tout d'abord celle qui est conçue pour des masses où un individu ne vaut rien et ne joue aucun rôle important sauf s'il est leader. L'Ukraine n'a jamais accepté cette mentalité parce que les Ukrainiens, comme les Européens, sont par nature plutôt individualistes. Une image me vient à l'esprit : celle des 'agriculteurs égoïstes' : ils sont prêts à se battre pour la délimitation de leurs parcelles, mais ils vont rester indifférents à l'idée d'adhérer à un grand parti politique - du moins, il y a peu de gens qui le font effectivement en Ukraine -. Cela explique d'ailleurs le fait que les partis politiques, souvent sans idéologie, autorisés par le ministère ukrainien de l'Intérieur, sont au nombre de 184. Chaque Ukrainien peut atteindre ses objectifs s'il sait que son futur dépend de lui et pas du système, d'un leader de parti politique, du Président ou de quoi que ce soit.' euronews : 'Quel peut-être le rôle des personnalités du monde de la culture et des intellectuels en Ukraine dans ce moment crucial et délicat ?' Andreï Kourkov : 'Les écrivains ukrainiens savent faire avancer le débat public. La plupart d'entre eux sont également des blogueurs talentueux qui soulèvent des questions importantes dans leurs publications et leurs chroniques. Nous avons besoin d'une discussion dynamique, d'une compétition de mots, d'idées, de concepts philosophiques. Cela fait plus de 15 ans que je me rends de temps à autre en France pour présenter mes livres et il faut dire que pendant ces voyages, il m'arrive plus souvent de parler de l'Ukraine que de mes livres. Je pense que d'une certaine manière, j'ai contribué au fait que les Français, aujourd'hui, savent beaucoup plus de choses sur l'Ukraine qu'auparavant. Au moins, ils font la distinction entre l'Ukraine et la Russie.' euronews : 'Se dire patriote d'un pays prospère est beaucoup plus facile que de se dire patriote d'un pays tourmenté et submergé par une crise profonde. Êtes-vous de cet avis ?' Andreï Kourkov : 'Oui. Bien évidemment, il est agréable d'être patriote français, d'aimer les Alpes, Annecy, Paris, Strasbourg... En revanche, éprouver du patriotisme quand on est de la ville de Jytomyr est beaucoup plus compliqué. Mais en réalité, quand des événements historiques mènent l'ensemble du pays vers un moment de vérité en quelque sorte - un moment où l'existence même de ce pays est en jeu -, alors ce sentiment patriotique s'installe dans chaque individu, indépendamment de l'endroit où cette personne est née ou de la langue qu'elle parle. C'est le moment où si on a le passeport ukrainien et si on considère l'Ukraine comme sa patrie, on va essayer de l'aider à survivre en tant qu'État. Cet élan de patriotisme va permettre l'avènement d'une nouvelle génération d'hommes politiques qui seront complètement différents de la génération post-soviétique, post-communiste.' euronews : 'Beaucoup de personnalités du monde de la culture, d'écrivains, de photographes, de réalisateurs évoquent dans leur travail, les événements ukrainiens de cet hiver. Où est la limite entre l'hommage au tournant historique et l'argent facile avec un thème qui se vend bien ?' Andreï Kourkov : 'Je me souviens des événements de l'année 1986 lorsque la catastrophe de Tchernobyl s'est produite. On m'a demandé quand j'allais écrire un livre là-dessus. J'ai répondu que je n'avais nullement l'intention de le faire parce qu'il s'agissait d'un véritable drame, d'une tragédie qui a changé la vie de millions de personnes, d'un thème que seuls les documentaristes pouvaient traiter. Puis, il y a eu la Révolution orange en 2004 : aussitôt, on a vu 5-6 livres et 2-3 films sortir à ce propos, la majorité étant des histoires d'amour à Maïdan. Mais toutes ces créations ont été vite oubliées parce que la réalité a été beaucoup plus forte que l'imagination de ces écrivains et réalisateurs. De même pour cet hiver, quel que soit le talent de l'écrivain, jamais il ne pourra imaginer des situations et des personnages aussi sincères, honnêtes et déterminés que les personnes qui étaient à Maïdan. La réalité a été tellement dramatique qu'on ne peut pas se permettre de la réinventer. Elle doit rester telle qu'elle a été.'
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Aider des soldats ukrainiens pris entre deux feux dans la région de Lougansk. C'est ce que réclament des dizaines d'Ukrainiens qui assurent être les mères, pères et mères de ces militaires. Ils ont manifesté ce mercredi à Kiev devant le bâtiment de l'administration présidentielle. Selon eux, la 72e brigade d'infanterie a été encerclée par des insurgés séparatistes prorusses. " J'estime que mon mari et son unité devraient recevoir des renforts, indiquait une jeune manifestante. Ils sont assis dans des tranchées, ils sont encerclés. Ils sont la cible de multiples tirs de roquettes, venant d'une part, du côté russe et d'autre part, des séparatistes. Ils n'ont pas d'endroit où se cacher'. Une Ukrainienne se présentant comme une mère d'un des soldats, a pu avoir son fils au téléphone : 'ils tuent nos hommes. lui a-t-il indiqué. On nous a dit de nous préparer à un bombardement d'artillerie. On manque de munitions, de carburants et de nourriture.' Selon Yevhen Dobriak, un responsable de l'administration présidentielle, le président ukrainien a décidé de mettre en place 'une commission pour résoudre le problème'. Avec notre correspondante Maria Korenyuk
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Des manifestations ont eu lieu à Lougansk et à Kiev ce dimanche, pour des raisons diamétralement opposées. À Lougansk, dans l'Est de l'Ukraine, les protestataires demandaient la fin de l'opération militaire lancée le 13 avril par les autorités ukrainiennes contre les séparatistes pro-russes. Le dirigeant de la république séparatiste autoproclamée de Lougansk était présent. Dans la capitale ukrainienne, ils étaient environ un millier à manifester. Parmi eux des bataillons de volontaires. Ils ont demandé que le Président Petro Porochenko mette fin au cessez-le-feu, décrète la loi martiale dans l'est de l'Ukraine et donne suffisamment d'armes aux bataillons de volontaires pour 'détruire la milice'. La manifestation a eu lieu près du siège de la présidence. Avec AFP
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Une centaine de personnes ont manifesté devant l'ambassade russe samedi à Kiev. Ils ont jeté des oeufs et de la peinture sur le bâtiment. Leur colère était nourrie par la mort de 49 soldats ukrainiens. L'avion qui transportait les militaires a été détruit en vol par des séparatistes prorusses.
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Ces vitres cassées sont celles de l'ambassade de Russie à Kiev. Hier, ils étaient là une centaine, à dénoncer l'appui apporté par Moscou, selon eux, aux séparatistes de l'est de l'Ukraine. 'Russie, go home', disent les affiches. Les manifestants, en majorité des jeunes masqués, lancent des oeufs sur le bâtiment et déchirent le drapeau russe qui flotte au-dessus de la grille. La police n'intervient pas. 'La Russie soutient l'agression et le terrorisme, dit un jeune homme. Quel genre de relation diplomatique peut-on avoir alors que 49 de nos soldats ont été tués ? Chaque jour des gens meurent dans l'Est avec l'approbation de la Russie et de Poutine.' Les diplomates de l'ambassade acceptent de recevoir quatre manifestants. Nous les suivons à l'intérieur : ils exigent la fermeture de l'ambassade, et que Moscou reconnaisse son implication en Ukraine. Le représentant russe, qui n'a pas l'air rassuré, promet de passer le message au Kremlin. 'Les manifestants disent qu'ils agissent en réaction à la destruction de l'avion ukrainien, et la mort de ses 49 occupants, explique Angelina Kariakina, notre correspondante. Les plus radicaux demandent que les relations diplomatiques avec la Russie soient coupées. Les autres pensent qu'il faut utiliser d'autres moyens de pression sur Moscou.'
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Tania Cheprasova est une artiste ukrainienne. Elle a puisé ses dernières sources d'inspiration dans les événements de Maidan. Et elle n'est pas la seule. Marina Sochenko a elle aussi voulu témoigner dans ses tableaux de ce qui s'est passé pendant plusieurs mois sur la place de l'indépendance à Kiev. Pendant des jours elle a partagé son temps entre peindre et manifester. Marina Sochenko : 'C'est ce que tout artiste devrait faire. Il faut peindre ce qui vous touche. Et ensuite cela va toucher d'autres personnes.' Au plus fort des affrontements qui ont fait des dizaines de victimes, un informel collectif d'artistes s'est mis en place. Tania Cheprasova : 'J'ai voulu montrer qu'il n'y avait pas uniquement de la guerre mais qu'il y avait aussi de la beauté dans ces choses qui avaient été laissées par la révolution.' Au musée national des beaux-arts on présente actuellement une exposition de collages réalisés par le photographe français Eric Bouvet. Il s'était retrouvé sous le feu des snipers le 20 février dernier. Natalia Shostak commissaire au musée national des beaux-arts : 'L'art est dans la sphère politique, particulièrement l'art contemporain. Donc on ne peut pas être en dehors de ce qui s'est passé.'
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Dans les régions de Donetsk et de Lougansk, beaucoup de gens ont peur d'aller voter pour élire le nouveau président du pays. Et pour cause, la république populaire de Donetsk, qui revendique son indépendance depuis le référendum du 11 mai, ne souhaite pas voir se tenir ce scrutin dimanche. 'Il n'est pas autorisé d'organiser l'élection d'un président d'un autre pays sur le territoire de la république populaire de Donetsk. Il y a des traîtres qui vivent dans ce pays, qui essaient de suivre les ordres venant d'un autre pays. Ils trahissent tout simplement leur peuple, et il n'y a qu'une seule façon de faire avec des traîtres quel que soit le pays ou l'époque', explique Vladimir Makovich, co-dirigeant de la 'RPD'. Les séparatistes pro-russes sont menaçants. Jeudi, des hommes armés ont chassé et battu un pasteur, qui depuis 80 jours, réunissait autour de lui des gens de toutes confessions religieuses pour prier sur une place du centre-ville pour que la violence s'arrête. Hier, c'est dans un lieu fermé, quelque part dans la banlieue de Donetsk, qu'en larmes, il a rassemblé une nouvelle fois des dizaines de personnes. 'Oui, c'est dangereux, mais nous sommes des citoyens libres de notre pays, nous voulons vivre dans un pays libre pour exprimer nos choix' expliquait, à notre journaliste Sergio Cantone, ce jeune homme, bien décidé à aller voter ce dimanche pour choisir son président. Mais cela va s'avérer compliqué. Les séparatistes pro-russes ont déjà bloqué 12 commissions électorales sur les 22 que compte la région de Donetsk.
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Les isoloirs prennent forme à Kiev à 24 heures de l'élection présidentielle. 36 millions d'électeurs sont appelés à voter en Ukraine ce dimanche. Dans l'est du pays, les combats quotidiens entre séparatistes pro-russes et groupes armés pro-ukrainiens rendent le scrutin incertain. Ils ont fait au moins 7 morts ce vendredi à Karlivka, au nord-ouest de Donetsk. Les autorités ont donc pris des mesures extraordinaires pour permettre à tous ceux qui le veulent, de voter, que ce soit en Crimée ou dans l'est du pays, comme l'explique le président de la commission électorale de Kiev. 'On leur a donné la possibilité de faire une demande de changement de bureau de vote auprès des commissions électorales locales pour qu'ils puissent exercer leur droit de vote dans tout autre ville de leur choix', indique Oleg Kupriiyenko. Un fort taux de participation donnerait une nouvelle légitimité au pouvoir de Kiev mais à Donetsk ou à Louhansk, pas question d'organiser le scrutin. Les séparatistes ont détruit des urnes, estimant que ces élections étaient 'inutiles'. 'Nous avons notre propre république' dit une femme qui se fait appeler 'Père Noël'. 'On ne reçoit pas d'ordre de Kiev. Personne ne donne d'ordre au Père Noël', dit-elle. Un millier d'observateurs internationaux vont surveiller de près le déroulement de ce scrutin. Vladimir Poutine a lui annoncé qu'il 'respecterait le choix du peuple ukrainien', tout en dénonçant une nouvelle fois 'le coup d'État' qui a entrainé le départ de Viktor Ianoukovitch.
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Trois mois après les émeutes de Maidan, et la chute de l'ancien dirigeant Viktor ianoukovitch, 36 millions d'électeurs votent ce dimanche en Ukraine pour élire leur président. Une élection qui est aussi un test de survie pour ce pays confronté aux risques de partition, aux pressions russes à sa frontière et à une quasi-faillite... 21 candidats sont en lice. Le vainqueur, élu pour cinq ans, deviendra le 5e président de l'ex-république soviétique depuis son indépendance en 1991. Mais le grand favori selon les sondages, c'est le milliardaire Petro Porochenko. Avec plus de 30 pourcent d'intentions de vote, il s'est rendu populaire en mettant son immense fortune au service des contestaires de Maïdan, et en consacrant sa chaine d'information Channel 5 à la couverture des manifestations. Député depuis 1998, il a été deux fois ministre, brièvement et dont une dans le camp adverse. Carrière politique discrète, mais un discours nouveau et qui rassure. A tel point qu'en mars dernier, le boxeur Vitali Klitchko, la figure médiatique de Maïdan se désiste de la course à la présidentielle en sa faveur. Avant, il était surtout connu pour son empire, la confiserie. Diplômé d'économie, le 'Roi du chocolat' comme on le surnomme, détient le groupe Roshen, le plus grand producteur du pays, le 15 ème mondial. En seconde position, mais loin derrière, 10% d'intentions de vote, Ioulia Timochenko, l'ancienne Premier ministre et égérie de la révolution orange. La femme à la tresse blonde, à la pratique du pouvoir, est apparue une oligarque controversée. Ses deux mandats à la tête du gouvernement sont synonymes pour beaucoup de paralysie politique, de 'gabegie' et de corruption. Les contrats gaziers signés entre l'Ukraine et la Russie en 2009 rattrapent celle qui a fait sa fortune dans le gaz pendant la Pérestroika. En 2011, elle est placée en détention et condamnée à sept ans de prison pour abus de pouvoir. Une condamnation dénoncée comme une manoeuvre politique par les occidentaux. En février dernier, libérée à la chute de Ianoukovitch, elle a reçu un accueil mitigé place Maidan, et n'est pas parvenue à mobiliser autour de sa candidature à la hauteur de sa popularité passée. Loin derrière aussi, le Parti des régions paie le prix de ses divisions. Proche de Viktor Ianoukovitch, le banquier et ex-ministre Serhiy Tigipko, bien implanté dans l'Est russophone, a été exclu du parti et se bat en indépendant.Très critique vis-à-vis des autorités intérimaires à Kiev, à qui il reproche leur gestion de la rébellion pro-russe, il est crédité de 8,8 % des intentions de vote. Il devancerait Mikhaïlo Dobkine, candidat officiel du Parti des régions. Ex- gouverneur de la région de Kharkiv, dans l'Est, cet anti-occidental virulent figure parmi la trentaine d'Ukrainiens dont les avoirs ont été gelés par la Suisse en raison de son rôle dans la crise ukrainienne. Il ne dépasserait pas la barre des 5 %.
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Dans le cadre du plan d'aide de 17 milliards de dollars décidé récemment par le FMI, le Fonds monétaire international, l'Ukraine a reçu une première tranche de 3,2 milliards de dollars : c'est...
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A Slaviansk, bastion des insurgés dans l'Est de l'Ukraine, ce 1er mai a été l'occasion de célébrations. L'occasion aussi pour les prorusses de réaffirmer leur opposition au gouvernement...
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Des centaines de manifestants pro-russes ont pris d'assaut mardi des bâtiments gouvernementaux à Lougansk, la province la plus orientale de l'Ukraine.
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Ces photos, dont certaines circulent sur internet depuis plusieurs jours, sont pour la première fois brandies par les Américains. Elles montrent, selon le département d’Etat, que certains...
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De Louhansk à Donetsk en passant par Slaviansk, de nombreuses villes de l’Est de l’Ukraine restent entre les mains de milices pro-russes qui refusent de déposer les armes ou d’abandonner les...
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“Donetsk est le coeur de l’Ukraine”. D’entrée la ville affiche la couleur. Couleurs du drapeau ukrainien, revendication patriotique, n’en déplaise aux manifestants pro-russes qui...
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Le ton continue de monter dans la crise ukrainienne, d’un côté dans l’est du pays en proie à la déstabilisation et sur la scène diplomatique entre Washington et Moscou. Le premier accuse...
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Des pro-russes passent à la vitesse supérieure dans l’Est de l’Ukraine. Les manifestants qui occupent depuis dimanche le bâtiment de l’administration locale à Donestk ont proclamé ce lundi...
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Des centaines de manifestants pro-russes ont de nouveau fait entendre leur voix ce dimanche, à Donetsk, grande ville de l’est de l’Ukraine. Parmi eux, certains s’en sont pris aux bâtiments de...

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