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Mahmoud Ahmadinejad veut-il reconquérir le pouvoir ? Selon l'agence Associated Press, qui a fourni des images de l'ancien président iranien prises ce lundi à Téhéran, Ahmadinejad a lancé une campagne politique alors que des élections législatives sont prévues en février. En juin, des médias iraniens indiquaient déjà que d'anciens ministres d'Ahmadinejad, avaient créé un mouvement politique dans ce but. D'après Mehrdad Khadir, journaliste d'un site d'information sur internet Asr Iran, être au pouvoir est d'une importance cruciale pour Ahmadinejad. 'Il n'a pas de soutien parmi les citoyens de la classe moyenne dans les grandes villes, et même dans les petites. Mais les classes inférieures qui sont facilement attirées par de simples slogans, pourraient apprécier encore le style d'Ahmadinejad, même s'ils ne le préfèrent pas forcément en tant que personne'. Mahmoud Ahmadinejad a été un président controversé de 2005 à 2013. Une ère marquée notamment par la répression de la contestation postélectorale de 2009. Selon Mehrdad Khadir, le guide suprême 'pourrait saluer une participation de l'ancien président aux élections si cela ravive la concurrence, crée de l'enthousiasme et si' Ahmadinejad n'est pas soupçonné 'de corruption', comme l'ont été deux de ses anciens proches. Avec AP
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Cela fait 3 ans et 5 mois que les trois dirigeants du Mouvement vert iranien vivent sous résidence surveillée. Parmi eux, Mehdi Karoubi, un des initiateurs de ce mouvement né au lendemain de la réélection de Mahmoud Ahmadinejad en juin 2009. Mehdi Karoub est assigné à domicile depuis février 2011, accusé par le régime d'avoir organisé des manifestations à Téhéran dans le sillage des protestations dans le monde arabe. Notre envoyé spécial a rencontré son fils, Mohammad Taghi Karoubi, le fils de Medhi Karoubi. Il est professeur de droit à Londres. -'Monsieur Karoubi, bienvenue sur Euronews'. -'Votre père est assigné à résidence depuis février 2011. Le ministre de la Justice et le maire de Téhéran ont tous les deux déclaré que le cas de votre père était désormais entre les mains du Conseil national de sécurité. Récemment, un parlementaire iranien a déclaré que le Guide Suprême lui avait lui-même dit que si les dirigeants du Mouvement vert étaient jugés, le verdict serait très dur. Pourquoi la République islamique n'agit-elle pas dans la transparence ?' -'Depuis le début, l'attitude du régime envers les leaders du mouvement de contestation n'est pas claire. C'est dû en partie au fait que la police secrète en civil est placée sous la responsabilité du régime. Or ce sont des hommes de la police secrète qui ont récemment agressé mon père à son domicile, mettant le feu à la porte et jetant une grenade à percussion à l'intérieur.' 'Alors d'une part le régime ordonne ce genre d'actions et d'autre part il n'assume pas ses responsabilités et évite toute évocation officielle des dirigeants du Mouvement vert.' 'A cet instant, personne n'a officialisé l'assignation à résidence des leaders du Mouvement. Le chef de la police et d'autres officiels ont déclaré que cette action ne s'était pas faite sous leur responsabilité.' 'Récemment, c'est finalement le Guide Suprême qui a déclaré que ce genre de cas était de son ressort. Cela n'est pas étonnant pour nous mais cela prouve que cette affaire concerne les plus hauts niveaux du régime.' -'Votre père insiste sur le fait qu'il est prêt à répondre aux questions de la Justice pour se défendre de ce dont on l'accuse. Mais le Guide Suprême rétorque qu'il a commis un délit gravissime, tout en rappelant que le régime a toujours traité justement votre père et ses camarades. Pensez-vous que le Guide Suprême va agir sans s'embarasser d'un procès ?' -'La constitution iranienne applique le principe de la présomption d'innocence tant qu'un tribunal n'émet pas de jugement. Depuis qu'il a été assigné à résidence, mon père a dit à plusieurs reprises qu'il était prêt à être jugé dans le cadre d'un procès ouvert et accessible au public, en respect de l'article 168 de la constitution. Mais pour cela, il doit être autorisé à parler en public. Or le régime refuse toujours que mon père puisse d'exprimer librement.' 'Le Guide Suprême a dit que les leaders du Mouvement vert étaient coupables alors que leur cas n'a pas encore fait l'objet d'un procès. C'est un procès et un procès seulement qui doit déterminer s'ils sont coupables et déterminer leur peine s'ils sont coupables. Le Guide Suprême a déjà imposé son verdict.' 'Pourtant il dit à qui veut l'entendre que le régime a toujours été bienveillant à l'encontre des dirigeants du Mouvement. Or tout montre que cette affaire n'a jamais été confiée aux instances judiciaires. La Justice n'est pas indépendante,encore moins dans ce genre de cas, parce que les opposants ont le pouvoir d'influencer le peuple iranien.' -'L'an dernier, l'élection présidentielle a porté des modérés au pouvoir. Le peuple est descendu dans la rue et on a pu entendre des chants qui mentionnaient les noms des dirigeants du Mouvement vert. Que cherche à faire le régime en maintenant ces assignations à résidence ?' -'Après avoir arrêté les figures de l'opposition, le régime a utilisé la propagande habituelle et les médias d'Etat afin de leur coller une image négative. Ils ont été accusés sans pouvoir se défendre. Les leaders étudiants et les activistes étaient en prison, ils n'ont pas pu réagir.' 'L'énorme erreur historique commise par le régime a été d'essayer de laver le cerveau de la société iranienne en chargeant les dirigeants de l'opposition. Mais cette stratégie a échoué parce qu'aujourd'hui leur popularité est grandissante.' -'Revenons à l'assignation à résidence de votre père. Au départ, il était chez lui avant d'être transféré dans un appartement des services de renseignement. Aujourd'hui, il est de retour à son domicile. Pourquoi tous ces mouvements ? Mir Hossein Mosavi et Zahra Rahnavard, qui sont eux aussi assignés à résidence, n'ont pas subi le même traitement.' -'Mon père était assigné chez lui. Après quelques mois, il a été transféré dans un immeuble appartenant au ministère du Renseignement. Notre famille pense que c'était pour lui mettre la pression. Il a tenu bon pendant deux ans et demi en vivant seul dans un petit appartement avec un confort et un équipement basique. Sans soleil et sans air frais, il a souffert de crises d'asthme et de rachitisme. Ces huit derniers mois, il a subi quatre opérations chirurgicales. Le régime a alors constaté que ce type de détention lui ruinait la santé. Et il a été autorisé à retourner chez lui, toujours sous résidence surveillée.' -'Quand des personnes sont ainsi coupées du monde, la nourriture est un problème. Qui est autorisé à fournir des vivres à votre père ?' -'Le ravitaillement est de la responsabilité de ma famille. Ma mère a le droit de sortir de la maison pour faire des courses. Mais quand il était dans l'immeuble des services secrets, ce sont eux qui s'en occupaient et qui présentaient l'addition à ma famille, qui devait payer. Ils lui donnaient des denrées non-cuisinés et pendant une courte période, ils lui ont fourni des plats cuisinés parce qu'il était seul.' -'Qui est autorisé à lui rendre visite ?' -'En ce moment, mes frères, leurs femmes et leurs enfants ont le droit de le voir. Chaque rencontre dure entre une heure et demi et deux heures. Un de mes frères cependant est été interdit de visite parce qu'il lui avait raconté les dernières nouvelles de la politique nationale. Il a été privé de visite pendant plus d'un an.' -'Etes-vous en contact avec des associations de défense des droits de l'Homme ?' -'Nous avons alerté certaines ONG au sujet des conditions de détention de mon père et de Monsieur Mosavi il y a déjà plus de trois ans. Mais rien ne s'est passé. Pourtant le devoir de chaque organisation de défense des droits de l'Homme est d'exposer publiquement les injustices partout dans le monde. Nous n'avons aucun contact non plus avec les organisations gouvernementales. Pourtant on peut s'attendre aussi à ce que ce genre d'institutions se mobilise pour le cas de mon père.'
International
Une photo du président iranien Mahmoud Ahmadinejad prise lors des funérailles d'Hugo Chavez le 8 mars à Caracas (Venezuela) choque les conservateurs iraniens.
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