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La candidature du président iranien Hassan Rohani pour un deuxième mandat est validée alors que celle de l'ancien président Mahmoud Ahmandinejad est rejetée. Le Conseil des gardiens de la Constitution a retenu six candidatures, dont celle du conservateur religieux Ebrahim Raissi, un proche de l'ayatolah Ali Khamenei considéré comme une figure montante au sein du pouvoir. Le guide suprême Ali Khamenei n'était pas favorable à la candidature de Mahmoud Ahmadinejad, l'ancien président ultra conservateur qui avait créé la surprise en annonçant le 12 avril vouloir participer à l'élection présidentielle du 19 mai.
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L'Iran élira son nouveau président le 19 mai. L'ancien président Mahmoud Ahmadinejad a annoncé qu'il pose sa candidature, ce qui serait son troisième mandat. Sa réélection contestée en 2009 a déclenché les plus grandes protestations nationales depuis la révolution 1979. Javad Montazeri d'Euronews l'a rencontré peu avant l'annonce par le Conseil de Gardiens de la Révolution, en charge de valider la désignation des candidats pour l'élection présidentielle. Javad Montazeri, Euronews : 'Docteur Ahmadinejad, bonjour et merci de répondre aux questions d'Euronews. Puis-je commencer en vous demandant quels changements vous avez pu constater en Iran depuis la fin de votre dernier mandat ?' Mahmoud Ahmadinejad : 'Au nom de Dieu, je voudrais saluer vos auditeurs et téléspectateurs, vous-même et vos collègues. Il y a beaucoup de différences entre le passé et le présent. Le monde change constamment . Aucun jour n'est le même dans la vie d'un individu et la même règle s'applique aux nations. Cependant, je ne pense pas que nous sommes devenus plus forts politiquement ou économiquement.' Euronews: 'Un des problèmes pendant votre présidence était les sanctions économiques et internationales qui ont été dures pour l'économie du pays. Après l'accord sur le nucléaire, il a été dit que beaucoup de sanctions ont été soulevées et que les problèmes étaient résolus. Je voudrais vous demander votre avis sur l'accord portant sur le nucléaire.' Mahmoud Ahmadinejad: 'C'est un accord légal qui a été signé entre l'Iran et plusieurs pays. En Iran, il a été approuvé par des institutions officielles et le Leader Suprême a annoncé son engagement. Donc, c'est maintenant un document légal. Mais en termes des espérances qui ont été créées et les entretiens portant sur le nucléaire, il a été présenté comme s'il allait résoudre tous les problèmes du monde et que toutes les sanctions de l'ONU aussi bien les sanctions illégales unilatérales et collectives sur l'Iran seraient levées, que les relations seraient rétablies et que chaque problème serait résolus. À mon avis, on n'a pas donné les informations exactes à la nation. Et ensuite nous avons vu que ce qui avait été dit ne s'est pas réalisé. Les sanctions ont continué, de nouvelles sanctions ont été imposées, certaines ont été prolongés. Dans l'accord, la capacité d'un suivi légal n'a pas été prévue.' 'Je pense que partout où des accords mondiaux atteignent un tel niveau, on doit fournir au peuple les véritables informations et on doit leur demander leur avis parce que, au final, ce sont les gens qui sont affectés. Mais selon l'Agence internationale de l'énergie atomique, les Iraniens ont accompli leurs engagements mais l'autre partie, non, et je pense qu'ils devraient le faire.' Euronews: 'Pourquoi avez-vous décidé de faire un pas en avant et vous présenter pour la troisième fois pour un mandat de président? Il y a quelque temps, le leader iranien l'Ayatollah Ali Khamenei vous a déconseillé de participer aux élections. Après cela, vous lui avez envoyé une lettre annonçant formellement que vous n'aviez aucune intention de déposer votre candidature à l'élection. Alors pourquoi avez-vous décidé de vous présenter finalement à la présidence? Beaucoup voient votre décision comme un défi à l'Ayatollah Khamenei. Quelle est votre réponse à cela?' Mahmoud Ahmadinejad: 'Vous savez, c'est le devoir de chaque individu de participer à la vie de la société. Et on ne peut pas imposer à quelqu'un ne pas y participer. Il y a de la liberté en Iran. Quelqu'un qui a une idée et un plan peut participer et se soumettre aux votes des gens. Quelqu'un qui pense qu'il ou qu'elle peut faire quelque chose, peut faire un meilleur travail ou a de meilleures idées pour diriger le pays et lui faire faire un pas en avant, et je ne suis pas une exception. Comme j'ai dit le jour de l'enregistrement de ma candidature, le Leader de la Révolution n'a pas rendu une ordonnance, il a donné un conseil, en précisant ' Nous ne disons pas aux gens de participer ou non '. En plus, la situation a totalement changé. Ce n'est plus bipolaire, mais multi-polaire. De toute façon, j'ai annoncé le jour de l'enregistrement que je m'engageais avec mon ami et Frère Hamid Baghaei, mon ancien Vice-Président.' Euronews: 'Etes-vous confiant pour votre candidature, et qu'elle sera approuvée par le Conseil des Gardiens?' Mahmoud Ahmadinejad: 'Il n'y a aucune raison... (interrompant Javad) Pourquoi donc?' Euronews: 'le Leader a clairement a soutenu votre candidature aux élections de 2009. Il semble aujourd'hui que vous n'avez pas le même soutien qu'à l'époque. Qu'en pensez-vous ?' Mahmoud Ahmadinejad: 'Il a soutenu chaque gouvernement et soutient le gouvernement actuel. S'il n'avait pas été là, le gouvernement actuel n'aurait pas pu signer l'accord sur le nucléaire ou avancer dans ses projets.' Euronews: 'Ma question suivante porte sur vos deux candidats rivaux principaux de l'élection 2009. Que pensez-vous au fait qu'ils sont toujours sous l'assignation à domicile, huit ans après l'élection ?' Mahmoud Ahmadinejad: 'Je l'ai dit auparavant, je n'aime pas que quelqu'un, et cela n'importe où dans le monde, soit en détention ou en prison. Je n'aime pas ça.' Euronews: 'C'est tout ce que vous avez à répondre ?' Mahmoud Ahmadinejad: 'Vous m'avez demandé mon avis et je vous l'ai dit: non, je n'aime pas ça, et c'est mon avis.' Euronews: 'Dans les médias et dans quelques cercles politiques, il est dit que votre candidature ainsi que celle de votre ancien vice-président M. Baghaei ne sont pas sérieuses et qu'elles sont simplement une tentative pour gagner une sorte d'immunité contre les charges de corruption politique et économique ? Que répondez-vous à ces critiques ?' Mahmoud Ahmadinejad: 'Vous savez j'ai une remarque d'ordre général pour les politiciens du monde entier. Pour être impliqué dans la politique, vous devez être véridiques, avoir des valeurs humaines et morales. Le recours à d'autres moyens ruinera le travail en politique. Les mensonges, les accusations, répandent des rumeurs qui sont très mauvaises. Nous avons des rivaux à l'intérieur du pays qui ne savent rien faire d'autre que de nous saper. Ils lancent des accusations contre nous sans aucune preuve. Heureusement, grâce à Dieu, aucune preuve n'a été présentée pour l'instant, autant dire qu'elles n'existent pas tout simplement.' 'La vie de M. Baghaei a été scrutée minutieusement. Beaucoup de commissions et de groupes institutionnels différents ont examiné son profil mais rien n'a pu être trouvé sur lui. Cependant, il y a quelques personnes qui pensent que, en retransmettant des informations fausses, ils peuvent les faire ressembler à la réalité. Il n'y a aucune procédure légale contre lui. Quelqu'un peut être le sujet d'accusations, mais il n'est pas difficile de faire valoir un argument contre quelqu'un. Vous devez simplement déposer une plainte, obtenir un numéro d'enregistrement et c'est le début d'une procédure légale. Mais ceux qui ont déposé n'ont pu prouver quoi que ce soit contre moi, M. Baghaei ou mes amis, et ils ne pourront jamais faire ainsi.' Euronews: 'Vous venez d'une faction ultra conservatrice, les Principlists, mais aujourd'hui...' Mahmoud Ahmadinejad (interrompant): 'Qu'entendez-vous par ' faction Principlist ' ?' Euronews: 'La faction qui se fait appeler ainsi...' Mahmoud Ahmadinejad: 'Ce n'est pas ça. Les Principlists ne m'ont pas soutenu du tout. J'ai toujours été lié à différents politiciens différents et au peuple sans jamais changé ma manière d'être. Mais si par Principlist vous voulez dire être engagé sur un ensemble de principes, alors vous pouvez le dire, à coup sûr. Je suis très engagé sur un ensemble de principes et de valeurs, et je ne suis pas enclin à les abandonner pour des rivalités politiques. Enfin, mon but est d'améliorer la situation pour le peuple, mon pays et le monde.' Euronews: 'Pensez-vous être populaire dans la société iranienne ?' Mahmoud Ahmadinejad: 'J'ai une bonne relation avec le peuple. Vous devez regarder dans votre propre propre coeur pour trouver la réponse. Si vous aimez les gens, les gens vous aimeront en retour.' Euronews: 'Je veux dire : si vous obtenez l'approbation du Conseil des Gardiens, pensez-vous que cela vous fasse gagner en popularité ?' Mahmoud Ahmadinejad: 'Oui, je pense que les gens me donneront leur confiance' Euronews: 'Vous avez envoyé une lettre à M. Trump après qu'il son élection à la Présidense des États-Unis. Que contenait cette lettre et avez-vous obtenu une réponse ?' Mahmoud Ahmadinejad: 'Vous n'avez pas lu cette lettre?' Euronews: 'Si, mais je veux l'entendre de votre bouche.' Mahmoud Ahmadinejad: 'M. Trump a fait des revendications et des promesses. Je lui ai rappelé ses promesses et lui ai expliqué comment il pourrait les accomplir. Je l'ai fait comme un devoir humain. Nous tous avons un tel devoir, à rappeler aux autres. Je l'ai fait comme un devoir. Cela n'a pas d'importance s'il l'accepte ou pas - j'ai fait mon devoir. Je lui ai dit quelle façon est juste et quelle façon est mauvaise.' Euronews: 'Et a t-il répondu?' Mahmoud Ahmadinejad: 'Je ne m'attends pas à ce qu'il me réponde, c'est de la diplomatie publique et la diplomatie publique n'exige pas la réponse exclusive. L'idée est de s'adresser au monde entier en visant une personne.' Euronews: 'A propos de la situation en Syrie, après la récente attaque de missile américaine. Où pensez-vous que cela va mener?' Mahmoud Ahmadinejad: 'Je pense que M. Trump a choisi le chemin de la guerre malgré les promesses qu'il a faites à son peuple. Je l'ai déjà dit et je le dis à nouveau : cette guerre mènera certainement à la chute de l'hégémonie américaine dans le monde.' 'Je crois qu'il y a beaucoup de raisons à cela mais je l'expliquerai une autre fois.' 'L'Iran, les Etats-unis, la Russie, l'Arabie Saoudite, la Turquie - nous tous doivent se donner la main pour travailler à la sécurité, au dialogue et à la paix en Syrie. Et deuxièmement, pour aider à accomplir la volonté et la souveraineté du peuple syrien. Nous devons respecter la souveraineté syrienne et laisser le peuple choisir ce qu'ils veulent et nous devrions accepter leur choix. Personne, personne n'est au-dessus du peuple Syrien, personne.' Euronews: 'Comment avez-vous passé votre temps depuis la fin de votre mandat?' Mahmoud Ahmadinejad: 'J'étudie, j'enseigne à l'université. Je poursuis des recherches dans mes champs d'études politiques, économiques et internationaux. Une partie considérable de mon temps est consacrée à rencontrer des gens ordinaires aussi bien que des personnalités nationales ou internationales. Je fais aussi de l'exercice physique, je voyage et il m'arrive aussi de m'amuser...' Euronews: 'Merci Dr. Ahmadinejad.'
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A quelques jours de l'élection présidentielle en Iran, Euronews a rencontré l'ancien président ultraconservateur Mahmoud Ahmadinejad. A 61 ans, il a créé la surprise en s'inscrivant pour la présidentielle malgré l'avis contraire du guide suprême l'ayatollah Ali Khamenei. Il évoque l'accord trouvé avec les Etats-Unis et 5 grandes puissances sur le nucléaire. 'À mon avis, on n'a pas donné les informations exactes à la nation. Et ensuite nous avons vu que ce qui avait été dit ne s'est pas réalisé. Les sanctions ont continué, de nouvelles sanctions ont été imposées, certaines ont été prolongés. Dans l'accord, la capacité d'un suivi légal n'a pas été prévue', a expliqué Mahmoud Ahmadinejad. Notre journaliste, Javad Montazeri, a aussi pu l'interroger sur les conséquences de l'attaques américaine en Syrie. 'Je crois que Monsieur Trump a choisi la voie de la guerre au lieu des promesses qu'il avait faites au gens. Je l'ai dit avant et je le répète : cette guerre conduira sûrement à la fin de l'hégémonie mondiale des Etats-Unis. L'Iran, les Etats-Unis, la Russie, l'Arabie Saoudite, la Turquie, nous devons tous oeuvrer main dans la main pour travailler principalement sur la sécurité, le dialogue et la paix en Syrie. Et ensuite, pour aider à réaliser la volonté et la souveraineté du peuple Syrien', a déclaré Mahmoud Ahmadinejad.
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Mahmoud Ahmadinejad veut-il reconquérir le pouvoir ? Selon l'agence Associated Press, qui a fourni des images de l'ancien président iranien prises ce lundi à Téhéran, Ahmadinejad a lancé une campagne politique alors que des élections législatives sont prévues en février. En juin, des médias iraniens indiquaient déjà que d'anciens ministres d'Ahmadinejad, avaient créé un mouvement politique dans ce but. D'après Mehrdad Khadir, journaliste d'un site d'information sur internet Asr Iran, être au pouvoir est d'une importance cruciale pour Ahmadinejad. 'Il n'a pas de soutien parmi les citoyens de la classe moyenne dans les grandes villes, et même dans les petites. Mais les classes inférieures qui sont facilement attirées par de simples slogans, pourraient apprécier encore le style d'Ahmadinejad, même s'ils ne le préfèrent pas forcément en tant que personne'. Mahmoud Ahmadinejad a été un président controversé de 2005 à 2013. Une ère marquée notamment par la répression de la contestation postélectorale de 2009. Selon Mehrdad Khadir, le guide suprême 'pourrait saluer une participation de l'ancien président aux élections si cela ravive la concurrence, crée de l'enthousiasme et si' Ahmadinejad n'est pas soupçonné 'de corruption', comme l'ont été deux de ses anciens proches. Avec AP
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Cela fait 3 ans et 5 mois que les trois dirigeants du Mouvement vert iranien vivent sous résidence surveillée. Parmi eux, Mehdi Karoubi, un des initiateurs de ce mouvement né au lendemain de la réélection de Mahmoud Ahmadinejad en juin 2009. Mehdi Karoub est assigné à domicile depuis février 2011, accusé par le régime d'avoir organisé des manifestations à Téhéran dans le sillage des protestations dans le monde arabe. Notre envoyé spécial a rencontré son fils, Mohammad Taghi Karoubi, le fils de Medhi Karoubi. Il est professeur de droit à Londres. -'Monsieur Karoubi, bienvenue sur Euronews'. -'Votre père est assigné à résidence depuis février 2011. Le ministre de la Justice et le maire de Téhéran ont tous les deux déclaré que le cas de votre père était désormais entre les mains du Conseil national de sécurité. Récemment, un parlementaire iranien a déclaré que le Guide Suprême lui avait lui-même dit que si les dirigeants du Mouvement vert étaient jugés, le verdict serait très dur. Pourquoi la République islamique n'agit-elle pas dans la transparence ?' -'Depuis le début, l'attitude du régime envers les leaders du mouvement de contestation n'est pas claire. C'est dû en partie au fait que la police secrète en civil est placée sous la responsabilité du régime. Or ce sont des hommes de la police secrète qui ont récemment agressé mon père à son domicile, mettant le feu à la porte et jetant une grenade à percussion à l'intérieur.' 'Alors d'une part le régime ordonne ce genre d'actions et d'autre part il n'assume pas ses responsabilités et évite toute évocation officielle des dirigeants du Mouvement vert.' 'A cet instant, personne n'a officialisé l'assignation à résidence des leaders du Mouvement. Le chef de la police et d'autres officiels ont déclaré que cette action ne s'était pas faite sous leur responsabilité.' 'Récemment, c'est finalement le Guide Suprême qui a déclaré que ce genre de cas était de son ressort. Cela n'est pas étonnant pour nous mais cela prouve que cette affaire concerne les plus hauts niveaux du régime.' -'Votre père insiste sur le fait qu'il est prêt à répondre aux questions de la Justice pour se défendre de ce dont on l'accuse. Mais le Guide Suprême rétorque qu'il a commis un délit gravissime, tout en rappelant que le régime a toujours traité justement votre père et ses camarades. Pensez-vous que le Guide Suprême va agir sans s'embarasser d'un procès ?' -'La constitution iranienne applique le principe de la présomption d'innocence tant qu'un tribunal n'émet pas de jugement. Depuis qu'il a été assigné à résidence, mon père a dit à plusieurs reprises qu'il était prêt à être jugé dans le cadre d'un procès ouvert et accessible au public, en respect de l'article 168 de la constitution. Mais pour cela, il doit être autorisé à parler en public. Or le régime refuse toujours que mon père puisse d'exprimer librement.' 'Le Guide Suprême a dit que les leaders du Mouvement vert étaient coupables alors que leur cas n'a pas encore fait l'objet d'un procès. C'est un procès et un procès seulement qui doit déterminer s'ils sont coupables et déterminer leur peine s'ils sont coupables. Le Guide Suprême a déjà imposé son verdict.' 'Pourtant il dit à qui veut l'entendre que le régime a toujours été bienveillant à l'encontre des dirigeants du Mouvement. Or tout montre que cette affaire n'a jamais été confiée aux instances judiciaires. La Justice n'est pas indépendante,encore moins dans ce genre de cas, parce que les opposants ont le pouvoir d'influencer le peuple iranien.' -'L'an dernier, l'élection présidentielle a porté des modérés au pouvoir. Le peuple est descendu dans la rue et on a pu entendre des chants qui mentionnaient les noms des dirigeants du Mouvement vert. Que cherche à faire le régime en maintenant ces assignations à résidence ?' -'Après avoir arrêté les figures de l'opposition, le régime a utilisé la propagande habituelle et les médias d'Etat afin de leur coller une image négative. Ils ont été accusés sans pouvoir se défendre. Les leaders étudiants et les activistes étaient en prison, ils n'ont pas pu réagir.' 'L'énorme erreur historique commise par le régime a été d'essayer de laver le cerveau de la société iranienne en chargeant les dirigeants de l'opposition. Mais cette stratégie a échoué parce qu'aujourd'hui leur popularité est grandissante.' -'Revenons à l'assignation à résidence de votre père. Au départ, il était chez lui avant d'être transféré dans un appartement des services de renseignement. Aujourd'hui, il est de retour à son domicile. Pourquoi tous ces mouvements ? Mir Hossein Mosavi et Zahra Rahnavard, qui sont eux aussi assignés à résidence, n'ont pas subi le même traitement.' -'Mon père était assigné chez lui. Après quelques mois, il a été transféré dans un immeuble appartenant au ministère du Renseignement. Notre famille pense que c'était pour lui mettre la pression. Il a tenu bon pendant deux ans et demi en vivant seul dans un petit appartement avec un confort et un équipement basique. Sans soleil et sans air frais, il a souffert de crises d'asthme et de rachitisme. Ces huit derniers mois, il a subi quatre opérations chirurgicales. Le régime a alors constaté que ce type de détention lui ruinait la santé. Et il a été autorisé à retourner chez lui, toujours sous résidence surveillée.' -'Quand des personnes sont ainsi coupées du monde, la nourriture est un problème. Qui est autorisé à fournir des vivres à votre père ?' -'Le ravitaillement est de la responsabilité de ma famille. Ma mère a le droit de sortir de la maison pour faire des courses. Mais quand il était dans l'immeuble des services secrets, ce sont eux qui s'en occupaient et qui présentaient l'addition à ma famille, qui devait payer. Ils lui donnaient des denrées non-cuisinés et pendant une courte période, ils lui ont fourni des plats cuisinés parce qu'il était seul.' -'Qui est autorisé à lui rendre visite ?' -'En ce moment, mes frères, leurs femmes et leurs enfants ont le droit de le voir. Chaque rencontre dure entre une heure et demi et deux heures. Un de mes frères cependant est été interdit de visite parce qu'il lui avait raconté les dernières nouvelles de la politique nationale. Il a été privé de visite pendant plus d'un an.' -'Etes-vous en contact avec des associations de défense des droits de l'Homme ?' -'Nous avons alerté certaines ONG au sujet des conditions de détention de mon père et de Monsieur Mosavi il y a déjà plus de trois ans. Mais rien ne s'est passé. Pourtant le devoir de chaque organisation de défense des droits de l'Homme est d'exposer publiquement les injustices partout dans le monde. Nous n'avons aucun contact non plus avec les organisations gouvernementales. Pourtant on peut s'attendre aussi à ce que ce genre d'institutions se mobilise pour le cas de mon père.'
International
Une photo du président iranien Mahmoud Ahmadinejad prise lors des funérailles d'Hugo Chavez le 8 mars à Caracas (Venezuela) choque les conservateurs iraniens.
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