Si vous entrez dans une machine à remonter le temps pour retrouver la trace de vos ancêtres, un conseil : n’allez pas au-delà du XIIème siècle. 

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Avant cette date les noms de famille étaient généralement réservés aux grandes lignées, le commun se contentant d’un prénom. Ce dernier était associé à celui du père si plusieurs personnes vivant au même endroit portaient le même prénom. Ainsi, vos ancêtres ont pu s’appeler Marc (prénom) de Luc (prénom de votre père), Noëlle de Jean… On pouvait aussi désigner les individus en accolant le lieu de naissance à leur prénom (Jean de Nemours, Thomas l’Ariègeois…), à une particularité physique (Martin Lebègue) ou à un métier (Philippe Boucher, etc.). 

 

A partir du XIIème siècle, pression démographique oblige, cet usage se généralise. Les noms issus de prénoms (Martin, Jean…) de lieux (Lebreton..) de professions (Maréchal..) de surnom ou de sobriquet (Leroux, Lespiègle…) deviennent la norme. Ce nom finit par se transmettre d'une génération à l'autre et, en 1474, Louis XI interdit à ses sujets de le modifier sans une autorisation royale.

 

L'apparition de l'informatique a encore changé la donne
Direction le presbytère : au XVIIème siècle, François 1er (ordonnance de Villers-Cotterêts) impose l'enregistrement des baptêmes et du nom de famille pour les catholiques. Ce registre d’état Civil est tenu par le clergé, présent sur l’ensemble du royaume. Il faudra attendre la révolution française pour que le nom de tous les citoyens soient inscrits sur les registres de l’état civil sans distinction de confession. L’enregistrement des naissances est alors confié à l’état. La loi du 6 fructidor de l’an II confirme le principe d’immuabilité du nom patronymique.

 

Toutefois, l’orthographe de ces patronymes peut encore varier et il faudra attendre 1870 et l’apparition des livrets de famille regroupant, au sein du même document, l'ensemble des informations disséminées jusqu'alors dans plusieurs registres paroissiaux ou d'état civil, pour que les choses se stabilisent. Paradoxalement, c’est l’apparition de l’informatique, à la fin du 20ème siècle, qui provoquera de nouveaux bugs dont la suppression arbitraire des signes diacritiques (signe graphique qui, tel l’accent, permettait de distinguer un nom d’un autre nom s’écrivant de la même manière) et des erreurs orthographiques, Dupond devenant parfois Dupont, etc.. 

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1 commentaire

Voilà une article qui

Portrait de a_robase

Voilà une article qui réhabilite planet. Pour une fois, il faut le signaler. Très interessant, cela a du sens et on apprend qqchose. Continuez comme ça. Merci.

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