Père d’une lignée retorse et corrompue, ce pontife fut vraisemblablement victime de son propre piège à une époque où les mœurs papales étaient dignes de celles de Néron....

Bienvenue dans l’Italie du 15ème siècle. Ce 6 août 1503, le pape Alexandre VI et son fils César se rendent chez le cardinal Adriano de Corneto pour y diner. Quelques jours plus tard, Johann Buchard, responsable du protocole et biographe d’occasion raconte : "Le samedi matin, le 12 août, le pape se sentit mal, et à 3 heures de l'après-midi il devint fiévreux". Il mourra 3 jours plus tard, avec le corps "tellement enflé qu'on ne put le mettre dans le cercueil qu'on lui destinait", témoigne-t-il en évoquant une "charogne puante".

 

Pour dissimuler cette carcasse boursouflée, on la roula provisoirement dans un tapis, pendant que ses appartements étaient livrés au pillage par des Romains fêtant sa mort à travers toute la ville. Ambiance…

 

Arroseur arrosé

Selon l’hypothèse la plus vraisemblable, le pape a été victime du gag de l’arroseur arrosé. Il aurait fait empoisonner le vin servi chez le cardinal de Corneto pour se débarrasser de différentes personnes. Et se serait finalement trompé de coupe, suite à la confusion d’un domestique. César, plus jeune et abreuvé de remèdes, en réchappera, pas son père, surnommé le "Venenator".

 

L’hypothèse d’une mort par empoisonnement est plausible (d’autres sources évoquent la malaria) tant la vie de ce prélat fut féconde en exactions : marchandage des nominations de cardinaux, empoisonnement de membres du clergé afin de récupérer leur héritage, combats de taureaux sur la place Saint-Pierre, banquet de courtisanes donné au Vatican, etc.

 

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Tel père, tel fils : l’ensemble de la famille Borgia est réputée pour sa férocité : Lucrèce, très belle, nymphomane et empoisonneuse d’occasion. Et, surtout, César, fratricide, qui tua le second mari de sa sœur et bien d’autres victimes qu’il faisait ensuite jeter dans le Tibre. A 31 ans, César finira par tomber dans une embuscade lors du siège de la ville italienne de Viana en 1507. C’est sa vie qui a inspiré le fameux "Prince" de Machiavel, publié en 1532.

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