La route doit cesser d'être une zone de non-droit

Un comité interministériel de sécurité routière (CISR) doit se tenir le 2 octobre prochain pour tenter d’endiguer la hausse du nombre de victimes de la route. Les résultats sont en effet particulièrement préoccupants. L’an dernier, le nombre de morts a augmenté de 3,5 %. Le bilan de 2015 risque de ne pas être meilleur : la hausse du nombre de tués a été de 19,2% en juillet et de 9,5 % en août. Le nombre de blessés graves (35.000 par an) est également inquiétant.

J’espère que le CISR va prendre toute la mesure du drame et que le gouvernement va envoyer aux Français un signal sans équivoque.

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On connait les raisons de ce triste bilan. Les comportements sur la route connaissent un relâchement sans équivalent depuis 10 ans. Vitesse, alcool, drogue, tous les délits sont en forte augmentation. Parallèlement,  le traitement des contraventions par radar automatique connait des ratés importants,  les peines prononcées tribunaux sont trop tardives et trop légères. Quantité de conducteurs utilisant des voitures de fonction échappent à toute sanction. La route doit cesser d’être une zone de non-droit. Il faut que tous les délinquants routiers aient demain la certitude qu’ils seront plus souvent contrôlés et plus fermement sanctionnés.

A coté d’une répression plus réactive et plus juste, les pouvoirs publics doivent aussi aider ceux qui en ont besoin. Je pense à un système de bourse pour aider les plus démunis à obtenir, dans de bonnes conditions, un permis de conduire, passeport obligé pour trouver un travail. Pourquoi pas des "chèques autoroute" permettant d’aller au travail de façon plus sûre et moins coûteuse ? Il faut qu’entreprises, assureurs, constructeurs, auto écoles montrent concrètement qu’ils ne veulent plus de ces vies brisées par la route. Le combat ne sera gagné que si on parvient à casser ce climat de lâche résignation. Le comité interministériel du 2 octobre doit lancer une mobilisation de tous.