La mort sur la route impose un état d'urgence

Le ministre de l’Intérieur, M. Bernard Cazeneuve, a annoncé très tardivement le 26 janvier, le bilan provisoire de la sécurité routière pour l’année 2015. Le nombre de morts est en hausse de 2,5 %. Le ministre attribue cette nouvelle augmentation à un accroissement de la circulation et à un manque de respect des limitations de vitesse. Il y a un an exactement, les pouvoirs publics présentaient vingt six mesures destinées à réduire le nombre de victimes sur les routes à moins de 2000 morts à l’horizon 2020.

Cette annonce en catimini, alors que les chiffres de décembre n’ont même pas été communiqués, montre l’embarras du gouvernement. Le nombre de morts n’a bien sûr qu’un rapport très lointain avec l’augmentation de la circulation. Et le relâchement des comportements date déjà de 2014 ! En réalité, ces vies perdues, c’est l’échec d’une politique. Les mesures annoncées il y a un an n’ont pas réussi à provoquer un sursaut. Elles étaient insuffisantes, parfois anecdotiques, souvent justes expérimentales. Surtout, elles n’ont pas été suivies d’une mobilisation effective des forces de l’ordre sur la route, d’une multiplication des contrôles.

On ne tiendra pas la promesse de passer en dessous du seuil de 2 000 morts par an si on continue avec des demi-mesures. Le gouvernement est maintenant au pied du mur. La situation impose là aussi un état d’urgence. Et nous devons trouver un consensus autour de mesures fortes et efficaces sur la vitesse, l’alcool, la drogue, l’incivilité au volant. Réduction des vitesses maximales, création d’une police de la route, réforme du permis, taux zéro, tout doit être mis sur la table et discuté. On ne peut plus laisser la France se vider année après année de ses forces vives. Pourquoi ne pas lancer de grandes Assises de la sécurité routière réunissant les associations et toutes les forces politiques pour dégager ensemble les mesures qui s’imposent.

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