Hausse de la mortalité routière : "Que chacun se manifeste pour dénoncer ce drame trop quotidien, trop proche de nous et trop meurtrier"

Le ministre de l’Intérieur, M. Bernard Cazeneuve, avait annoncé à l’avance que le bilan de la sécurité routière pour le mois d’août serait mauvais. Ainsi se confirme, mois après mois, la débâcle de la politique de sécurité routière, amorcée en 2014 avec la première hausse du nombre de victimes depuis dix ans. Une débâcle que les pouvoirs publics semblent pour le moment impuissants à endiguer.

Il faut cesser de mettre en cause la météo ou l’afflux des vacanciers. Pendant qu’on ergote sur des facteurs conjoncturels, le carnage continue. Ses causes profondes sont connues : le relâchement du comportement des conducteurs apparait depuis plus d’un an dans toutes les statistiques. Conduite sans permis, en état d’ivresse ou sous l’emprise de la drogue, excès de vitesse, délit de fuite : voilà ce qu’il faut combattre au lieu de scruter les nuages.

Le conseil interministériel annoncé pour le 2 octobre doit être l’occasion d’une réponse forte qui signifie à tous les conducteurs délinquants qu’ils seront plus souvent contrôlés et plus durement sanctionnés. Je propose que, pour toute infraction grave, le véhicule utilisé fasse l’objet d’une rétention administrative et soit mis en fourrière. Une sanction immédiate, automatique qui est plus dissuasive que l’attente d’une convocation tardive chez le procureur et d’une éventuelle peine avec sursis.

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Au-delà de la nécessaire répression des conducteurs irresponsables, nous ne parviendrons à rien si nous ne réussissons pas à mobiliser notre société contre un fléau qui fait chaque jour près de 10 morts et 100 blessés graves promis au handicap à vie. Commençons par inscrire le respect de l’autre sur la route dans les nouveaux cours d’instruction civique. Faisons du permis comme du brevet de sécurité routière de vraies épreuves de responsabilité en confrontant les candidats aux conséquences de l’accident, à la parole des victimes. Imposons aux constructeurs d’associer un message de prévention à leurs publicités, à l’instar de ce qui se fait dans la lutte contre l’obésité.

Je désespère aujourd’hui des responsables politiques qui, en se taisant pour des raisons électorales, se font les complices du massacre. J’en appelle donc à ceux qui exercent un devoir de vigilance, aux personnalités de la société civile, aux artistes, aux stars. Qu’ils se mobilisent, qu’ils se manifestent sur les réseaux sociaux, dans les médias pour dénoncer ce drame trop quotidien, trop proche de nous et trop meurtrier.

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