Accidents des bus scolaires : "Je ne crois pas à la fatalité"

Après l’accident qui a coûté la vie à six adolescents dans un bus scolaire à Rochefort et celui qui a vu la mort de deux autres jeunes gens dans le Doubs, le président de la République, François Hollande a, dans son intervention télévisée, rendu hommage aux victimes et déploré la fatalité. Je ne crois pas à la fatalité quand il s’agit d’accident de la route. C’est une façon trop facile de botter en touche et de justifier la passivité.

Depuis trente ans que je me bats pour les victimes de la route, j’ai toujours trouvé à l’origine de l’accident une faute de conduite, un comportement irresponsable ou une négligence. Un chauffeur de camion qui roule avec une ridelle ouverte à 90°, ce n’est pas la fatalité. Un bus scolaire qui dépasser les 70 km/h sur une route enneigée, ce n’est pas la fatalité. Plus de 3.400 morts en 2015, ce n’est pas la fatalité.

J’aimerais entendre au plus haut niveau de l’Etat un discours plus volontaire et plus engagé. Si la sécurité routière demeure encore une exigence pour ce pays, il faut éviter de parler de fatalité et de justifier ainsi l’indifférence ou le relâchement des comportements. Il faut éviter de donner raison à ceux qui pensent que la liberté de conduire se paie inévitablement par un nombre de victimes incompressible.

En Espagne comme dans d’autres pays européens, on ose se fixer pour objectif "zéro mort en 2050". Pourquoi manque-t-on, en France, à ce point d’ambition quand il s’agit de sauver des vies ?

En vidéo sur le même thème :Nouvel accident mortel de car scolaire : faut-il rendre plus sûr le transport d'enfants ? La réponse d'Alain Vidalies

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