Les Babayagas ou le pari du 'bien vieillir' (1/2)
Par Judith Azema - 23 janvier 2004
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Il était une fois trois "copines" septuagénaires de Montreuil qui avaient décidé de prendre en main leur vieillesse. Après beaucoup de péripéties, les voilà prêtes à construire leur Maison des Babayagas, première résidence "autogérée" et solidaire pour femmes âgées et engagées.
sommaire de l'article
- Les Babayagas ou le pari du "bien vieillir"
- Une idée forte : l'autogestion
"Le vrai déclic, ça a été la canicule". Après six ans de combat, la belle idée de Thérèse Clerc et ses "copines" s’apprête à devenir réalité. C’est à Montreuil qu’ouvrira en 2006 leur Maison des Babayagas, première maison de retraite "autogérée", fruit de l’imagination débordante de ces militantes de la Maison des Femmes de la ville. Et de leur volonté farouche de changer le regard de la société sur les plus âgés : "il faut arrêter de nous infantiliser !", martèle la volcanique Thérèse Clerc (76 ans), "cheville ouvrière" du projet qu’elle porte avec ses deux amies, Monique Bragard (71 ans), et Suzanne Goueffic (72 ans).
Les "Babayagas" vont gagner leur pari. Un pari aussi simple que révolutionnaire : inventer le lieu qui manque entre la solitude à domicile et la maison de retraite traditionnelle. Un pari inscrit dans l’architecture même de la Maison des Babayagas, faite pour conjuguer, sous son toit, autonomie et solidarité. Le bâtiment comptera vingt studios individuels d’une quarantaine de mètres carrés, loués par les résidentes et aménagés comme bon leur semble. Le reste de la résidence sera dédié aux espaces collectifs : de la cafétéria à la laverie, en passant par le bassin d’hydrothérapie… Le tout géré exclusivement par les résidentes. "Personne pour nous traiter de petites mamies à tout bout de champ", jubile Thérèse. "Personne pour nous manipuler. Nous sommes de vieilles bourriques et fières de l’être !", lance Monique dans un grand éclat de rire…Cette exigence d’autonomie s’adaptera, le plus longtemps possible, aux handicaps des unes et des autres quand ils surviendront. La maison n’est cependant pas prévue pour les personnes dépendantes qui devront être hébergées dans un établissement médicalisé.
Pour réguler les petits conflits du quotidien, une médiatrice extérieure sera nommée, et des réunions organisées chaque mois. "Pour qu’on puisse déballer tout ce qui ne va pas", expliquent les trois femmes, qui rêvent de faire de leur amitié le modèle de la vie chez les Babayagas. Et d’y appliquer leur principe le plus cher : "Ne jamais se coucher fâchées !".
Autre principe essentiel : la maison n’accueillera que des femmes. "Si on accepte des hommes, ils vont vouloir jouer les papas… Ou, au pire, se faire bercer", plaisantent ces féministes de tous les combats, qui précisent, espiègles : "que la maison leur sera ouverte pour les visites".
Les "Babayagas" vont gagner leur pari. Un pari aussi simple que révolutionnaire : inventer le lieu qui manque entre la solitude à domicile et la maison de retraite traditionnelle. Un pari inscrit dans l’architecture même de la Maison des Babayagas, faite pour conjuguer, sous son toit, autonomie et solidarité. Le bâtiment comptera vingt studios individuels d’une quarantaine de mètres carrés, loués par les résidentes et aménagés comme bon leur semble. Le reste de la résidence sera dédié aux espaces collectifs : de la cafétéria à la laverie, en passant par le bassin d’hydrothérapie… Le tout géré exclusivement par les résidentes. "Personne pour nous traiter de petites mamies à tout bout de champ", jubile Thérèse. "Personne pour nous manipuler. Nous sommes de vieilles bourriques et fières de l’être !", lance Monique dans un grand éclat de rire…Cette exigence d’autonomie s’adaptera, le plus longtemps possible, aux handicaps des unes et des autres quand ils surviendront. La maison n’est cependant pas prévue pour les personnes dépendantes qui devront être hébergées dans un établissement médicalisé.
Pour réguler les petits conflits du quotidien, une médiatrice extérieure sera nommée, et des réunions organisées chaque mois. "Pour qu’on puisse déballer tout ce qui ne va pas", expliquent les trois femmes, qui rêvent de faire de leur amitié le modèle de la vie chez les Babayagas. Et d’y appliquer leur principe le plus cher : "Ne jamais se coucher fâchées !".
Autre principe essentiel : la maison n’accueillera que des femmes. "Si on accepte des hommes, ils vont vouloir jouer les papas… Ou, au pire, se faire bercer", plaisantent ces féministes de tous les combats, qui précisent, espiègles : "que la maison leur sera ouverte pour les visites".
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