James Conlon, 53 ans, chef d'orchestre américain, a participé au renouveau et au succès actuel de l'Opéra de Paris dont il est le directeur musical depuis huit ans. L'une des orientations actuelles de son travail est de rendre justice aux compositeurs juifs disparus dans la Deuxième Guerre mondiale.

L'Opéra de James Conlon

A onze ans, il tombe amoureux de la musique pendant une représentation de "La Traviata", où il est allé par hasard. "Ma vie a été transformée en six mois ! Et j'ai eu beaucoup de chance de grandir à New York car j'avais l'occasion de voir et d'entendre toute la musique que je voulais."

Ensuite, deux grands artistes le remarquent et lui donnent ce petit coup de pouce qui peut décider tout le cours d'une carrière. Alors qu'il fait ses études à Juilliard, la célèbre école de musique de New York, la Callas qui l'entend répéter lui prédit un grand avenir et, grâce à elle, il dirige l'opéra annuel de l'école, cette année-là "La Bohème".

Puis Pierre Boulez, qui était alors le chef du New York Philarmonic, l'invite à être son assistant et c'est avec cet orchestre qu'il débute à New York en 1974. Le Metropolitan suivra deux ans plus tard. Depuis, il a dirigé 70 opéras différents, un record !

Il a conduit les plus grands orchestres américains et depuis les années 80 il travaille surtout en Europe, d'abord à Rotterdam, puis à Cologne et, depuis 1995, à Paris.

Pour lui, si l'opéra touche la meilleure partie de notre âme, la musique est un porte-parole de la civilisation, un rempart contre la barbarie. Une des raisons qui lui font décider de faire entendre les musiciens que la guerre a tout simplement effacé de l'histoire, en commençant par le beau-frère de Schoenberg, Zemlinski, réfugié aux Etats-Unis où il a survécu, comme Korngold, en écrivant de la musique de film pour Hollywood.

"J'aurais beaucoup de plaisir à enregistrer ma propre interprétation des symphonies de Beethoven, dit James Conlon, mais je préfère être utile en servant un répertoire ignoré. Car ces œuvres suggèrent une autre direction possible pour la musique au XXe siècle.

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Après avoir dirigé "Le Nain" de Zemlinski à Bastille, et enregistré presque toutes les œuvres de ce compositeur, il donne la parole à un Tchèque mort en 1944 à Auschwitz, Viktor Ullmann, dont il vient de diriger un extraordinaire opéra écrit dans un camp de concentration : "L'Empereur de l'Atlantide", à New York.

Il vient aussi d'enregistrer les symphonies d'Ullmann pour le label Cappricio.

> Le site de l'Opéra de Paris

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