Cela faisait partie de mes bonnes résolutions de début d'année : entretenir les relations familiales. Je décidais donc d'organiser un ''déjeuner de famille'' pour la fête pascale dans la maison de campagne.

Long week-end en famille

Paulou et moi, nous sommes partis le vendredi soir, nantis des trois chats dans leurs paniers respectifs et de sacs divers : les œufs en chocolat et autres friandises, le foie gras que j'avais fait cuire la veille, les assiettes très tendance dont je ne me servais que dans les grandes occasions, le service de verres de Bonne Maman... Bref, la transhumance. Paulou râlait parce que nous étions super chargés, Arobase, le chat miaulait parce qu'il a peur en voiture. La route étant déserte, ce qui arrive souvent à deux heures du matin, le voyage fut court.

Le samedi fut idyllique. Enfin, surtout pour ma fille cadette qui avait réussi à m'entraîner dans les magasins et à se faire offrir une paire de chaussures, de la lingerie et quelques produits de maquillage dont une squaw sur le sentier de la guerre n'aurait pas voulu. Mes courses perso se limitèrent au gigot pascal.

Premier soir = premier round. Entre mes deux filles, débat politique qui dégénéra rapidement, l'une accusant l'autre d'être une feignante assistée par ses parents, l'autre reprochant à l'une d'être une enfant gâtée logée dans un studio appartenant à papa maman. Je tranchais : égalité, vous êtes tous des enfants gâtés, alors estimez-vous contents et bouclez-la. Paulou soucieux de la syntaxe précisa "non pas gâtés, mais favorisés, n'hésitons pas à le dire". La plus jeune insulta l'aînée, Paulou leva la main pour la frapper. Gros Léon, le chat, qui sentit l'orage, détala et se cacha sous le canapé. Le reste de la soirée se passa dans un silence accablé. La nuit, je ressassais. Ai-je été une mère trop faible ? Les ai-je pourris ? Oui, oui, oui, je suis responsable...

Après une courte nuit, je me levais tôt. Pour préparer les pruneaux au lard et les feuilletés au roquefort prévus pour l'apéritif. Tout en buvant mon café au lait, vaguement écœurée.

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Ils sont tous arrivés à treize heures. Quelle belle réunion de famille : nos enfants, les frères, les belles-sœurs, les neveux, les nièces, les cousins, leurs enfants. Nos parents à tous ont disparu, c'est un peu leur mémoire que nous célébrons... Je tombe dans le mélo, la larmichette à l'œil.
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