"Metteuse" en scène ambitieuse, inclinant souvent au militantisme social, Mnouchkine est toujours à la recherche du point où ces deux composantes se croisent. Il en résulte un théâtre orienté vers les problèmes du monde contemporain et, à moindre échelle, un rôle actif assigné au spectateur.

Le théâtre-vie d'Ariane Mnouchkine

Inutile presque de le rappeler, Ariane Mnouchkine s'identifie depuis longtemps à une troupe, "Le Théâtre du soleil". Née en 1939, fille d'un producteur de films connu, c'est en 1964 qu'elle fonda le "Théâtre du Soleil", en regroupant autour d'elle des camarades d'université dont aucun n'était professionnel.

La troupe, sans moyens ni lieu fixes, sera pendant six ans accueillie dans des salles telle que la MJC de Montreuil, le théâtre Mouffetard, voire le chapiteau Médrano à Montmartre. Cependant, le succès finit par surgir, et croisa sa route une première fois en Italie, au « Piccolo teatro » de Milan, où Ariane Mnouchkine a monté la pièce "1789". De retour à Paris, sa troupe attend de pied ferme les propositions que son succès italien lui laissait présumer. En vain.

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En revanche, ils vont finir par recevoir le hangar qu'ils réclamaient pour jouer "1789" : la cartoucherie militaire de Vincennes. C'est là que la troupe d'Ariane Mnouchkine commence à faire histoire, en inventant un nouveau type de théâtre. Intégrer le public au décor comme au jeu et, pour y aboutir, en finir avec l'illusionnisme. Les spectateurs assistaient même au maquillage des acteurs, tandis que le metteur en scène ouvrait elle-même les portes du hangar.
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