Il y a 70 ans, au bord de la défaite, le dictateur entend ne pas laisser son pays aux mains des vainqueurs.

Menacé à l’est par l’Armée rouge et à l’ouest par les forces coalisées, Adolf Hitler aurait dans un dernier excès d’autorité envisagé le pire, comme l’indique le grand quotidien allemand Die Welt, repéré en France par Slate.

Nous sommes alors le 20 mars 1945 et l’armée allemande doit de plus en plus battre en retraite. Hitler sent venir la fin de son règne et écrit alors à tous les commandants de la Wehrmacht cette directive : "Toutes les infrastructures de l'armée, de transport, d'information, de l'industrie et de ravitaillement tout comme les biens matériels se trouvant à l'intérieur du territoire du Reich, que l'ennemi pourrait utiliser de quelque manière que ce soit pour mener son combat immédiatement ou dans un futur proche, doivent être détruites."

"Si la guerre est perdue, le peuple aussi sera perdu."

Non content d’avoir planifié son propre suicide, le dictateur nazi, dans un délire eschatologique, avait donc minutieusement réglé celui du peuple allemand ; "Si la guerre est perdue, le peuple aussi sera perdu.", aurait-il lancé au ministre de l’armement, Albert Speer, en lui remettant la note – surnommée par la suite "ordre de Néron", du nom de l’empereur romain qui aurait incendié la ville de Rome en 64.

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Dans ses mémoires, le ministre Albert Speer raconte comment il a tenté de raisonner le dictateur en lui affirmant que ce décret signerait "l’arrêt de mort pour le peuple allemand" qui pourrait "être ramené au Moyen-Age".

Malgré la demande réitérée d’Hitler, le ministre n’a pas suivi l’ordre et lui a avoué sa forfaiture aux tous derniers instants de la guerre. Le 30 mars, dans son bunker, acculé et fou de rage, le dictateur nazi a donc dû renoncer à sa politique de la "terre brûlée". A la place, Adolf Hitler a décidé de paralyser l’industrie allemande pour freiner l’avancée des troupes alliées non sans de nombreuses destructions d’infrastructures par la suite.

La destruction de Paris envisagée

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Deux mois et demi après le débarquement en Normandie, le 23 août 1944, Hitler avait également ordonné la démolition sporadique de la capitale française. Le général Dietrich von Choltitz, installé à Paris, avait pour ordre de raser des endroits stratégiques comme la Tour Eiffel si jamais les alliées s’approchaient de la ville afin de les retarder. Mais là encore, l’ordre ne sera pas suivi et le général se rendra aux vainqueurs.

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