Eczéma, psoriasis, pelade, urticaire, acné... Quand l'épiderme s'affole et que la récidive est au rendez-vous, le traitement local ne suffit plus. Avec la dermato-psychiatrie-psychanalyse, le docteur Danièle Pomey-Rey soigne le corps et l'esprit.

La peau, miroir de l'âme

Marie, 45 ans, a tout de la battante. De l'allure, un métier qu'elle aime, un mari, de grands enfants et l'air de savoir ce qu'elle veut. Marie ne se plaint de rien, sauf de "son" eczéma. Ces plaques qui vont et viennent sur sa peau, à l'intérieur des genoux et des coudes, "et même sur les paupières quand ça va très mal". Le dermato avait pourtant dit à sa mère que ça passerait à l'adolescence. "J'ai mis des tonnes de cortisone. C'est parti, ça m'a laissé un peu de répit et puis c'est revenu. "Tel est le genre de discours qui a conduit le Dr Pomey-Rey à se poser des questions sur son métier de dermatologue. "Je n'en pouvais plus, explique-t-elle, de prescrire toujours les mêmes traitements et de constater autant d'échecs. Il fallait trouver pourquoi les dermatoses s'installaient dans la chronicité chez certains patients".

Psychodermato, une nouvelle spécialité

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Pour essayer de comprendre, elle va privilégier le dialogue. "Je ne me suis pas contentée d'examiner la peau, j'ai demandé à mes patients ce qui n'allait pas, comme on le fait en médecine générale. Je savais qu'on ne connaissait pas les origines des maladies de peau. J'ai donc essayé de les rattacher à d'autres systèmes". Peu à peu, l'évidence s'impose. "J'ai compris que la dermatose chronique pouvait être un signal d'alarme indiquant une souffrance psychique du malade". En 1974, elle ouvre la première consultation de dermatologue-psychiatre-psychanalyste à l'hôpital Saint-Louis à Paris. A la même époque, des chercheurs confirment ce qu'elle pressentait : l'interaction très étroite entre la peau et le système nerveux.
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