Hémochromatose. L'excès de fer dans le sang. Une drôle de maladie génétique qui se soigne avec les « saignées ». Mais qui tue beaucoup parce qu'on ne la connaît pas. Fatigue intense, impuissance, diabète ou cancer du foie...N'attendez pas de « rouiller », le test de dépistage est désormais remboursé.

La maladie de la rouille

Vous vous sentez « rouillé » ? ...Vous ne croyez pas si bien dire. Vous êtes patraque, constamment fatigué, les articulations douloureuses, l'impression de peser mille tonnes. C'est l'âge, vous dit-on. Ou alors les soucis, les tracas de la vie, bref le stress. Il a bon dos, le stress. Avant de vous laisser soigner pour surmenage, voire même pour dépression. Et de sombrer dans les drogues du bonheur. Un conseil...vérifiez le taux de fer que vous avez dans le sang. Et en fonction des résultats et de vos antécédents familiaux, un test génétique de dépistage, désormais remboursé, sera être réalisé.

Si le test est positif, vous êtes atteint d'hémochromatose, une drôle de maladie qui se soigne très bien, mais qui tue encore aujourd'hui parce qu'on ignore son existence. Consultez le dictionnaire, vous ne trouverez sa trace nulle part. Quand vous citez son nom, tout le monde ouvre de grands yeux. Pourtant étymologiquement hémochromatose, ça veut dire que vous avez trop de « chrome » dans votre hémoglobine. Un excès de fer dans le sang.

Une journée nationale

L'association Hémochromatose France, qui se bat sans relâche pour la faire connaître, organise le 9 juin prochain, sa journée nationale d'information.

Et pour cause : 150 000 Français souffrent d'hémochromatose sans le savoir. Elle provoque 3 000 à 5 000 décès par an. Et coûte très cher à la Sécurité sociale alors que dépistée à temps, elle se soigne pour presque rien. Il s'agit de l'affection génétique probablement la plus répandue dans le monde, davantage même que la mucoviscidose. Rarement détectée au bon moment et très mal connue des médecins eux-mêmes, l'hémochromatose touche directement une personne sur trois cents, porteuse à la naissance des deux gènes déficients susceptibles de la développer et de la transmettre à ses descendants. En comptant les « transmetteurs » potentiels, affligés d'un seul gène à problème, c'est au total 16 % de la population française qui est concernée, avec en première ligne les seniors.

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En effet, les « dégâts » commencent à apparaître chez les hommes après quarante ans et chez les femmes après la ménopause. Les règles et les grossesses préservent les dames des atteintes de ce mal sournois pour une raison très simple : il se soigne selon la bonne vieille méthode des « médicastres » de Molière, avec des saignées !
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