Prostate, maladies cardio-vasculaires, cancers, bronchite chronique, goutte... Les hommes aussi sont malades mais ils connaissent peu la prévention et rechignent à consulter un médecin. Sauf quand la maladie est installée. C'est alors la panique ! Le point sur leur comportement face à la maladie.

La maladie au masculin

Des malades indisciplinés

"Mon corps est un jardin, ma volonté un jardinier", écrivait, il y a bien longtemps déjà, William Shakespeare. Et en matière de prévention et de dépistage, les hommes font beaucoup moins bien que les femmes. "Les hommes s'investissent moins dans leur santé que les femmes : pas ou peu de prévention et de dépistage, mauvaise observance des traitements prescrits, comportements à risque, etc. En matière de santé, les hommes sont souvent très indisciplinés", constate le Pr Claude Rougeron, professeur de médecine à la faculté de Paris Ouest.

"Pourtant, ils souffrent de pathologies spécifiques comme le cancer ou l'adénome de la prostate ou, beaucoup plus fréquentes chez eux que chez les femmes, comme la goutte, les maladies cardio-vasculaires ou la bronchite chronique... Et ils s'intoxiquent beaucoup plus qu'elles (deux fois plus de fumeurs et d'alcooliques parmi les hommes)".

Des maladies qui pourraient pourtant bénéficier de démarches de prévention simples et efficaces comme un bilan biologique régulier à partir de quarante-cinq ans, un examen prostatique dès les premiers signes urinaires ou un bilan cardio-vasculaire chez les hommes présentant des facteurs de risque (tabac, excès de cholestérol, diabète, stress, alcool, etc.). C'est souvent bien tard, parfois sur injonction de leur compagne, qu'ils se décident enfin à consulter un médecin traitant.

Prostate, coeur, goutte

"Ils attendent parfois d'avoir à se lever trois ou quatre fois dans la nuit pour faire explorer leur prostate", regrette le Pr Rougeron. Un délai sans conséquence s'il s'agit d'un adénome de la prostate (tumeur bénigne) en dehors du risque de rétention urinaire (impossibilité d'uriner). Mais ce délai peut assombrir le pronostic de cette maladie de la prostate s'il s'agit d'un cancer (tumeur maligne). Le cancer de la prostate est aujourd'hui plus fréquent (75/100 000 hommes) que le cancer du poumon (52/100 000 hommes), ce dernier étant associé jusqu'à un passé récent à la bronchite chronique et à un "alcoolo-tabagisme" important.

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"Certains hommes cumulent les facteurs de risque cardio-vasculaire, excès de cholestérol, surcharge pondérale, tabac, stress, sans y porter attention et arrivés à quarante cinquante ans, crac ! C'est l'accident cardiaque. La douleur dans la poitrine ou un essoufflement brutal les font consulter dans l'urgence car ils connaissent le sens de la gravité de ces symptômes. Et s'ils en réchappent, beaucoup d'entre eux deviennent alors plus sages vis-à-vis de leur santé. Certains vont même jusqu'à devenir hypocondriaque et régresser pour se faire prendre en charge par l'entourage ou le corps médical."