La maire de Lille est montée au créneau jeudi pour donner son avis sur le très controversé projet de révision de la Constitution porté par l’exécutif. Une fois encore, Martine Aubry s’est opposée à François Hollande et Manuel Valls.

Le débat sur la déchéance de la nationalité n’en finit pas de diviser la classe politique, y compris au sein même de la majorité. Jeudi, en marge de ses vœux à la presse, Martine Aubry y a à son tour pris part. Après avoir rendu hommage à l’action de François Hollande et Manuel Valls pour leur manière de gérer le volet sécurité de la France au lendemain des attentats de novembre, la maire PS de Lille a en effet  dérivé sur la déchéance de la nationalité. Alors que l’exécutif souhaite inscrire dans le projet de révision de la Constitution la déchéance de la nationalité pour les binationaux en cas de terrorisme, la fille de Jacques Delors s’y oppose.

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"Je m’interroge et je reste totalement perplexe sur ce débat", a-t-elle d’abord déclaré. "J’ai toujours été contre. J’entends dire : ‘C’est un symbole’. Mais de quoi ? Un symbole ça unit, ça grandit, comme le drapeau ou La Marseillaise. La déchéance, elle, stigmatise, divise et porte atteinte à l’égalité devant le droit du sol", a ensuite expliqué Martine Aubry.

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Une mesure qui pourrait être utilisée différemment par le FN Et la maire de Lille de poursuivre en mettant en garde sur les conséquences que pourrait avoir le vote d’une telle mesure par rapport à la montée du Front National : "Il ne faut pas mettre cette mesure dans la Constitution, qui pourrait être utilisée à terme par d’autres, avec une autre utilisation de ce qui est prévu aujourd’hui". Faisant fi des sondages selon lesquelles une majorité de Français est pourtant pour cette mesure, l’ex-rivale de François Hollande à la primaire PS de 2011 a repris une formule de François Mitterrand : "Ne pas gouverner avec les sondages, c’est la différence entre un homme politique et un homme d’Etat".

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