Pourra-t-on préserver son "capital audition" jusqu'à des âges avancés ? Oui, grâce, peut-être, à des recherches en cours sur le vieillissement de l'audition. Mais pour l'heure, l'espoir réside dans les performances de plus en plus pointues des prothèses auditives et de la prévention. Explications.

J'entends moins ?

"La baisse de l'audition (ou presbyacousie) avec l'âge est liée à la réduction du nombre de cellules auditives dans l'oreille interne, à un amincissement du tympan et des modifications de fonctionnement des cellules du cerveau qui concernent l'audition", explique le Docteur Sylviane Chéry-Croze, directrice de recherche au CNRS.

Même constat pour Benoît Roy, président de l'Unsaf (Union nationale des audioprothésistes français), audioprothésiste à Tours : "La presbyacousie est un phénomène de vieillissement de l'oreille qui commence beaucoup plus tôt que l'on imagine, et plus encore à notre époque. En dehors du vieillissement naturel des facultés auditives, il s'agit bel et bien d'une conséquence de la surexposition aux nuisances sonores et de l'allongement de la durée de vie. Il devient d'autant plus important de combattre l'idée reçue qu'être ''presbyacousique'' signifie être très âgé. Le phénomène de dégénérescence commence plus tôt qu'on l'imagine. Bon nombre de personnes sont atteintes de surdité entre quarante et soixante ans. 20 % des baby-boomers seraient atteins de problèmes auditifs et nous constatons souvent des surdités légères qui mériteraient d'être appareillés bien avant l'âge de la retraite."

Mais est-ce inéluctable ? Pas si sûr, car des recherches sont en cours pour ralentir la réduction du nombre de cellules auditives avec l'âge. "Ces produits anti-vieillissement de l'audition consisteront à instiller dans l'oreille interne lors d'une intervention chirurgicale des molécules protectrices et/ou anti-vieillissement... C'est le grand enjeu de la recherche pour les 10 ou 15 ans qui viennent. Cette recherche en est à la phase de laboratoire. Il faut choisir le bon produit, le donner à bonne dose, au bon moment... Bref, encore de nombreuses étapes à franchir.

Publicité
Et ces produits ne seront sans doute pas au point avant plusieurs années. Alors, d'ici là, priorité à la prévention. Réduction du nombre de traumatismes sonores pour préserver son "capital audition", pas de prise de médicaments potentiellement toxiques pour les oreilles comme certains antibiotiques et, dès que possible, correction du déficit auditif.
Publicité