Jeannie Longo cumule neuf cent trente-trois victoires, une légion d'honneur, l'ordre du mérite et sa statue de cire au Musée Grévin. Après l'incident des championnats du monde 2005, Jeannie a pris le départ de l'édition 2006 et obtenu une dix-neuvième place, synonyme, peut-être, de retraite.

Jeannie Longo : la Petite Reine

Opiniâtre et indépendante, c'est ainsi que Jeannie, quarante-huit ans le 31 octobre, se décrit. Elle revendique sa force : "Je suis dure au mal". C'est que, depuis toujours, elle a l'habitude de se battre. Elle est entrée dans la compétition sportive dès son plus jeune âge, d'abord le ski, ensuite, à vingt ans, le vélo. Une discipline traditionnellement réservée aux hommes, et où l'on n'imaginait pas qu'une femme puisse y faire carrière.

Ensuite, face à la Fédération française de Cyclisme (FFC) qui la poursuit depuis le début de sa carrière d'athlète. D'abord sur des points de réglementation, le refus d'être accompagnée par son entraîneur de mari sur les routes des courses. Qu'à cela ne tienne, Jeannie ne se laisse pas faire, elle se défend et gagne toutes ses batailles, quitte à faire la Une des journaux... Le Nouvel Observateur titrait, il y a une paire d'années : "Elle est la meilleure avec le pire des caractères"...

Un nouvel incident intervient l'année dernière, et pas des moindres : la FFC ne la sélectionne pas pour les Championnats du monde de Cyclisme 2005 à Madrid et lui a préféré Marina Jaunatre (jeune espoir) pour accompagner Edwige Pitel (alors tenante du titre). Pourtant, Jeannie restait sur une année 2004 qui la vit remporter un dix-huitième titre de championne de France sur route et finir en tête du classement des meilleures cyclistes féminines. "Blessée", "humiliée", "Longo la Cannibale" engageait un nouveau combat le 20 septembre 2005 en déposant une requête gracieuse auprès de la FFC. "A compétence égale, le critère de l'âge ne tient pas la route !", clamait Jeannie.

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Pari réussit puisque Jeannie Longo était au départ des Championnats du monde 2006 à Salzbourg, en Autriche. Une dix-neuvième place au final, juste derrière sa compatriote Edwige Pitel. La Grenobloise, qui compte deux titres nationaux de plus en 2006, devrait ainsi, enfin, tourner la page avec l'un des plus palmarès du sport français constitué essentiellement de six titres mondiaux sur route, cinq contre-la-montre et vingt-six titres nationaux.
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