Maire de Nanterre depuis 1988, Jacqueline Fraysse, 55 ans, vit une période douloureuse. Une semaine après la tragédie du mercredi 27 mars à l'hôtel de ville, qui a coûté la vie à huit de ses conseillers municipaux, elle tente de reprendre le dessus.

Jacqueline Fraysse

Surnommée "Maire courage" par Libération du 2 avril, Jacqueline Fraysse tient bon aux côtés des familles des huit victimes et des survivants. Nanterre, ville en deuil, a fermé mardi ses commerces et ses écoles pour rendre un dernier hommage aux huit disparus sur le stade municipal, le temps d'une cérémonie.

Habitante de cette ville des Hauts-de-Seine depuis sa plus tendre enfance, elle siège au conseil municipal depuis plus de 20 ans et y est élue maire pour la première fois en 1988. Mercredi dernier, elle a perdu beaucoup plus que des collaborateurs.

Fidèle représentante du parti communiste, c'est aux côtés de ses parents qu'elle prend goût à la politique. Tous deux militants d'extrême gauche formés dans la Résistance, ils collaborent durant de nombreuses années aux revues du Parti.

Jeune adulte, elle refuse la carrière d'institutrice vers laquelle sa famille la pousse. Déjouant l'autorité parentale, elle se dédie à la médecine, spécialité cardiologie. Aujourd'hui encore, elle n'a pas abandonné cette discipline et se rend deux fois par semaine à Argenteuil pour dispenser des soins dans un centre médical municipal.

Un parcours très riche qui la guide tout droit vers l'Assemblée Nationale, où elle siège depuis 1978, année où elle est élue député des Hauts-de-Seine, effectuant cependant un petit détour par le Sénat entre 1986 et 1997 en qualité de sénatrice des Hauts-de-Seine.

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Le drapeau de sa mairie est en berne depuis une semaine, et le site Internet de la ville est lui aussi plongé dans la tristesse. Un registre de condoléances a été mis en place sous forme de forum où chacun peut laisser son message de soutien personnel. L'affluence est grande, les textes longs et la douleur profonde.

Le site de la ville de Nanterre

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