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Le bilan est accablant pour l'Assemblée nationale. L'association Pour une démocratie directe a publié jeudi un rapport sur l'utilisation par les députés de leur indemnité de frais de mandat (IRFM), soit 5 770 euros bruts par mois. Et "l'enrichissement personnel" de certains parlementaires "est notoire", dénonce l'association et son président Hervé Lebreton. Alors que l'IRFM doit couvrir les notes de frais comme le train, des enveloppes ou des costumes, des dizaines de députés s'en sont servis pour devenir propriétaires de leur permanence parlementaire. Ils ont pu aussi profiter de prêts immobiliers accordés par l'Assemblée à des taux d'intérêt inférieurs de moitié par rapport au marché. Après plusieurs enquêtes de la presse, l'Assemblée a fini par réagir et ce n'est plus possible depuis quelques mois, comme le rappelle le premier questeur de l'Assemblée nationale Bernard Roman dans le magazine "Pièces à conviction" diffusé mercredi sur France 3 (extrait vidéo). Toutefois, Charles de Courson, député UDI et secrétaire de la commission des finances à l'Assemblée, a déploré sur Twitter l'absence totale de contrôle et de sanctions. Quant aux cas d'enrichissement par le passé, aucun député n'a encore été inquiété par la justice.
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A l'unanimité, le bureau de l'Assemblée nationale a décidé, mercredi, de reformer l'IRFM, l'argent de poche, très controversé, des députés. Une enveloppe de 5 770 euros, opaque et "inéquitable" pour Charles de Courson (UDI) : "Des grands élus m'ont avoué qu'ils mettaient l'IRFM dans leurs poches. Il faudrait moduler l'indemnité en fonction de la situation des intéressés, définir les frais professionnels, établir plus de contrôle et des sanctions pour ceux qui ne respectent pas." Certains députés profitent de cette indemnité pour se constituer un patrimoine immobilier. En faisant passer sur l'IRFM l'achat d'un logement, les élus deviennent ainsi propriétaire de leur permanence parlementaire. Une pratique désormais interdite par les instances de l'Assemblée. Un reportage de Germain Andrieux.
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