Vive la Hongrie !

Le peuple hongrois a dit la vérité ; la Commission européenne aurait tort de "l'exécuter". Le score est sans appel. La participation au vote est plus qu'honorable : être en-dessous de la barre des 50% va faciliter la suite technique.

Le système des "quotas", imaginé par les technocrates de Bruxelles, ne peut pas marcher et le soutien des églises chrétiennes n'y change rien. Si on les consultait en vérité, la plupart des peuples d'Europe répondraient à peu près comme le peuple hongrois. Imposer d'accueillir quelques milliers de Syriens, alors qu'ils sont plusieurs millions en quête d'asile, n'a aucun sens. Cela crée un appel d'air que les passeurs relaient et attisent auprès de populations désinformées. Cela crée des verrues qui ne peuvent qu'exacerber le rejet de la partie du monde musulman qui refuse une véritable assimilation. Ce qu'il faut, c'est aider intelligemment les pays voisins : la Jordanie, le Liban, la Turquie.

Les situations des Etats qui constituent l'Europe sont historiquement très diverses ; pour autant, le constat global est le même. Une intégration réussie ne peut être qu'un processus lent, accepté et animé par les deux parties.

Rappelons d'abord que la Hongrie a supporté le joug soviétique pendant de nombreuses décennies. Lors de l'invasion de Budapest par les chars russes, le 4 novembre 1956, l'Europe de l'Ouest n'a rien fait pour modérer les premiers successeurs de Staline. Si l'Europe de l'Est a su refuser l'assimilation soviétique, c'est à elle, et à elle seule, qu'elle le doit. C'est ce rejet, venu du fond des tripes, qui a fini par triompher de la barbarie communiste. "Chat échaudé craint l'eau froide". Il est bien normal que ce passé omniprésent influe sur la réaction face à toute intrusion, même minime, d'un corps étranger.

Les accords d'Evian prévoyaient la libre circulation des Algériens en France. C'est surtout à partir de 1970 que la France fait appel aux travailleurs algériens. Quelques années après, Giscard d'Estaing essaie de freiner cet afflux, mais la gauche, le centre et une partie de la droite chrétienne s'opposent à ce projet, essentiellement pour des raisons humanitaires altruistes. Aujourd'hui, la France commence enfin à réaliser qu'il ne suffit pas d'ouvrir ses frontières : il faut aussi organiser un accueil qui permette aux migrants de comprendre les bases du consensus français, valeurs chèrement acquises au fil des siècles, notamment dans le domaine de la séparation des religions et de l'état, de la libération de la femme et du respect de l'espace collectif.

L'Allemagne n'a pas ce passé, résidu de l'histoire coloniale. Avec des variantes et un décalage de quelques décennies, elle refait le même parcours que la France, les ressortissants africains étant remplacés par les Turcs et les Syriens. Saura-t-elle mieux les assimiler que ne l'a fait la France ? Quoi qu'il en soit, elle n'est pas habilitée à imposer au reste de l'Europe sa soif d'altruisme, un besoin que le peuple allemand lui-même commence à contester.    

Merci la Hongrie.

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