Turquie et migrants

Le problème est limpide : si on veut que la Turquie serve d'éponge et garde sur son sol deux millions d'émigrés (ou plus dans l'avenir),il faut satisfaire toutes ses exigences.

Celles-ci sont tout aussi limpides : cautionner un tyran, tolérer le massacre du peuple kurde qui, à ce jour, est le seul rempart crédible contre Daech, fermer les yeux sur les trafics entre la Turquie et Daech, ouvrir nos portes aux ressortissants turcs, émigrés dont on sera bien incapable de vérifier la nationalité. Sans oublier la cerise sur le gâteau : la parole offerte par un Turc n'a pas exactement la même signification que celle donnée par un Français ; ce commentaire n'est pas une injure mais un respect de la mentalité turque qui n'est pas la même que la nôtre, et c'est très bien ainsi.

Selon moi, accéder à de telles exigences, qui ne peuvent qu'aller en croissant, est suicidaire. Au contraire, la France doit affirmer un soutien vigoureux au peuple kurde.Et alors, que faut-il faire des migrants ? Sur ce point, aux détails techniques près, ma position n'a pas varié depuis plus quinze ans. Demander aux autres pays de retenir les migrants, pour que l'Europe ne soit pas envahie, est une option intenable et sans avenir.

"Aide-toi, et le ciel t'aidera !" C'est en France qu'il faut trouver les bonnes solutions. C'est possible. Il faut stopper provisoirement le regroupement familial. Il faut créer un statut spécifique de migrant avec des droits et des devoirs exigeants : donner, à un émigré, du jour au lendemain, les mêmes droits qu'à un Français (ou presque) est absurde et contre-productif. Vous allez me dire que je vais plus loin que Marine Le Pen : sur ce point précis, oui.

Je rappelle que j'ai fait passer des thèses à des enseignants algériens (hommes ou femmes),que j'ai modifié mes axes de recherche pour être plus efficace, que je n'ai accepté que des enseignants qui avaient déjà un poste fixe en Algérie. Former des formateurs m'a semblé un choix judicieux. Et pourtant, sur le plan strictement économique, le bilan de mon action est, au mieux, nul. Certes, il reste les relations humaines et ma réflexion personnelle. Vous pensez peut-être que je suis prétentieux. Il faut bien que j'explique que je sais un peu de quoi je parle.