A l’occasion de l’ouverture des JO de Sotchi, Google a profité d’un nouveau Doodle pour exprimer son opinion au sujet de la vive homophobie – sociale autant que politique – émanant de la Russie. Et en réfère à la Charte Olympique pour démontrer l’inadéquation de telles mesures avec l’esprit des Jeux. 

© Capture d'écran Google

Lesbiens, Google, Bi et Trans. A l’occasion de l’ouverture des Jeux Olympiques d’hiver 2014 à Sotchi, Google, visiblement sensible à la cause LGBT, en a profité pour revendiquer son opinion sur la vive polémique concernant le droit des homosexuels en Russie, et la loi anti-propagande gay qui y a été votée. Le titan de l’Internet a donc profité d’un Doodle, petits "croquis" symboliques remplaçant, le temps d’une journée, le logo Google classique, pour célébrer le lancement de cet événement sportif majeur. Mais également, avec une sobriété et une étonnante efficacité, d’aller à l’encontre de l’inquisition menée en Russie contre l’homosexualité.

Un logo aux couleurs de LGBT

Orange pour la santé, rouge pour la vie, vert pour la nature, jaune pour le soleil, bleu pour la sérénité… Six des huit couleurs du drapeau arc-en-ciel, symbole du mouvement LGBT, colorent cette insigne éphémère. Pour chaque couleur, un sport disputé à l’occasion des Jeux Olympiques est représenté.

Mais le plus frappant et le plus significatif n’est pas le logo en lui-même, mais ce qui se situe juste en dessous. Une citation de la charte olympique, emplie de sens en vue des circonstances : "La pratique du sport est un droit de l'Homme. Chaque individu doit avoir la possibilité de faire du sport sans discrimination d'aucune sorte et dans l'esprit olympique, qui exige la compréhension mutuelle, l'esprit d'amitié, de solidarité et de fair-play."

Un rappel à l’ordre relatif à la loi anti-propagande homosexuelle votée par Moscou, ainsi qu’aux nombreuses déclarations polémiques tenues par des officiels russes. Ainsi, le vice-premier ministre russe, Dmitri Kozak, s’appuyant sur la charte olympique et sur le texte dûment voté, avait mis en garde athlètes et spectateurs contre toute promotion de l’homosexualité pendant les Jeux. Dans la même idée, le maire de la ville de Sotchi, le 27 janvier dernier, avait déclaré que "l’homosexualité n’est pas admise dans la région de Sotchi." Il avait alors pondéré son propos avec force nuance, déclarant que "les gays y seront les bienvenus s’ils respectent la loi russe." Autant de propos n’allant pas véritablement dans le sens de la déclaration de Poutine, le 28 octobre 2013, qui avait alors affirmé faire "tout pour que les sportifs, les spectateurs, les visiteurs se sentent bien aux jeux Olympiques, quelles que soient leur nationalité, leur appartenance ethnique ou leur orientation sexuelle”.

Sotchi 2014, les "Jeux Polémiques" ?

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Homophobie, non-respect des droits de l’homme, catastrophe écologique, corruption, coûts faramineux, lobby, infrastructures mal faites… Les polémiques relatives à ces Jeux Olympiques sont pléthores. Une vive critique internationale qui n’est pas sans rappeler celle des Jeux Olympiques d’été de Pékin en 2008. Ces nombreux tollés ont progressivement amené un désir de boycott généralisé qui n’a pas eu lieu. La faute, très certainement, à des enjeux politiques et économiques indéniables. 

 

 

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