Surnommé "Le Borgne", le djihadiste serait à l’origine des attentats de Ouagadougou (Burkina Faso). Les Américains offrent 5 millions de dollars pour sa capture.

L’ombre de Mokhtar Belmokhtar plane sur les attentats du 15 janvier à Ouagadougou (Burkina Faso), qui ont fait une trentaine de morts. L’attaque d’un restaurant et d’un hôtel burkinabés est en effet attribuée au groupe terroriste Al-Mourabitoun, dont Mokhtar Belmokhtar en est le chef.

L’année dernière encore, deux attentats avaient été attribués à ce djihadiste influent dans le Sahel : l’attaque d’un bar de Bamako, le 7 mars, qui avait coûté la vie à cinq personnes dont deux personnes, et la prise d’otage dans un hôtel, toujours à Bamako le 20 novembre, qui avait fait 22 morts.

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"Le Ben Laden du Sahara"

Pour l’instant introuvable, Mokhtar Belmokhtar a plusieurs fois été annoncé mort. Son aura est telle que cet Algérien de 43 ans collectionne les faits d’armes et les surnoms : "Le Borgne", parce qu’il a perdu l’œil gauche en Afghanistan, "l‘émir du Sahel", "le Ben Laden du Sahara"…

Le djihadiste a été de tous les combats : contre les soviétiques en Afghanistan au début des années 1990, au sein du GIA en Algérie, et ensuite dans le Sahel où Mokhtar Belmokhtar crée son propre groupe GSPC, qui deviendra Aqmi, pour Al-Qaïda au Maghreb islamique. "Il est à l'origine de l'expansion du djihad dans le sud algérien et l'intervention de groupes djihadistes dans le nord du Mali et dans les pays du pourtour saharien", raconte Lemine Ould Salem, auteur d'une enquête sur Mokhtar Belmokhtar, Le Ben Laden du Sahara, relate L’Obs.

L’Etat islamique a mis sa tête à prix

Mais fin 2012, l’Algérien rompt avec Aqmi est créé un autre groupe de djihadistes, Al-Mourabitoune, qui sème la terreur notamment au Mali. C’est surtout pour lutter contre ce groupe terroriste que l’armée française a été déployée au Sahel, dans le cadre de l’opération Serval. Il est devenu l’ennemi n°1 de l’armée française et l’armée américaine offre 5 millions de dollars pour sa capture. Mais l’homme est aussi traqué par les armées africaines et sa tête a même été mise à prix par l’Etat islamique avec qui il est en "concurrence".

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Mais en dépit de cette traque mondiale, Mokhtar Belmokhtar reste introuvable. "Il n'est pas fou pour prendre le risque aujourd'hui d'être dans le nord du Mali, ni dans le sud algérien, ou encore dans le nord du Niger où l'armée française surveille le terrain. Le plus probable est qu'il soit en Libye car il connaît très bien le pays où il a formé de nombreux djihadistes en 1990 et 2000", explique Lemine Ould Salem.

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