Candidat officiel de la France depuis hier, Pierre Moscovici peine à convaincre en Allemagne. En outre, le manque de parité au sein de la Commission européenne pourrait avoir raison de sa candidature.

C’est la fin d’un vrai-faux suspense qui s’est jouée hier avec le choix de François Hollande de proposer Pierre Moscovici candidat au poste de commissaire européen contre la candidature d’Elisabeth Guigou. Si la préférence du président n’est pas très étonnante, le candidat Moscovici voit plusieurs obstacles se dresser devant lui avant l’obtention d’un portefeuille d’envergure. Explications. 

Le mauvais signal perçu en Allemagne

Difficile de composer en Europe sans l’approbation de nos voisins Allemands. Et le moins qu’on puisse dire, c’est que le choix de la France est très loin de faire l’unanimité outre-Rhin. "Si on nomme aux affaires économiques et monétaires précisément le ministre des Finances français qui n’a rien fait pour respecter le pacte de stabilité, c’est comme si on voulait chasser le diable avec (le démon) Belzébuth" a déclaré le 15 juillet dernier Norbert Barthle, ténor et responsable des questions budgétaires au sein de la CDU d’Angela Merkel.

Même si Pierre Moscovici peut compter sur le soutien du SPD en Allemagne, ces réserves sur sa nomination pourraient l’empêcher d’accéder à un poste stratégique. Pour se consoler, le ministre des Finances Wolfgang Schäuble, dans une interview croisée avec Michel Sapin, a concédé quelques mérites à "Mosco" lorsqu’il était ministre. C’est déjà ça…

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La parité de la Commission malmenée

Comme l’indiquent nos confrères duHuffPost, le semblant de parité de la Commission européenne (réduite à la présence de 9 commissaires femmes contre 28 commissaires hommes) est en danger avec la nomination de Pierre Moscovici. Jean-Claude Junker avait ainsi promis de faire au moins autant que son prédécesseur mais pour l’instant, une seule femme est en lice (République Tchèque).

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De surcroît Martin Schultz avait fait savoir que son groupe ne voterait pas en faveur de cette nouvelle Commission si elle ne comptait pas au moins 9 femmes dans son équipe. Ainsi, Jean-Claude Junker pourrait être contraint de revoir son casting. Et quand on sait que les concurrents Françaiss de Pierre Moscovici sont... Elisabeth Guigou et Pervenche Berès, on se dit que rien n’est encore joué pour le député du Doubs, lequel ne suscite pas un enthousiasme incroyable en Allemagne…

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