Nelson Mandela est mort jeudi soir en Afrique du Sud à son domicile. Depuis, les hommages se succèdent aux quatre coins de la planète. "Nous avons perdu l’un des êtres humains les plus importants", a estimé Barack Obama, le premier dirigeant à s’être exprimé suite à l’annonce de son décès.

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Le monde pleure Madiba. La nouvelle est tombée jeudi soir à 22h45 : Nelson Mandela est décédé chez lui à l’âge de 95 ans. "Notre bien-aimé Nelson Mandela, le président fondateur de notre nation démocratique, nous a quittés. Il est décédé en paix entouré de sa famille aux environs de 20H50 (...) Notre nation a perdu son plus grand fils", a annoncé le président Zuma le soir même lors d’une intervention en direct à la télévision.

"Il a transformé l'Afrique du Sud et nous a tous émus"Premier président noir d’Afrique du Sud et véritable icône planétaire de l’injustice, sa mort a provoqué une immense vague de réactions. Du jamais vu, évoquent certains observateurs. Cet homme qui a passé 27 en prison et en est ressorti sans aucune rancune, incarnait en effet à lui seul la lutte contre l’apartheid, l’importance du pardon et l’espoir qu’il ne faut jamais abandonner. "Nous avons perdu l'un des hommes les plus influents, les plus courageux, et l'un des êtres humains les plus profondément bons (...) sur cette Terre", a ainsi déclaré le président américain Barack Obama lors d’une allocution publique. "Grâce à sa farouche dignité et à sa volonté inébranlable de sacrifier sa propre liberté pour la liberté des autres, il a transformé l'Afrique du Sud et nous a tous émus", a par ailleurs souligné le premier président noir des Etats-Unis, avant d’annoncer que les drapeaux de son pays seraient en berne jusqu’à lundi soir. Une initiative qu’ont également pris de nombreux pays, dont la France.

"Nous devons nous inspirer de sa sagesse"De son côté, François Hollande a tenu à saluer "un résistant exceptionnel" et "un combattant magnifique". Selon lui, il a été "l'incarnation de la Nation sud-africaine, le ciment de son unité et la fierté de toute l'Afrique". Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moo a, quant à lui, déclaré : "Nous devons nous inspirer de sa sagesse, de sa détermination et de son engagement pour nous efforcer de rendre le monde meilleur". Et alors qu’en 2006 il avait demandé pardon à Nelson Mandela pour les "erreurs" que son parti a commis pendant l’apartheid, David Cameron, le Premier ministre britannique a salué jeudi soir "une légende dans la vie, et maintenant dans la mort".

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Des célébrations en Afrique du SudLes obsèques de Nelson Mandela devraient avoir lieu dans une dizaine de jours et la radio publique sud-africaine croit savoir qu’en attendant son corps a été transféré dans un hôpital militaire de Prétoria. En Afrique du Sud, la population a par ailleurs fait le choix de donner à ce deuil des airs de célébrations. Des chants anti-apartheid ou à la gloire de Madiba (le surnom de Nelson Mandela) sont ainsi repris par la foule dans les rues. "Viva Mandela" ou "Longue vie à Mandela", peut-on également entendre devant sa résidence où des milliers de personnes se massent depuis jeudi soir.

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