Marc Dutroux a écrit une lettre de 44 pages au père de l’une de ses victimes. Une lettre dans laquelle il dénonce le complot dont il prétend être victime, et qui sonne comme une nouvelle provocation du pédophile, condamné en 2004.

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C’est le quotidien belge La Dernière Heure qui publie ce mardi l’intégralité de la lettre écrite par Marc Dutroux à Jean-Denis Lejeune, le père de Julie Lejeune, l’une des victimes du pédophile. Une lettre manuscrite de 44 pages dans laquelle Marc Dutroux, qui ne s’était jamais exprimé depuis son procès, entend dire sa vérité. Le violeur, condamné en 2004 pour l’enlèvement, la séquestration et le viol de six fillettes, ainsi que la mort de quatre d’entre elles, se présente comme un père meurtri et la victime d’un complot.

« Je suis envahi de tristesse »« Chaque fois que je vous vois quémander la vérité, je suis envahi de tristesse, augmentée par le souvenir de mon impuissance à enrayer une mécanique infernale » écrit-il, avant de justifier ses crimes par la fausse couche de sa femme. « Qui peut mieux comprendre et ressentir la détresse, la révolte, la colère et tous les autres sentiments négatifs qui rongent le cœur d’un père meurtri par la mort de son enfant qu’un autre père qui endure les mêmes tourments. »

« Vous comprendrez pourquoi je dérange tant »Mars Dutroux reprend ensuite le fil du complot politico-judiciaire dont il estime avoir fait les frais et continué d’en subir les conséquences. « Vous comprendrez pourquoi je dérange tant certaines personnes insoupçonnables en découvrant tout ce qui vous a peut-être échappé jusqu’ici » écrit-il. « Je sais que cette lecture sera très pénible pour vous comme il m’est insupportable d’avoir à revivre ce qui n’a jamais cessé de déchirer ma conscience et mon cœur, avec la difficulté supplémentaire d’avoir à le faire par écrit ».

« Libéré du devoir de me taire »Marc Dutroux explique ensuite pourquoi de sa démarche ne pouvait avoir lieu avant que sa femme, Michelle Martin, condamnée à 30 ans de prison, ne bénéficie d’une libération conditionnelle en août 2012. « Comprenez bien qu’avant cette libération, il n’était pas question de répondre à vos questions légitimes tant que les réponses que je vais vous donner étaient potentiellement préjudiciables à la libération conditionnelle de la mère de mes enfants ». Il se considère aujourd’hui « libéré du devoir de [se] taire parce que la mère de [ses] enfants est enfin sortie de prison ».

Marc Dutroux propose ensuite à Jean-Denis Lejeune de se faire porte-parole d’un projet de loi. « Pour que nos enfants ne soient pas morts tout à fait pour rien, bien conscient de votre poids médiatique, je vous offre mon projet de loi (sur la reconnaissance de la citoyenneté aux enfants en gestation) qui ne vous était pas destiné » écrit le pédophile.

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« Un psychopathe insensible à la douleur » des autresUne lettre qui sonne comme la énième provocation du violeur d’enfants, dont la découverte des crimes avait profondément choqué l’opinion. Pour Isidore Pelc, psychologue de l’Université Libre de Bruxelles, Marc Dutroux agit là comme « un psychopathe insensible à la douleur qu'il peut provoquer chez autrui et aux valeurs humaines les plus minimes » a indiqué le spécialiste ce lundi soir sur RTL/TVI. « Il souhaite qu'on parle encore de lui, il fait souffrir un peu plus tout le monde, c'est tout à fait caractéristique de la manipulation d'un psychopathe ».

Vidéo : Marc Dutroux demande la libération conditionnelle