François a reçu mardi un groupe de catholiques de gauche français. Durant cet entretien, il a évoqué divers sujets tels que l'Europe, la laïcité ou encore la mondialisation. 

Invitée au Vatican, une délégation des Poissons roses, un mouvement politique d'inspiration chrétienne affilié au Parti socialiste (PS), s'est entretenue mardi avec le pape François, comme le rapporte l'hebdomadaire catholique La Vie. 

Durant cet entretien, le souverain pontife a parlé sans langue de bois, selon le journaliste Jean-Pierre Denis. Ainsi, pour parler de l'immigration en Europe, le pape a estimé qu'on pouvait aujourd'hui "parler d'invasion arabe". Pour lui, c'est un "fait social". Des paroles assumées qui ont tout de suite été nuancées positivement. "Combien d'invasions l'Europe a connues ! Et elle a toujours su se dépasser elle-même, aller de l'avant pour se trouver ensuite comme agrandie par l'échange entre les cultures", a-t-il fait savoir.

"La France doit devenir un Etat plus laïc"

Dans cette entrevue, le pape François a également évoqué le concept de laïcité et selon lui "la France doit devenir un Etat plus laïc". Le pape, qui se présente comme progressiste, parle d'une laïcité française "incomplète" comme le rapporte Jean-Pierre Denis dans la Vie. Pour le souverain pontife, la laïcité française "résulte parfois trop de la philosophie des Lumières, pour laquelle les religions étaient une sous-culture. Et la France n'a pas encore réussi à dépasser cet héritage". Il juge que le concept de laïcité dans la démocratie française est "sain", mais "une laïcité saine comprend une ouverture à toutes les formes de transcendance, selon les différentes traditions religieuses et philosophiques. La recherche de la transcendance n'est pas seulement un fait, mais un droit."

Le pape a également dénoncé le "poison des idéologies". "On a le droit d'être de gauche ou de droite. Mais l'idéologie, elle, ôte la liberté", a-t-il déclaré. 

Le pape inquiet pour l'Europe

Le pape François s'inquiète pour l'Europe. Selon lui, le vieux continent "s'affaiblit et risque de devenir un lieu vide (...) en oubliant son histoire". Pour lui, "le seul continent qui puisse apporter une certaine unité au monde, c’est l'Europe. La Chine a peut-être une culture plus ancienne, plus profonde, mais l'Europe seule a une vocation d'universalité et de service".

Pour le souverain pontife, il manque aujourd'hui des personnalités politiques capables de créer un dialogue entre les peuples : "Parfois je me demande où vous trouverez un Schuman ou un Adenauer, ces grands fondateurs de l’Union européenne."

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Le pape François n'a pas encore programmé son voyage en France annoncé l'année dernière. Il avoue mal connaître la réalité française : "Je suis allé seulement trois fois en France. […] Je ne connais donc pas votre pays. Je dirais qu’il exerce une certaine séduction. […] Dans tous les cas, la France a une très forte vocation humaniste."

En video sur le même thème : Le pape François au Mexique, après une rencontre historique avec Cyrille 

 

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