Le Hollywood Reporter assure que l'American Humane Association, chargée de veiller à la sécurité des animaux sur les tournages de films, aurait fermé les yeux sur plusieurs mauvais traitements infligés aux bêtes. Les révélations sont accablantes.

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"Aucun animal n'a été maltraité": cette affirmation est contenue dans bon nombre de films hollywoodiens. Une longue enquête de l'hebdomadaire The Hollywood Reporter, intitulée "Animals Were Harmed" ("Des animaux ont été maltraités"), remet pourtant ce label en cause. Le journal spécialisé raconte en effet comment l'American Humane Association (AHA), l'organisme chargé de superviser les tournages, dissimule souvent les mauvais traitements dont sont victimes les animaux.

Un tigre quasi noyé, des poissons tués par des explosions, des bêtes battues: malgré la mention contraire, de nombreux animaux sont maltraités voire tués dans les blockbusters américains. Dans le film Antartica, prisonniers du froid par exemple, un chien a été battu par son dresseur, rapporte le journal. Des dizaines de moutons et chèvres seraient également morts sur le tournage de Le Hobbit : un voyage inattendu. Malgré tous ces événements, la AHA a donné le fameux labe à ces films.

Problème de conflits d’intérêts

Pour le Hollywood Reporter, l'AHA souffre d'un manque cruel d'indépendance, étant en grande partie financée... par l'industrie du cinéma elle-même. "C'est fascinant et ironique à la fois: protecteurs des animaux, ils sont aujourd'hui devenus complices des cruautés infligées aux animaux", a accusé Bob Ferder, un ancien procureur de Los Angeles.

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Selon plusieurs employés de la AHA, les grands studios ne se gênent pas pour désigner eux-mêmes les représentants de l'association qui seront chargés de surveiller les tournages. "Ces représentants ne sont acceptés que s'ils ne font pas trop de vagues", a déploré l'un d'eux avant de préciser : "Ceux qui se plaignent par exemple de l'attitude d'un dresseur sont écartés du plateau. Si l'on a le malheur de défendre le bien-être animal, on est perçu comme un fauteur de troubles". En d’autres termes, la AHA ne serait une association que par son nom.

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