Le Qatar : ami ou ennemi ?

La mise en cause du Qatar et de l'Arabie saoudite revient régulièrement dans les médias et sur les réseaux sociaux français. Ces deux pays sont-ils donc gouvernés par des dictateurs sanguinaires ?

Il me semble intéressant de noter que les accusateurs les plus virulents contre ces deux Etats sont parfois ceux qui contestent les interventions qui ont conduit à la chute de Saddam Hussein ou de Mouammar Kadhafi.

Les habitants du Qatar et de l'Arabie saoudite ont le droit de choisir leur religion et de la pratiquer comme ils l'entendent. Ils ont aussi le droit d'aider financièrement ceux dont ils se sentent proches spirituellement : dans ce domaine, notre passé colonial doit nous inciter à beaucoup de tolérance. Et s'il y a des responsables politiques français qui profitent indûment des largesses d'émirs richissimes, ces derniers ne sont pas coupables : ils ne font qu'utiliser la corruption galopante d'une partie de nos "élites".  

Dans le registre des relations internationales, la priorité est de faire preuve de pragmatisme (de bon sens). Supposons, un instant, que le Qatar et l'Arabie saoudite soient dirigés par des dictateurs désaxés et mégalos : ce serait une catastrophe pour le Moyen-Orient et donc, aussi, pour le bassin méditerranéen. La diplomatie européenne doit donc tout faire pour soutenir la stabilité politique de ces deux Etats.

Le Qatar et l'Arabie saoudite investissent en France, mais ils ne cherchent pas à  usurper notre technologie et à délocaliser nos emplois. Ils n'essaient pas non plus de nous imposer une domination de fait par l'intermédiaire de traités internationaux oppressants.

Le Qatar et l'Arabie saoudite font partie des rares pays qui nous achètent, fort cher et sans conditions, du matériel que l'on a beaucoup de mal à vendre ailleurs et ce en échange de devises ou de produits pétroliers dont on a le plus grand besoin.

Selon moi, nos critiques simplistes envers certains financements, au demeurant contestables, sont un aveu de lâcheté. La libération de Mossoul est souhaitable mais elle ne modifiera en rien, ou presque, la montée du fanatisme. C'est parce qu'on n'a pas le courage moral et politique de s'attaquer aux racines du mal en France que l'on cherche des boucs émissaires à l'étranger. C'est le délitement, pour ne pas dire le pourrissement, de la France qui produit ce fumier où prospèrent les feignasses débiles. Même s'ils sont pauvres, les coins de France encore sains ne sécrètent pas de terroristes.   

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