La nouvelle est tombée mercredi : François Hollande a caché qu’il s’était fait opéré de la prostate en 2011 et ce, malgré la "transparence" qu’il revendique. Mais le président socialiste n’est pas le seul à faire des secrets autour de son état. Retour sur les tabous qui ont entouré la santé de ses prédécesseurs.

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Chut. Opéré de la prostate en 2011, quelques mois seulement avant les primaires socialistes en vue de la présidentielle de 2012, Français Hollande n’a rien voulu dire. Si bien que l’information a été tenue secrète jusqu’à ce France Info la découvre et la révèle ce mercredi. Cultiver le secret de la maladie semble ainsi être une activité que maîtrisent les présidents de la Ve République. En effet, l’actuel locataire de l’Elysée n’est pas le seul à avoir caché une intervention chirurgicale. Avant, lui Georges Pompidou, François Mitterrand et Jacques Chirac ont, eux aussi, choisi de garder secrètes les informations relatives à leur état de santé.

La "grippe" de Georges PompidouGeorges Pompidou est décédé le 2 avril 1972, de la maladie rare de Waldenström, un cancer hématologique. Avant cette date, les Français pensaient que le président souffrait de « simples grippes ». C’est en effet en ces termes que l’Elysée évoquait le mal qui rongeait le chef de l’Etat. Mais alors que dès le début des années 1970 ce dernier apparaissait de plus en plus affaibli et que son visage était défiguré par les corticoïdes, la CIA assure que sa maladie a été diagnostiquée en 1968. Les Français ont cependant dû attendre son décès, quatre ans plus tard, pour l’apprendre.

François Mitterrand falsifiait les communiqués Plus que de taire sa maladie, Français Mitterrand a même été jusqu’à mentir sur son état de santé. Atteint d’un cancer de la prostate diagnostiqué en 1981, le président a fait promettre à son médecin personnel, le docteur Claude Gubler de ne rien dire. Pire, il lui a même demandé de falsifier les communiqués sur son état de santé qu’il s’était engagé à dévoiler régulièrement. Dans Le Grand Secret, le docteur Gluber révèle ainsi que François Mitterrand ne voulait pas dire que son cancer l’empêchait de pleinement remplir ses fonctions présidentielles. Le secret aura ainsi été gardé jusqu’en 1992, date à laquelle le chef de l’Etat a dû être admis à l’hôpital Cochin de Paris. Il est décédé trois ans plus tard, le 17 mai.

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Jacques Chirac n’est plus le même depuis son AVCLe 2 septembre 2005, Jacques Chirac a été admis à l’hôpital du Val de Grâce après avoir été victime d’un accident vasculaire cérébral (AVC). Trois communiqués ont ensuite été publiés comme pour rassurer les Français. Le chef de l’Etat a subi des examens de contrôles et ceux-ci sont "satisfaisants", assuraient-ils alors. Pourtant, de proches collaborateurs de Jacques Chirac ont rapporté qu’il avait parfois des trous de mémoire et que son champ de vision était réduit. Son épouse, Bernadette, a ensuite pris le relais en affirmant que non, son mari n’avait "pas Alzheimer". Malgré tout, le doute subsiste depuis. En témoigne les apparitions de Jacques Chirac qui se font de plus en plus rares, la canne pour marcher qu’il ne lâche plus, son air fatigué et l’annonce de sa récente opération de reins. "Il grogne, donc il va bien", assure pourtant son gendre.

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