Cette fois-ci, la dette qui oppose Berlin à Athènes est allemande. Une ardoise qui remonte à l'époque de l'Allemagne nazie et avoisine les 11 milliards d'euros.

Alexis Tsipras a trouvé le moyen de défier l'Allemagne en pleine période de négociations sur la dette grecque. Si ses réclamations d'indemnités de guerre ont été rejetées en bloc, le Premier ministre grec fraîchement nommé a récemment fait valoir une autre somme dont l'Allemagne devrait s'affranchir : 11 milliards d'euros d'emprunts forcés auprès de la Banque nationale grecque par l'Allemagne nazie.

476 millions de Reichsmarks

Dans son numéro du mercredi 18 février, Le Canard Enchaîné rappelle la dernière requête du gouvernement hellénique : le remboursement de 476 millions de Reichsmarks soit 11 milliards d'euros, selon les estimations grecques. En 1942, l'Allemagne nazie avait forcé la Banque nationale grecque à lui prêter cette somme d'argent. Si les demandes d'indemnités de guerre ont été écartées par l'Allemagne au motif que le sujet était clos depuis le siècle précédent, le remboursement des emprunts semble toujours valable. D'après Les Echos, le service juridique du Bundestag, l'assemblée parlementaire allemande, a réalisé une expertise en 2013 et craint une obligation de remboursement.

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Tsipras le mal élevé

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A peine au pouvoir, Alexis Tsipras a mis le doigt sur le passé nazi du leader européen. Le Premier ministre grec n'a cessé d'envoyer des signes à Angela Merkel, en déposant notamment des roses dans un mémorial où de nombreux grecs avaient été fusillés par les allemands en 1944. S'il a eu le toupet de réclamer 162 milliards d'euros d'indemnités de guerre, une audace encouragée par neuf grecs sur dix (selon Les Echos), Alexis Tsipras n'est, a priori, pas près de s'arrêter. Notons que la dernière requête à 11 milliards d'euros s'avère plus symbolique qu'autre chose puisque de son côté la Grèce a emprunté 240 milliards aux pays européens et au FMI.

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