Il faut sauver le soldat kurde

Dans son éditorial du journal Le Point du 8 septembre, Franz-Olivier Giesbert affirme : "Ne laissons pas Erdogan génocider les Kurdes". Je suis pleinement d'accord avec cette prise de position ; Erdogan est un dictateur aussi cynique et machiavélique que les autres.

La jonction des Kurdes et des "rebelles" hostiles à Bachar-al-Assad leur aurait donné une clef du conflit. C'est cela que Erdogan voulait éviter. Son irruption brutale était donc nécessaire. Est-ce que cette mainmise sur une partie du territoire syrien va servir à attaquer Daech ou, au contraire, est-ce que cela va permettre à la Turquie la poursuite de ses trafics juteux en lui assurant le contact avec Daech ?

Un point est sûr, et Erdogan ne s'en cache pas, les chars turcs vont tout autant pilonner les positions des Kurdes que celles de Daech. A ce jour, les Kurdes sont les seuls à avoir vraiment combattu Daech avec succès sur le terrain : les abandonner au nom de considérations géostratégiques fumeuses serait une faute morale dont les conséquences à long terme ne pourraient être que catastrophiques.

La France a-t-elle les moyens militaires d'imposer son point de vue : non. Mais son poids moral reste non négligeable. Personne n'a oublié qu'elle était, à juste titre, opposée à l'intervention des Etats-Unis en Irak.

Il me semble intéressant de comparer le cri d'alarme, justifié, de FOG  avec le silence des hommes politiques ou, pire encore, avec les exhortations de notre Sainte Mère l'Eglise catholique pour qui la priorité est d'accueillir chaleureusement quelques milliers de migrants qui, en fait, auraient préféré un autre pays. Il est vrai que les Kurdes sont souvent chrétiens : les soutenir pourrait paraître du favoritisme. Je redis aussi que je ne vois pas où est la différence entre celui qui fuit la guerre et celui qui fuit la misère ou les violences.

Bref, si on ne sauve pas le soldat kurde, on aura les Turcs, Daech et le déshonneur.

Si vous êtes d'accord avec l'essentiel de ce qui précède, relayez le message de FOG : c'est peu, mais c'est mieux que rien.