Le ministre de l’immigration britannique a présenté, le 8 février dernier, sa lettre de démission à David Cameron. En cause : la femme de ménage en situation irrégulière qu’il employait depuis 2007. Planet.fr déchiffre, avec vous, le contenu de ce courrier. 

© UK Minister of State for Immigration

Douce ironie, ou quand un ministre de l’immigration emploie une femme de ménage en situation irrégulière. C’est la folle histoire qui défraye la chronique outre-Manche. Mark Harper, membre du gouvernement conservateur de David Cameron, a en effet, depuis 2007, fait appel à une technicienne de surface ne présentant vraisemblablement aucun papier valable. Une affaire l’ayant conduit, le 8 février dernier, à présenter sa lettre de démission au 10 Downing Street.

Un concours de circonstances

La missive, publiée dans son intégralité par la BBC, fait état d’un concours de circonstances infirmant toute présomption d’abus. En effet, le ministre déclare, au moment de l’embauche, avoir dûment vérifié l’identité et les papiers de sa future employée. Qui lui aurait, selon ses dires, présenté de faux documents. "Lors de ma nomination en tant que ministre de l’Immigration en septembre 2012, […] j’entrepris une inspection plus poussée de mon entourage. […] En conséquence, au début de la semaine du 20 janvier 2014, je demandais à ma femme de ménage de me transmettre les documents idoines, […] que je fis parvenir au bureau de l’immigration afin de m’assurer que tout était en règle", explique-t-il. Seulement, le résultat de l’investigation ne fût pas de la nature escomptée : "Je fus informé le 6 février que ma femme de ménage ne bénéficiait pas, en réalité, du statut de résident à durée indéfinie sur le territoire."

Une faute suffisante, selon lui, pour présenter sa démission : "Bien qu’ayant été de tous temps en accord avec la loi, je considère que, en tant que ministre de l’immigration présentant un projet de loi au Parlement visant à durcir nos lois sur l’immigration, il est de mon devoir de m’imposer des exigences plus fortes que les autres. […] En vue des circonstances, j’en ai donc conclu que la meilleure décision pour moi serait de me retirer."

Une décision "honorable" qui interroge

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Ce retrait surprenant, bien que salué par Cameron qui l’a qualifié d’"honorable", ne fait pas l’unanimité quant à la véracité des motifs avancés. Ainsi, Damian Thompson, éditorialiste du journal The Telegraph, a suggéré l’hypothèse d’un lien avec la très polémique campagne Go Home ("Rentre chez toi"). Menée l’été dernier par le gouvernement, celle-ci consistait en une campagne de communication particulièrement agressive visant à inciter les étrangers en situation irrégulière à se rendre aux autorités, ce dans le but d’économiser le coût des expulsions standard. Une démarche très vivement critiquée qui accusa un échec des plus cuisants, ne chiffrant que 11 départs volontaires avant son annulation. 

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