Exit David Cameron

Quoi qu'il advienne du Brexit, David Cameron est coupable. C'est lui qui a promis un référendum sur un éventuel Brexit et il l'a fait pour des motifs purement politiciens. Il n'a pas hésité à prendre un pari risqué sur l'avenir de son pays, et donc de l'Europe, pour un espoir de bénéfice strictement personnel.

Est-ce grave ? Oui. Malheureusement, cet égoïsme est de plus en plus fréquent chez nos dirigeants politiques, et c'est bien de tels comportements qui incitent la base populaire à ne plus avoir confiance en ses élites.

Dans ce domaine, la France n'a pas de leçon à donner, bien au contraire. Le "gentil François Hollande" a cru opportun d'instrumentaliser "la déchéance de nationalité" puis "la loi Travail" : deux fiascos spectaculaires.

Mais il y a eu bien pire. Le 2 janvier 1956, la gauche arrive au pouvoir. Elle choisit d'être incarnée par le "gentil Guy Mollet", mais personne n'est dupe ; en ces temps-là, il n'y avait que deux leaders incontestés : Pierre Mendès France et François Mitterrand. Le premier était partisan d'une transition, si possible pas trop violente, vers l'indépendance de l'Algérie. Le 23 mai 1956, il démissionne du gouvernement Guy Mollet qui a durci sa position face au soulèvement algérien. Pour Mitterrand, le "bon choix" politicien s'imposait : prendre le contre-pied de Mendès France et soutenir la marionnette Guy Mollet, avec l'accord d'une partie de la droite. On connaît la suite. Ministre de la justice, il cautionnera l'exécution de leaders indépendantistes.

Et pourtant, François Mitterrand a été, pendant quatorze ans, un président de la République française pas plus mauvais que Nicolas Sarkozy ou François Hollande : il serait donc prématuré d'enterrer politiquement David Cameron. On peut seulement lui souhaiter une "traversée du désert" salutaire.

Et le Brexit ? L'Allemagne et la Grande Bretagne sont bien décidées à prendre leur temps et les moulinets politiciens de François Hollande, et d'autres, n'y changeront rien. Les optimistes pensent qu'il faudra une dizaine d'années pour remettre les pendules à l'heure. On a donc le temps d'en reparler.

A court terme, il y a un signe qui ne trompe pas : les réactions de la bourse restent relativement modérées.   

En vidéo sur le même thème : Brexit : l'unité de la Grande-Bretagne en question

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