Une jeune femme tente d’empêcher son violeur d’exercer le droit de visite qu’il a demandé à la justice de lui accorder. Une situation qui paraît irréaliste en France, mais que la loi autorise pourtant dans pas moins de 31 états américains.

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L’histoire a tout du scénario d’un mauvais téléfilm, mais pour H.T., une jeune femme de 18 ans, il ne s’agit pas d’une fiction. En 2009, alors qu’elle était âgée de 14 ans et se trouvait seule chez elle, elle est violée par Jamie Melendez, 20 ans. Quelques mois plus tard, la jeune fille donne naissance à une petite fille, conçue lors de l’agression. En 2011, Jamie Melendez est reconnu coupable de viol et est condamné à 16 ans de liberté conditionnelle. Mais lorsque la justice lui a ordonné de verser à la mère de l’enfant une pension alimentaire, le violeur a demandé à pouvoir exercer ses droits parentaux, et notamment à bénéficier d’un droit de visite, rapporte le magazine Vice

31 états américains autorisent les violeurs à demander des droits sur les enfants issus nés des agressionsDans le Massachussetts, où se sont déroulés les faits, ainsi que dans 30 autres états américains, la loi n’interdit en effet pas à un violeur de demander la garde de l’enfant né de l’agression. H.T. se bat donc aujourd’hui pour empêcher que Jamie Melendez puisse voir sa fille, et éviter qu’elle ne retrouve liée à lui pour de nombreuses années. « Ma cliente a très peur de devoir envoyer sa fille chez cet homme qu'elle ne connaît pas » avait déclaré il y a un an sur ABC News Wendy Murphy, son avocate. « Elle ne veut rien avoir à faire avec ce type » avait-elle ajouté. « Il peut réclamer des droits de visites, il peut potentiellement être impliqué dans l'éducation de l'enfant, avoir accès à celui-ci, savoir où elles vivent ».

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Une situation embarrassanteEstimant n’avoir pas été entendue, H.T. a décidé le mois dernier de porter l’affaire devant la Cour fédérale du Massachussetts, laquelle tente de s’en débarrasser, arguant que les affaires jugées au niveau local ne sont pas de son ressort. De quoi mettre mal à l’aise le procureur général, Martha Coakley, dans la course au poste de gouvernement de l’état. « Le violeur ne devrait pas se voir octroyer de droit de visite sur cet enfant » a déclaré ce lundi au magazine Vice son porte-parole. « Nous sommes actuellement en train d’étudier le dossier pour nous assurer qu’une réponse appropriée y sera apportée, et que les droits de la victime seront respectés ». L’avocate de la jeune femme se veut pleine d’espoir.

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