Selon plusieurs diplomates étrangers, le colonel libyen n'aurait pas été abattu par un rebelle, mais bien par un agent français, chargé de faire taire le dictateur au sujet de certains secrets embarrassant pour Nicolas Sarkozy... Tous les détails avec Planet.fr.

La thèse officielle de l'assassinat de Muammar Kadhafi par un rebelle libyen est aujourd'hui mise à mal. Pourtant, tout le monde se souvient des images de Omran Ben Chaaban, ex-rebelle libyen, brandissant le pistolet en or du dictateur après son assassinat.

La version officielle qui affirmait que des opérations aériennes de l'ONU avait permis de bloquer le convoi de Kadhafi en octobre 2011, le livrant aux mains de rebelles et au lynchage qui avait suivi, est remise en cause. Et par plusieurs sources !

"Ces services voulaient que Kadhafi se taise à jamais"L'ancien Premier ministre du Conseil national de transition libyen (CNT) Mahmoud Jibril, s'est exprimé à ce sujet sur la chaîne égyptienne Dream TV, annonçant que "c'est un service de renseignement étranger" qui est à l'origine du décès de Kadhafi. Il explique que "ces services voulaient que Kadhafi se taise à jamais. Ils ne voulaient pas qu'il évoque certaines questions [...] Kadhafi était en possession de plusieurs secrets et détenait des documents. Il entretenait des relations avec un certain nombre de services étrangers".

Ces révélations ne sont pas sans rappeler les menaces que Kadhafi avait lancées à l'encontre de Nicolas Sarkozy lorsque la France avait joué un rôle important dans la reconnaissance internationale du CNT, les rebelles de l'époque. Il avait ainsi promis de dévoiler un "grave secret" sur le financement de sa campagne présidentielle de 2007. En mars 2011, Seif el-Islam, le fils de Kadhafi, avait d'ailleurs exigé de Nicolas Sarkozy qu'il rende "l'argent qu'il a accepté de la Libye pour financer sa campagne électorale", promettant sinon de "tout révéler", et d'"entraîner la chute de Sarkozy".

"Sarkozy avait toutes les raisons d'essayer de faire taire le colonel"Et Mahmoud Jibril n'est pas le seul à aller dans ce sens. Selon le journal italien Le Corriere della Sera, des diplomates européens basés à Tripoli expliquent que la mort du colonel est due "certainement à un agent français", ajoutant que "Sarkozy avait toutes les raisons d'essayer de faire taire le colonel, et le plus rapidement possible".

De son côté, le Daily Telegraph anglais en rajoute une couche, citant Rami El Obeidi, ancien responsable des relations avec les agences de renseignement étrangères pour le CNT : "Les services français ont joué un rôle direct dans la mort de Kadhafi".

Une aide de Bachar al-Assad ?Et selon lui, c'est grâce à Bachar al-Assad que les Français ont réussi à localiser le dictateur. Le président syrien aurait transmis le numéro de téléphone de Muammar Kadhafi, permettant sa géolocalisation, en échange d'une baisse de la pression exercée par la France sur son régime. Seulement, cette explication est difficile à croire, Nicolas Sarkozy ayant été, à l'époque, l'un des chefs d'Etat occidentaux les plus durs vis-à-vis de la Syrie.

Interrogé par Le Point, Patrick Haimzadeh, ancien diplomate, explique "cela ne signifie pas qu'un membre des services secrets français ait abattu Kadhafi. Cela peut tout à fait être un combattant libyen formé par la France, sans qu'il y ait eu forcément d'ordre hiérarchique venant de Paris".

Le fils et l'ex-chef des renseignements au courant des secrets ?Pour Mahmoud Jibril, ancien Premier ministre du CNT, ces révélations tombent plutôt bien ! Omran Ben Chaaban, jusqu'à présent officiellement reconnu comme étant celui qui avait capturé le dictateur libyen, avait été enlevé en juillet dernier par des miliciens, puis relâché dans un état critique... avant de décéder mardi dernier à Paris. En attendant, sa présence en France peut surprendre, alors que le pays n'a accueilli que très peu de blessés de guerre libyens...

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Mais les doutes sur cette nouvelle version de la mort de l'ex-dictateur libyen sont quand même importants. Cette théorie laisse entendre qu'il fallait faire taire Muammar Kadhafi. Or, d'après Hasni Abidi, directeur du Cermam (Centre d'études et de recherche sur le monde arabe et méditerranéen), Seif el-Islam, fils de Kadhafi, et l'ex-chef des renseignements du dictateur, Abdallah el-Senoussi, connaîtraient au moins 90% des secrets. Ils sont pourtant toujours en vie...

© ERIC FEFERBERG / AFP

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