L'existence d'un fichier recensant des acheteurs de Charlie Hebdo dans l'ouest de l'Angleterre a déclenché une polémique outre-Manche.

En Angleterre, pour être sûr d’avoir un des très rares exemplaires de Charlie Hebdo vendus dans le pays, mieux vaut en faire la réservation auprès de son kiosquier. C’est ce qu’a fait Anne Keat, comme elle l’explique dans une lettre publiée lundi par le Guardian, rapporte Le Figaro. Chose promise, chose due, cette retraitée du bourg de Corsham dans l’ouest de l’Angleterre se retrouve donc avec le numéro spécial de l’hebdomadaire satirique.

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Oui mais voilà, quelques jours après, son marchand de journaux lui avoue qu’il a transmis son nom à la police, à la demande des policiers du secteur. En effet, le commissariat du comté de Wiltshire a confirmé avoir demandé aux vendeurs de journaux de leur communiquer le nom des acheteurs de Charlie Hebdo et ce, afin de prévenir d’éventuelles "tensions dans la communauté" précisent nos confrères. Clairement il s'agit de "ficher" les acheteurs du journal.

Face au tollé provoqué par la révélation de ce fichier de renseignement, la police s’est excusée et a juré que les quatre noms qui y figuraient ont été effacés.

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"Cette bourde est révélatrice d'un climat d'incompréhension assez général dans le pays à l'égard de l'impertinence de Charlie Hebdo" écrit Le Figaro. En effet, les autorités britanniques sont tiraillées entre la défense de la liberté d’expression et le souci de ne pas heurter la communauté musulmane.

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