Alors que l’Italie a voté pour élire le nouveau Parlement, Beppe Grillo, un ancien humoriste reconverti dans la politique, a rassemblé 25% des voix. Des résultats qui mettent en lumière le ras le bol des Italiens pour la politique d’austérité.

C’est un vote de protestation mais qui en dit long sur la situation en Italie et l’état d’esprit des Italiens. Après la démission en décembre dernier de Mario Monti, nos voisins transalpins étaient appelés aux urnes afin d’élire le nouveau Parlement. Et les résultats du scrutin, qui s’est tenu dimanche et lundi, ont quelque peu créé la surprise : avec un peu plus de 25% des voix et 110 sièges obtenus à la Chambre des députés, Beppe Grillo est arrivé troisième, derrière le parti de Luigi Bersani (gauche) et celui de Silvio Berlusconi (droite).

Cet ancien comique, qualifié de « bouffon populiste » par ses opposants, reconverti dans la politique, a semble-t-il rassemblé un grand nombre d’Italiens, fatigués par la politique d’ultra austérité menée par Mario Monti ces derniers mois pour tenter de sortir l’Italie de la crise, et empêcher le pays de sombrer dans un chao économique semblable à celui que connaît la Grèce. Jouissant d’une grande popularité, Beppe Grillo a fait campagne telle une rock star, sillonnant le pays à bord d’un camping-car.

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« Ils ont fait faillite aussi bien à gauche qu'à droite. Ils peuvent durer sept, huit mois mais nous serons un véritable obstacle pour eux » a déclaré Beppe Grillo le leader du Mouvement 5 étoiles sur son site web. « Nous serons une force extraordinaire. Nous serons 110 au Parlement, mais dehors nous serons des millions » a-t-il indiqué. Celui qui milite par exemple pour la démocratie directe, le retrait de la zone euro ou la réduction de la semaine de travail à 20 heures, a aussi déclaré qu’il ne souhaitait s’associer avec aucun parti. Ce qui pourrait poser problème si des coalitions devenaient nécessaires. Car si la gauche italienne a la majorité à la Chambre des députés, le Sénat lui pourrait prendre les couleurs du Peuple de la liberté, le parti de Silvio Berlusconi. Or sans majorité stable, le pays pourrait rapidement de retrouver ingouvernable. Luigi Bersani lui-même a indiqué que l’Italie se trouvait déjà « dans une situation très délicate ».

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