Daech et la spiritualité

Le 24 novembre, le groupe terroriste "Province du Sinaï", affilié à Daech, s’est attaqué à une mosquée soufie, au moment de la prière du vendredi, en faisant plus de trois cents morts et plus d’une centaine de blessés. 

Le soufisme est la principale branche mystique de l’Islam. S’attaquer au soufisme, s’est s’attaquer au cœur de la spiritualité musulmane, c’est cracher sur la foi dans le "Très Miséricordieux", c’est renier l’essence même de l’enseignement du Prophète.

Je ne suis pas musulman et pourtant ma croyance en un Dieu unique m’incite à assurer tous mes frères musulmans de ma sympathie face à cet abominable sacrilège qui, du moins, révèle bien, si c’était nécessaire, où est la racine de Daech : mépriser Allah au point de l’instrumentaliser pour en faire un chemin de haine.

Or, le hasard, si c’est le hasard, fait que, deux jours après, lors de leur émission du dimanche sur France 2, les religions monothéistes se sont regroupées, comme elles le font annuellement, pour dialoguer sur le thème suivant : "les religions sont-elles misogynes ?" ; un échange sincère et de haut niveau, basé sur le respect mutuel, qui fait honneur à la France.  

Oui, les religions sont souvent plutôt misogynes alors que le message initial, en général, ne l’est pas ; ou, du moins, accorde à la femme une place privilégiée, beaucoup plus valorisante que celle offerte par la société civile de l’époque où est née cette religion.

Pour toutes les religions, s’interroger sur ses choix d’aujourd’hui est une priorité ; où doit s’arrêter le respect de la tradition ? La place qu’il faut donner à la femme en est un excellent test. Comme il a été noté lors de l’échange précité, Bouddha, la Bible, Jésus-Christ et Le Coran ont, souvent, accordé à la femme, même étrangère, veuve, infertile ou prostituée, une dignité révolutionnaire pour l’époque.

Approfondir sa foi, retrouver la pureté du message initial, convertir son moi profond pour accéder à la compassion ne peut que favoriser la paix entre les peuples : exactement le contraire de l’objectif de Daech.  

Ne nous y trompons pas : ceux qui s’engagent, à visage découvert, sur cette voie de l’entente fraternelle, quelle que soit leur religion, sont les véritables adversaires de Daech. Ils risquent leur vie encore plus sûrement que les journalistes de Charlie Hebdo : merci à eux.

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