Trois jours après que leur avion s’est crashé en Ukraine, les corps des 298 passagers et membres d’équipages du vol MH17 ont été récupérés et placés dans des endroits réfrigérés par les séparatistes pro-russes. La communauté internationale reproche à ces derniers d’empêcher l’accès du site aux experts mandatés et d’entraver l’enquête.

Cela fait maintenant quatre jours que le vol MH17 de Malaysia Airlines s’est crashé en Ukraine, victime d’un tir de missile, et les experts internationaux mandatés n’ont toujours pas pu accéder au lieu du drame. Le site est en effet bouclé par des séparatistes pro-russes qui en bloquent l’accès et empêchent journalistes, médecins légistes et enquêteurs de s’approcher des corps des victimes et de la carcasse de l’appareil. Une situation vivement condamnée par la communauté internationale. Paris, Londres et Berlin ont en effet menacé la Russie de "nouvelles sanctions" si Vladimir Poutine n’obtient pas des rebelles qu’ils laissent un "accès libre et totalé à cette zone. "Si la Russie ne prend pas immédiatement les mesures nécessaires, les conséquences en seront tirées par l’Union Européenne à l’occasion du Conseil des Affaires Etrangères qui se tiendra mardi", ont-ils prévenu.

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Et alors que l’origine du missile qui a fait exploser le Boeing 777 de la compagnie malaisienne demeure incertaine, John Kerry, le secrétaire d’Etat américain a affirmé dimanche qu’il existait « des preuves circonstancielle extraordinaires » de la responsabilité de la Russie et des séparatistes pro-russes.

Les corps enlevés et conservés à Torez

Malgré la situation qui semble toujours bloquée entre le monde et les séparatistes pro-russes, ces derniers ont commencé dimanche matin à rechercher et enlever les corps des victimes sans aucune autorisation. Trois jours après le crash, les dépouilles commençaient à s’abîmer, exposées à l’air libre et soumises aux chaleurs d’été. "156 corps ont été déplacés à Torez (ville proche du site du crash, ndlr) dans des wagons réfrigérés" et ils "ne vont aller nulle part, ils restent à Torez en attendant que les experts arrivent", a assuré un chef rebelle Alexandre Borodaï. Celui-ci a par ailleurs justifié sa démarche par une volonté de protéger les corps des animaux sauvages.

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Des explications qui n’ont visiblement pas convaincu John Kerry, lequel a qualifié cette situation de "grotesque" et déploré que "des soldats séparatistes en état d’ébriété empilent des corps dans des camions soustrayant des corps et des indices du site". De son côté, Angel Merkel, la chancelière allemande a dénoncé des cas "inacceptables" de "pillages et de vol de cartes de crédit".

 

 

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