Avec le crash jeudi du vol AH5017 reliant Ouagadougou (Burkina Faso) à Alger (Algérie), la compagnie nationale algérienne affronte actuellement un second coup dur. Il y a onze ans, un de ses avions s’était écrasé faisant 102 morts.

La compagnie Air Algérie vit actuellement des heures difficiles. Un MD-83 de la compagnie espagnole Swiftair affrété pour elle s’est crashé jeudi au nord du Mali, dans la région de Gossi. Parti d’Ouagadougou (Burkina Faso), l’appareil transportait 118 personnes et devait rejoindre Alger. Alors que son épave a été retrouvée complètement "désintégrée", aucun des passagers (dont 54 Français) et membres d’équipage (six Espagnols) n’a survécu. Les premières images des lieux du crash témoignent d’ailleurs de la violence du choc (cf. vidéo ci-dessous).

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Alors qu’une boîte noire de l’appareil a déjà été retrouvée, le secrétaire d’Etat aux Transports, Frédéric Cuvillier a préféré rester prudent quant à l’origine de ce dramatique accident. Ecartant toutefois "la possibilité d’un tir depuis le sol, hautement improbable", il a expliqué : les "conditions météorologiques étaient extrêmement dégradées (…) Après, est-ce la raison principale, y a-t-il eu un problème technique ou peut-être cumulatif, il reste à déterminer cela". Bouleversé, le représentant d’Air Algérie de son côté tenu à présenter "toutes (ses) condoléances aux familles (des victimes, ndlr)". Il faut dire que ce crash est le second enregistré par la compagnie aérienne nationale algérienne.

102 morts dans le crash de 2003

En 2003, le vol 6289 à destination de Ghardaia s’était écrasé peu de temps après son décollage de l’aéroport de Tamanrasset. Au moment du décollage de ce Boeing 737-200, un grand bruit avait été entendu par les témoins. L’appareil avait ensuite dévié sur la droite avant de perdre de la vitesse, de décrocher et de s’écraser. Plusieurs éléments avaient ensuite été évoqués pour expliquer ce drame : la perte d'un moteur lors du décollage, provoquant une combustion limitée, la non-rentrée du train d'atterrissage après cette panne et aussi, le fait que le commandant de bord avait pris les commande avant l'identification de cette panne.

Au total, 102 personnes étaient décédées faisant de cet accident aérien le plus meurtrier que le pays ait connu depuis son indépendance. Ce triste record est désormais détenu par le vol AH 5017 qui s’est écrasé jeudi.

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"Ce type d’évènement est toujours spectaculaire et très émotionnel mais nous n’avons jamais observé de baisse des réservations notable après une ou plusieurs catastrophes aériennes", a expliqué au Monde l’expert Jean-Pierre Sauvage. "Le risque premier concerne la réputation (des compagnies aériennes, ndlr) et peut se traduire par une légère baisse de l’activité", a-t-il conclu, plutôt rassurant quant aux conséquences que ce deuxième crash pourrait avoir sur les comptes d’Air Algérie.

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