Les boîtes noires du vol AH 5017 sont arrivées aujourd'hui à Paris et sont en train d'être examinées par les enquêteurs. Leurs données seront cruciales pour comprendre ce qu'est arrivé à ce MD-83 en destination d'Alger.

"Elles viennent d’arriver à Paris, les enquêteurs ont bien débuté leur travail". Contacté par Planet.fr, le service de presse du Bureau d’Enquêtes et d’Analyses (BEA) se refuse, pour l’instant, de livrer davantage d’informations. À l’heure où les raisons du crash de l’avion d’Air Algérie demeurent inconnues, les informations qui pourront être issues de l’analyse des boîtes noires sont au centre de toutes les attentions. Mais que peut-on espérer de ces boîtes noires ? Planet.fr fait le point sur ce que l’on sait de l’état de ces appareils.    

Sont-elles endommagées ?

Pour des raisons liées à l’enquête, rien ne filtre concernant l’état réel des boîtes noires. En revanche, Rémi Jouty, directeur du BEA, a indiqué hier sur RTL : "il semblerait qu’au moins une des deux boites soit dans un état assez détérioré".

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Cette détérioration ne sera donc pas sans conséquences quant aux informations que pourront récolter les enquêteurs. En effet, des informations parcellaires rendraient la tâche encore plus délicate. "À ce stade-là, il n'est pas possible de se prononcer sur la vitesse à laquelle on pourra retirer des données, et le fait même qu'on pourra retirer des données" a ajouté l’expert prévenant que ces analyses pourraient durer "plusieurs semaines".  

Sont-elles assez sophistiquées ?

Comme le montre sa fiche d’immatriculation, l’avion loué par Air Algérie a été construit il y a 18 ans. Sur France Inter, Michel Polacco spécialiste de l’aéronautique pour Radio France indique que "les boites noires de cet avion ne sont pas autant sophistiquées que celles des appareils dont on a parlé ces derniers temps".

Comparant avec celles qui équipaient le vol Rio Paris contenant "des centaines et des centaines de paramètres" l’expert indique que les modèles embarqués dans les MD-83 n'en comptent eux que "quelques dizaines", avant d’ajouter "on en saura moins, mais on saura quand même pas mal de choses". Le BEA, contacté par Planet.fr, a refusé de confirmer ou d’infirmer cette information concernant la sophistication des boîtes noires.

Quel type d’information ?

Les boîtes noires enregistrent toutes les données d’un vol. S’il y en a deux, c’est parce que chacune à un rôle différent. Le DFDR (Digital fligt Data Recorder) enregistre tous les paramètres stricto sensu "techinques" relatifs au vol (vitesse, trajectoire etc.).

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Le CVR quant à lui (Cockpit Voice Recorder) compile l’historique des conversations ayant eu lieu dans le cockpit ainsi que les annonces faites par micro en cabine. C'est cet enregistreur qui a été "nettement plus endommagé" selon Rémi Jouty interrogé sur plateau de France 2. Ainsi, l’exploitation de ces deux types de données est cruciale pour déterminer l’ensemble des causes d’un crash. Pour l’expert Robert Galan interviewé sur RTL, "les informations issues des boites noires permettent d’élucider 90% des catastrophes aériennes".    

Ainsi, la seule certitude concernant ce drame aérien, c'est la patience dont il faudra faire preuve pour en savoir plus.

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En imagesPhotos : les crashs aériens les plus meurtriers

Catastrophe de Ténérife (Espagne, 1977) – 583 morts ; Collision au sol

La première catastrophe aérienne impliquant des avions assurant le transport de passagers à titre commercial date du 7 avril 1922. Deux appareils sont entrés en collision en plein vol. Aujourd'hui, le trafic aérien a considérablement augmenté, de même que la taille des avions, ce qui engendre des accidents où le nombre de victimes est de plus en plus...

Vol 123 Japan Airlines (Japon, 1985) – 520 morts ; Perte des servitudes hydrauliques

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Collision aérienne de Charkhi Dadri (Inde, 1996) – 347 morts ; Collision en vol

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Vol 981 Turkish Airlines (France, 1974) – 346 morts ; Ouverture de la soute

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Vol 182 Air India (Océan Atlantique, 1985) – 329 morts ; Terrorisme

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Vol 163 Saudia (Arabie Saoudite, 1980) – 301 morts ; Incendie

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Catastrophe de Kinshasa (RDC, 1996) – 298 morts ; Surpoids

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Vol 655 Iran Air (Golfe persique, 1988) ; 290 morts – Interception par missile

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Vol 191 American Airlines (USA, 1979) – 273 morts ; Perte d’un moteur

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Attentat de Lockerbie (Ecosse, 1988) – 282 morts ; Terrorisme

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