Après l’annonce son limogeage ce lundi, l’oncle de Kim Jong-Un, le dirigeant de la Corée du Nord, qui était qualifié de "traitre" par ce dernier, a été exécuté ce vendredi. Une situation inquiétante.

© AFP

Jang Song-Thaek, l’oncle du numéro un de la Corée du Nord, Kim Jong-Un, a été exécuté ce vendredi. Accusé de trahison, il avait été limogé la semaine dernière. Washington et Séoul s’inquiètent.

Jang Song-Thaek, 67 ans, numéro 2 du régime et mentor de son neveu, a été arrêté la semaine dernière en pleine réunion politique, pour avoir commis "des actes criminels" et dirigé "une faction contre-révolutionnaire". Il a été jugé jeudi par un tribunal militaire spécial. Condamné à mort, sa peine a été exécutée dans la foulée.

"L’accusé est un traître à la nation qui a perpétré des actes factieux contre le parti, et contre-révolutionnaires, afin de renverser la direction de notre parti et de l’Etat et du système socialiste", a rapporté l’agence officielle de presse KCNA.

Jang Song-Thaek aurait reconnu les faits

Pendant son procès, il a reconnu qu’il avait tenté de fomenter un coup d’Etat en mobilisant ses complices de l’armée. Selon l’agence officielle KCNA, il serait coupable d'un "crime aussi hideux que celui d'avoir tenté de renverser l'État par toutes sortes d'intrigues et de méthodes méprisables avec l'ambition frénétique de s'emparer du pouvoir suprême de notre parti et de notre État". 

"J’ai essayé d’attiser les plaintes du peuple et de l’armée contre l’échec du régime actuel à gérer la situation économique et les moyens de subsistance de la population, aussi affreux soient-ils", aurait déclaré Jang.

Le régime l’accuse d’avoir notamment trahi Kim Jong-Un, ainsi que le père de ce dernier, Kim Jong-Il au pouvoir de 1944 jusqu’à sa mort en 2011.

D’autres trahisons lui sont accordées par le régime, notamment ses applaudissements insuffisamment vigoureux lors de réunions politiques. Ou encore le blocage d’une mosaïque créée en l’honneur du dirigeant dans une usine. En 2004, Jang avait été contraint à une longue "rééducation"  après avoir été accusé de corruption.

Une inquiétude internationale

Publicité
Washington a indiqué son inquiétude face à une telle sanction. "Nous n’avons aucune raison de douter de l’information de KCNA", a déclaré la porte-parole adjointe du Département d’Etat, Marie Harf. "Si c’est confirmé, nous avons un autre exemple de la brutalité extrême de ce régime. Nous suivons de près les développements en Corée du Nord et consultons nos alliés et partenaires dans la région", a-t-elle ajouté.

La Corée du Sud, pays voisin et ennemi de la Corée du Nord, a également fait part de sa "profonde inquiétude à propos de (ces) développements récents".

Les experts de ce pays craignent, quant à eux, une extermination contre les proches de Jang.

Jang Song-Thaek, époux de la sœur de Kim Jong-Il, était vice-président de la Commission de défense nationale, considérée comme l’organe de décision le plus puissant du pays.

Le régime au pouvoir suit un modèle communiste qualifié de totalitaire. Il est doté d’un important culte de la personnalité du dirigeant et ses prédécesseurs.

Publicité
Publicité