Berlin ou Alep ?

Eh oui, entre la tragédie de Berlin et celle d'Alep, il faut choisir. La liaison entre ces deux drames n'est pas contestable.

Il est vrai qu'il y a toujours eu du terrorisme mais celui dû à une compréhension débile de l'Islam est devenu un danger planétaire mortel. Ne nous y trompons pas, les moyens utilisés en Europe sont encore artisanaux mais, s'ils devenaient "professionnels", les ravages seraient dignes des grandes guerres mondiales. Il est donc indispensable de combattre vigoureusement tous les foyers qui peuvent faciliter l'instauration d'un terrorisme d'état.

La révolte des "modérés" contre le régime de Bachar al-Assad, a, au début, semblé salutaire. Mais, phénomène classique, les opposants au régime ont trop tardé à s'unir. De ce fait, ils ont laissé une part de nuisance aux terroristes, trop heureux de profiter de cette contestation du pouvoir en place.

Sur le fond, selon moi, la réaction de Poutine a donc été saine : la lutte contre le terrorisme mondial doit être une priorité. Mais, pour ce faire, il ne pouvait que soutenir un dictateur pas meilleur que les autres. Ledit dictateur s'appuyait sur une minorité corrompue et sans scrupules. Poutine a choisi d'aller jusqu'au bout de sa logique : l'anéantissement de la résistance, même si cela a été jusqu'à bombarder des hôpitaux. Fera-t-on mieux à Mossoul ?

La bataille d'Alep étant gagnée, Poutine essaie de limiter les souffrances. C'est mieux que rien, et c'est assez rare : Berlin à la fin de la guerre 39-45, le Vietnam après l'indépendance, le génocide des harkis, le Cambodge, le Rwanda, … Mais la guerre n'est pas finie. Le bloc de l'Ouest aurait tort de soutenir un nouveau front, à Idlib (ou Idleb) ou ailleurs, si celui-ci n'a pas éradiqué, en son sein, la menace terroriste.  

Et en France ? Nombre d'organismes s'orientent vers un accueil "généreux" affiché des Syriens. Cet appel d'air est une grave erreur psychologique.

Enfin, il me semble utile de rappeler que la civilité s'apprend aussi à l'école. Je conseille vivement un détour vers le lien  Claire Polin de SOS Éducation. Or, à ce jour, le programme de François Fillon, comme celui que proposait Alain Juppé, n'apporte pas la bonne réponse, bien au contraire. C'est aux enseignants qu'il faut donner un peu de dignité, et donc de pouvoir, pas aux chefs d'établissement : on l'a déjà dit et on le redira.