Depuis les attentats de Charlie Hebdo, notre pays a évité de justesse de nombreuses attaques de djihadistes... jusqu’à celles de vendredi.

Invité ce matin sur France Info, Bernard Cazeneuve a révélé quelques jours après les attentats de Paris que "pendant l’été", "ce sont six attentats de ce type qui ont été déjoués".

Au mois de janvier, la France débutait l’année avec une série d’attentats à Charlie Hebdo et à l’Hyper Casher qui avait provoqué une onde de choc dans le pays, et à travers le monde. Avant les attentats de vendredi dernier, de nombreux attentats avaient été déjoués ou évités de peu, à l’image de Sid Ahmed Ghlam qui projetait d’attaquer une ou plusieurs églises en avril et de l’attaque du Thalys perpétrée par Ayoub El-Khazzani en août.

Une série d’attaques qui ne laisse plus de doutes : la France est devenue la cible privilégiée des djihadistes de l’Etat islamique (EI). Et ce, pour plusieurs raisons.

"La France, et ceux qui suivent sa voie, doivent savoir…"

D’une part, comme l’explique à MédiapartDavid Thomson, journaliste à RFI et auteur du livre Les Français djihadistes, pour une raison géopolitique. "C’est le changement de stratégie de la France, qui a décidé en août 2014 de rejoindre la coalition internationale, qui explique le changement de stratégie de l’Etat islamique, qui est passé depuis plus d’un an à une stratégie de djihad global…", fait-il savoir.

Il est vrai que le communiqué de l’organisation terroriste à l’issue des attentats de vendredi était limpide : "La France, et ceux qui suivent sa voie, doivent savoir qu'ils restent les principales cibles de l'État islamique et qu'ils continueront à sentir l'odeur de la mort pour avoir pris la tête de la croisade, avoir osé insulter notre prophète, s'être vanté de combattre l'islam en France et frapper les musulmans en terre du Califat avec leurs avions qui ne leur ont profité en rien dans les rues malodorantes de Paris".

La France compte le plus grand nombre de ses ressortissants parmi les djihadistes

D’autre part, la France compte le plus grand nombre de ses ressortissants parmi les djihadistes de l’EI : près de 1 700, soit le double de Britanniques, d’Allemands ou de Belges. Après un entraînement en Syrie, ces derniers ont pour mission de retourner dans leur pays d’origine pour commettre des attentats.

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Interrogé également par Médiapart, Pierre-Jean Luizard, spécialiste de l’EI et de l’Irak, affirme que "la France est l’incarnation d’un projet universaliste rejeté par Daesh (Etat islamique en arabe, NDLR)". Ce dernier évoque aussi une question identitaire : "La France a plus de mal que les autres à trouver son identité et à assumer son passé chrétien. Etre Français ne peut se résumer à une adhésion aux principes républicains. Cette fragilité est très bien perçue par ceux qui veulent nous détruire."

Vidéo sur le même thème : Seconde nuit de frappes françaises contre l’Etat islamique en Syrie

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