Seifeddine Rezgui, l’auteur de l’attaque sanglante perpétrée vendredi dans un hôtel près de Sousse, était étudiant à l’université de Kairouan. Il était inconnu des services de police.

Personne ne l’aurait soupçonné d’un tel acte de cruauté. Seifeddine Rezgui, un jeune tunisien de 23 ans, a été fermement identifié par les autorités locales comme le tireur présumé de l’attentat contre l’hôtel Riu Imperial Marhaba, en banlieue de Sousse (Tunisie), comme le souligne 20 minutes. Selon un bilan provisoire, il aurait massacré 38 personnes avant d’être abattu par les policiers. Pourtant, Rezgui était "inconnu" des services de police a indiqué Mohamed Ali Aroui, le porte-parole du ministère de l’Intérieur.

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Il semblait être un jeune homme comme les autres. Originaire de Gaafour, une petite ville du gouvernorat de Siliana (nord-ouest de la Tunisie), Seifeddine Rezgui était étudiant en master professionnel à l’Institut supérieur des études technologiques de Kairouan, situé au centre du pays. Aussi, la stupéfaction est à son comble dans la banlieue de Sousse. "Comment un diplômé passe-t-il de jeune homme qui réussit ses études à terroriste et tueur d’innocents ?", s’est interrogée la chaîne El Hiwar Ettounsi dans un reportage.

"Où s’est-il entraîné ? Seul Dieu le sait"

"En 23 ans, il n’a rien fait d’illégal. Il finissait les cours, il riait, il disait bonjour et il passait son chemin", a déclaré l’oncle du tireur, Ali, à l’AFP avant de poursuivre : "Comment s’est-il entraîné ? Où s’est-il entraîné ? Seul Dieu le sait. C’est ça qui nous tourmente maintenant". Bien qu’effondré, le père de Seifeddine Rezgui, Hakim, a également souhaité s’exprimer sur la chaîne ITV News : "Je ressens la peine des victimes. C’est comme si j’étais mort aussi. J’ai tellement honte".

"Il penchait vers la solitude"

Interrogés par les médias tunisiens, plusieurs de ses voisins de Kairouan affirment n’avoir rien remarqué d’anormal chez lui. En revanche, certains de ses camarades, qui le décrivent comme "un très bon danseur de breakdance", avaient le sentiment qu’il s’isolait de plus en plus. "Il penchait vers la solitude. Il était plongé dans Internet, et même à ses amis, il ne voulait pas montrer sur quoi il surfait. Il s’isolait quand il allait sur Internet", a expliqué Mohamed Ali Aroui.

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De leur côté, les policiers en charge de l’enquête ont découvert que le passeport de Seiffedine Rezgui ne comportait aucune trace d’un éventuel passage en Syrie. Néanmoins, il n’est pas exclu que le jeune homme s’y soit rendu clandestinement au cours de sa vie.

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