Créé en 1974, le mouvement raëlien a fait beaucoup parler de lui dans les années 1990 et est considéré comme sectaire depuis 1995. Aujourd’hui, Planet.fr fait le point sur ce que devient ce groupe religieux controversé.

Au cours de l'année 1974, Claude Vorilhon, ancien journaliste sportif automobile français, raconte être entré en contact avec des extraterrestres à la technologie particulièrement avancée, les Elohims. Ces derniers auraient créé la vie sur Terre grâce au clonage. Nouvellement appelé Raël – signifiant ‘le messager’ – Claude Vorilhon a alors décidé de créer un mouvement religieux : le mouvement raëlien.

Ce dernier a d’ailleurs fait beaucoup parler de lui dans les années 1990, à cause des caractères sectaires qu’il présentait. Depuis 1995, il est même considéré comme une secte par la commission parlementaire sur les sectes en France. Depuis, le siège du mouvement est parti de France pour la Suisse et Raël habite aujourd’hui au Japon.

Si les dirigeants raëliens ne sont plus en France, le mouvement est lui bien présent dans l’Hexagone. Planet.fr a contacté Princess Loona, l’une de leur porte-parole, pour savoir ce que devient le groupe.

Une ambassade pour les extraterrestres 

Leur dernier projet en date n’est d’ailleurs pas passé inaperçu : les raëliens ont envoyé une requête à la quasi-totalité des pays du monde pour leur demander l’autorisation d’implanter une ambassade pour les Elohims, les extraterrestres censés être nos créateurs.

Une requête qui se heurte à certaines diificultés. "Nous sommes confrontés à certaines barrières et des refus, car c’est perçu comme un projet un peu farfelu, explique Princess Loona. A l’origine nous voulions l’installer à Jérusalem, mais ils ont refusé par trois fois. Aujourd’hui, nous demandons à d’autres pays et des négociations sont en cours." La France a elle aussi refusé de céder 4km² de terrain pour la construction de cette ambassade.

Un accueil glacial en France

D’ailleurs, même si l’Hexagone est le pays où a émergé le mouvement, plus précisément à Clermont-Ferrand, Raël a préféré partir pour le Canada, puis le Japon. Le siège du mouvement s’est, lui, déplacé en Suisse.

Non seulement "l’accueil des Français par rapport au mouvement était plutôt glacial, explique la porte-parole, mais en plus il est interdit de promouvoir le clonage en France, c’est passible de trois ans de prison et 45 000 euros d’amende. Et on parle de liberté d’expression…", soupire-t-elle. Il est vrai que le clonage est l’un des piliers du mouvement raëlien, puisque c’est de cette façon que l’on aurait été créés.

Cela dit, la communauté est toujours bien présente en France. "Nous avons de nouveaux membres chaque année, des gens se retrouvent dans notre façon de penser et d’envisager l’avenir. On peut dire qu’aujourd’hui, notre mouvement se porte très bien", confie la raëlienne.

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Polémiques et interprétations

Si ce fameux groupe a autant fait parler de lui, c’est notamment pour certains aspects de leur mode de vie et leurs moeurs, tels que la "méditation sensuelle", le "polyamour" ou l’éducation sexuelle aux jeunes enfants.

Princess Loona tient à clarifier certains points sur ces pratiques : "Déjà, la méditation sensuelle, est un entraînement où l’on utilise tous nos sens pour se relier au monde, être plus proche de ce qui nous entoure. Ensuite, il y a eu de nombreux malentendus sur le concept du ‘Polyamour’. Il a été perçu comme une sorte de rituel obligatoire de type orgiaque où tout le monde couche avec tout le monde. C’est n’importe quoi".

Pour les raëliens, le "polyamour" est juste l’idée d’un amour choisi librement. "On peut être libre d’être à deux, à plusieurs ou seul. C’est la liberté de choisir avec qui l’on veut être sans être jugé ou mis dans une case. Et dans le cas où c’est à plusieurs, cela ne tient que du domaine strictement privé, jamais le mouvement n’est impliqué dans ces choix ou n’organise des rencontres de ce type.", précise Princess Loona.

L'éducation sexuelle enseignée aux enfants à partir de 5 ans

Une autre pratique prônée par le mouvement raëlien a participé à la naissance de polémiques graves : l’éducation sexuelle enseignée aux enfants à partir de cinq ans. "Beaucoup de mauvaises interprétations ont été faites à ce sujet, ça a été terrible. Mais il faut déculpabiliser la sexualité. Il faut faire en sorte que les enfants comprennent ce que c’est vraiment pour qu’ils ne se fassent pas de fausses idées et soient à l’aise sur la chose. Puis, surtout, qu’ils sachent ce qu’il est acceptable de faire ou pas. Qu’ils comprennent que si un adulte les touche de façon non appropriée, ce n’est pas normal.", explique la raëlienne.

Le mouvement a particulièrement été mis à mal lorsque des accusations de pédophilie ont été portées à son encontre. La porte-parole est catégorique : "Il y a pu avoir des histoires d’attouchements sur mineurs dans le mouvement. C’est affreux, mais comme dans toute société, il y a des dérives et des malades. Nous condamnons complètement la pédophilie."

"N’importe quel groupe de yoga ou de pétanque peut être considéré comme une secte"

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Enfin, lorsque l’on fait référence au statut de secte du mouvement, Princess Loona répond : "On est considéré comme une secte, mais n’importe quel groupe de yoga ou de pétanque peut être considéré comme une secte si on écoute les organismes tels que la Miviludes (La Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires, Ndlr). Tout le monde est libre d’entrer et sortir du mouvement, il n’y a pas de pression, on n’est forcés à rien. C’est juste une question de conviction."

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